Les Palestiniens ne rencontreront ni Kushner, ni Greenblatt ni aucun responsable américain pour la paix
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Les Palestiniens ne rencontreront ni Kushner, ni Greenblatt ni aucun responsable américain pour la paix

Suite au positionnement adopté par l'administration américaine sur Jérusalem, a dit un assistant d'Abbas, l'AP veut boycotter toute l'équipe de Trump. L'AP dit aussi que Greenblatt, qui doit venir cette semaine, n'a pas cherché à venir à Ramallah

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain  Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit :  THOMAS COEX / AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, et le président américain Donald Trump écoutent les hymnes nationaux lors de la cérémonie de bienvenue organisée au Palais présidentiel de Bethléem, le 23 mai 2017 (Crédit : THOMAS COEX / AFP)

Les Palestiniens ne rencontreront aucun responsable des Etats-Unis à l’avenir concernant le processus de paix en réponse à la récente décision prise par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, a confié un haut-conseiller diplomatique du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dimanche au Times of Israel.

Ce boycott ouvert comprend l’envoyé pour la paix Jason Greenblatt, qui doit venir cette semaine, ainsi que le haut-conseiller et gendre du président américain Jared Kushner.

« Nous ne rencontrerons personne de l’administration américaine pour débattre de la paix entre les Palestiniens et les Israéliens parce que le président de [l’AP] a été très clair à ce sujet », a déclaré Majdi al-Khalidi, se référant au discours prononcé mercredi par Abbas devant l’Organisation des pays islamiques (OCI) à Istanbul.

Khalidi a ajouté que Greenblatt, qui doit arriver dans la région dans un contexte de manifestations violentes dues à l’annonce de Trump, n’a pas demandé à rencontrer les Palestiniens, avec lesquels il s’est entretenu à de nombreuses occasions dans le passé.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à droite, avec Jason Greenblatt, représentant spécial pour les négociations internationales du président Trump, à Ramallah, le 14 mars 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Greenblatt « sait qu’il n’y aura pas de rencontre même s’il le demande », a expliqué Khalidi.

Dans le discours qu’il a tenu en Turquie, Abbas a indiqué que la décision sur Jérusalem de Trump signifiait que « les Etats-Unis ont choisi de perdre leur légitimité en tant qu’intermédiaire. Ils n’ont aucun rôle à tenir dans le processus politique ».

Commentant les propos d’Abbas, Khalidi a noté que « la déclaration d’Abbas se passe d’explications ».

La Maison Blanche a fait savoir que Greenblatt viendrait cette semaine en Israël et qu’il resterait durant tout le séjour prochain du vice-président américain Mike Pence.

Majdi al-Khalidi, conseiller diplomatique du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. (Crédit : Wafa)

Les Palestiniens ont annulé, la semaine dernière, une réunion avec Pence. Selon le calendrier de ce dernier, il ne se rendra pas du tout dans les Territoires palestiniens.

Depuis les premiers jours de la présidence de Trump, Greenblatt a fait la navette entre les Israéliens, les Palestiniens et les autres dirigeants régionaux pour tenter de relancer le processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens.

Les Etats-Unis ont été les principaux médiateurs entre les deux parties depuis le début des années 1990.

Des Palestiniens brûlent des drapeaux israéliens lors d’une manifestation à l’Université ouverte d’Al-Quds dans le village de Dura, à la périphérie de la ville de Hébron le 13 décembre 2017, alors que les protestations se poursuivent dans la région suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Donald Trump (PHOTO AFP / HAZEM BADER)

Dans son discours devant l’OCI, Abbas a fait savoir qu’il chercherait dorénavant un processus international multilatéral pour résoudre le conflit israélo-palestinien sous la direction des Nations unies. Il a également précisé que les Palestiniens demanderaient une pleine adhésion à l’ONU, une initiative gelée à la demande des Etats-Unis en 2011.

Abbas a ajouté que les Palestiniens s’étaient engagés auprès de Washington dans une nouvelle tentative de réalisation d’un accord de paix avec Israël, « l’accord de notre temps ». Mais « à la place, nous avons reçu la gifle de notre temps », a dit Abbas.

La Maison Blanche a riposté à ces discours, disant que ce genre de rhétorique émanant du leader palestinien avait « empêché la paix pendant des années ».

« Comme nous l’avons dit depuis l’annonce de Jérusalem, nous avions anticipé des réactions comme celles qu’il y a dans la région mais nous allons continuer à travailler dur sur notre plan de paix », a indiqué un haut-responsable de l’administration vendredi au Times of Israel.

Les Palestiniens veulent Jérusalem-Est comme capitale de leur futur état tandis qu’Israël considère toute la ville comme sa capitale.

La décision prise par Trump, le 6 décembre, de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël a été saluée par l’Etat juif et dénoncée par de nombreux dirigeants arabes. Dans son discours, Trump soulignait qu’il ne spécifiait pas les frontières de la souveraineté israélienne dans la municipalité et appelait au maintien du statu-quo dans les lieux saints.

Le ministre des Affaires étrangères d’Abbas, Nabil Shaath, a indiqué la semaine dernière au Times of Israel que l’AP continuerait à communiquer avec les Etats-Unis sur des questions non liées au processus de paix.

Le président américain Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif dans la salle de réception diplomatique de la Maison Blanche le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)

« Nous estimons que M. Trump a agi d’une manière telle qu’il est impossible pour les Etats-Unis d’être un négociateur honnête. Nous ne faisons qu’exprimer cela », a dit Shaath.

Les Etats-Unis sont une source centrale d’aide pour l’Autorité palestinienne. En 2016, les Américains ont versé 712 millions de dollars d’aide aux Palestiniens et ce sont eux qui fournissent la part la plus importante de ce type d’aide.

Un peu plus de la moitié de ce financement est octroyée à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Moyen-Orient (UNWRA).

En Israël, Greenblatt rencontrera le représentant de l’Union européenne de ce qu’on appelle le ‘Quartet’ au Moyen-Orient, Fernando Gentilini, a dit le responsable de la Maison Blanche.

« Le président est plus que jamais engagé en faveur de la paix », a ajouté le responsable.

Eric Cortellessa a contribué à cet article.

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