Les Palestiniens font appel à la CPI pour stopper les crimes israéliens présumés
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Les Palestiniens font appel à la CPI pour stopper les crimes israéliens présumés

Le ministre des Affaires étrangères de l'AP exhorte le procureur de La Haye à assumer ses responsabilités pour des violences présumées et les arrestations, en particulier d'enfants

Les forces israéliennes prennent position au cours d'affrontements avec des manifestants palestiniens dans le village de Betunia, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 7 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Les forces israéliennes prennent position au cours d'affrontements avec des manifestants palestiniens dans le village de Betunia, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 7 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

L’Autorité palestinienne a appelé samedi la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye à montrer son autorité pour empêcher les crimes qui, selon elle, sont perpétrés contre les Palestiniens, en particulier les enfants.

Trois ans tout juste après que la procureure de la CPI Fatou Bensouda a lancé une « enquête préliminaire sur la situation en Palestine », le ministre des Affaires étrangères de l’AP Riyad al-Maliki lui a écrit une lettre dans laquelle il a dénoncé ce qu’il a qualifié être « une escalade des pratiques illégales en Israël », a rapporté l’agence officielle de l’AP, Wafa.

Des examens préliminaires permettent d’établir s’il y a des raisons d’ouvrir une enquête criminelle pleine et entière et si la Cour a une compétence pour juger les faits. De tels examens peuvent durer des années.

Au début du mois, le conseil de sécurité nationale israélien aurait averti les membres de la commission des Affaires étrangères et de la Défense que la CPI pourrait cette année achever cette phase d’examen et ouvrir des enquêtes sur la guerre de 2014 à Gaza, ainsi que sur les activités d’implantations en Cisjordanie.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité Palestinienne Riyad al-Maliki s’adresse à l’Assemblée Générale des Nations unies lors d’un débat sur une résolution condamnant la reconnaissance par le président Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, le 21 décembre 2017. (Capture d’écran YouTube)

Dans son courrier, al-Maliki a indiqué que 16 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes le mois dernier, et des milliers d’autres blessés. Il a dénoncé plus de 700 arrestations, dont 184 concernaient des enfants.

La Cisjordanie et la bande de Gaza ont connu de fréquents mouvements de protestation violents depuis l’annonce par le président Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël le 6 décembre. Les forces israéliennes de sécurité ont majoritairement utilisé des moyens non-létaux pour gérer les agitations, même si les responsables ont annoncé que des tirs à balles réelles avaient eu lieu lorsque la vie des soldats était en danger.

Riyad al-Maliki a particulièrement attiré l’attention dans sa lettre sur l’arrestation très médiatisée d’Ahed Tamimi, une Palestinienne âgée de 16 ans qui a été arrêtée après avoir été filmée en train de gifler et de pousser des soldats de l’armée israélienne le mois dernier. Il a affirmé que cette arrestation contrevenait aux lois internationales.

Des manifestants palestiniens affrontent les forces sécuritaires israéliennes le 13 janvier 2018 dans le village de Nabi Saleh en Cisjordanie (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Un tribunal militaire israélien a jugé mercredi que Tamimi resterait derrière les barreaux jusqu’à la fin des procédures judiciaires.

« Ces pratiques largement propagées et systématiques forment une partie du système d’oppression et de racisme que le gouvernement israélien emploie contre la population palestinienne », a dit al-Maliki. « Le cas d’Ahed sert de preuve supplémentaire des politiques israéliennes bien établies de privation discriminatoire et grave des droits fondamentaux des Palestiniens ».

Ahed Tamimi, une Palestinienne de 16 ans, au centre, lors d’une audience au tribunal militaire d’Ofer le 28 dcécembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Ahmad Gharabli)

Il a appelé la CPI à faire en sorte qu’Israël ne contrevienne plus aux lois internationales « dans le cas des enfants, ce qui peut représenter une violation des obligations d’Israël » sous les termes des conventions globales.

Bensouda a expliqué dans un rapport publié au mois de décembre que son bureau a « progressé dans son analyse des crimes présumés commis par les deux parties durant le conflit de 2014 à Gaza, ainsi que sur des crimes présumés commis en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis le 13 juin 2014 ».

La campagne israélienne de 50 jours qui avait eu lieu pendant l’été 2014 contre le Hamas à Gaza avait commencé principalement par des frappes aériennes en réponse à des tirs de roquette répétés émanant de la bande ed Gaza. Mais après que le Hamas a utilisé ses tunnels transfrontaliers pour commettre des attentats sur le territoire israélien, l’effort de guerre s’était focalisé sur la gestion des menaces souterraines.

Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale de La Haye, le 27 septembre 2016. (Crédit : Bas Czerwinski/ANP/AFP)

Un nombre total de 74 personnes – 68 soldats israéliens, dont 11 avaient trouvé la mort dans des attaques commises à partir des tunnels transfrontaliers – sont mortes du côté israélien. A Gaza, le conflit avait tué plus de 2 000 personnes, dont 50 % étaient, selon Israël, des civils. Le territoire gazaoui avait subi des dégâts lors des combats.

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