Les passagers de vols entre la France et Israël au temps du Coronavirus
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Les passagers de vols entre la France et Israël au temps du Coronavirus

Les mesures imposées par les autorités israéliennes portent un grave coup au tourisme et chamboulent la société et l’économie du pays

Les salles de départ vides de l'aéroport Ben Gurion. Les gens annulent leurs voyages par crainte du coronavirus, le 8 mars 2020. (Crédit : Flash90)
Les salles de départ vides de l'aéroport Ben Gurion. Les gens annulent leurs voyages par crainte du coronavirus, le 8 mars 2020. (Crédit : Flash90)

Afin de lutter contre la propagation du coronavirus, Israël a fermé ses frontières aux citoyens non-Israéliens en provenance de plusieurs pays, dont la France – à moins que ceux-ci disposent d’une autorisation spéciale des autorités israéliennes et puissent justifier d’un lieu en Israël où se placer en quarantaine.

Les mesures imposées par les autorités israéliennes ont ainsi porté un grave coup au tourisme et chamboulé la société et l’économie israéliennes – dimanche, la bourse de Tel Aviv a, comme de nombreux marchés d’échange depuis ces dernières semaines, plongé de 5 %. Le CAC 40 est lui passé de 6 111 points le 19 février à 4 636 points ce 11 mars – une déroute récemment aggravée par le krach pétrolier provoqué par l’Arabie saoudite en plus de l’épidémie de coronavirus.

Face à cette crise et aux mesures drastiques imposées en Israël, les compagnies aériennes qui desservent le pays ont été contraintes de revoir leurs programmes de vols vers l’aéroport de Ben Gurion, à Tel Aviv.

Air France, qui a supprimé plusieurs vols, communique son programme au jour le jour. La compagnie propose l’annulation ou la modification sans frais de leurs vols jusqu’au 31 mai en raison du coronavirus.

Transavia, la low-cost du groupe Air France-KLM, a elle annoncé l’annulation de tous les vols entre Tel Aviv, Paris-Orly et Lyon du 12 mars au 2 avril inclus.

« Notre service client contactera les passagers concernés par SMS ou email pour leur proposer une solution alternative », explique la compagnie. « Si vous n’avez pas réservé vos vols directement avec Transavia, nous vous invitons à vous rapprocher de votre agence de voyage pour connaître les modalités de remboursement. »

Parmi ces solutions alternatives, étant donné que ces vols ont été annulés par la compagnie, seront proposés le remboursement ou le report du voyage, suivant la préférence des passagers.

Un Boeing 737 de la compagnie Transavia à l’aéroport de Paris-Orly. (Crédit : CC BY Mathieu Marquer/Flickr)

Les vols Transavia à partir du 3 avril restent programmés – et ne peuvent donc pour l’instant pas encore être remboursés –, bien que la compagnie précise « ne pas avoir encore de visibilité concernant ses vols au-delà du 2 avril ». « Dans ce contexte, la priorité de Transavia reste la santé des passagers et des équipages. La compagnie, très critiqué sur les réseaux sociaux, suit donc de très près l’évolution de la situation », précise le service de presse de la société.

Une polémique avait éclaté il y a quelques jours sur les réseaux sociaux au sujet de la politique de la compagnie, accusée de ne pas rembourser les voyageurs et de ne proposer que le report du vol jusqu’au 24 octobre, sans frais mais avec une éventuelle différence de prix. La pratique était en vigueur pour les vols Transavia – jusqu’à aujourd’hui – qui n’étaient pas annulés, mais que les citoyens non-Israéliens ne pouvaient emprunter dans le sens France-Israël, à moins de disposer de l’autorisation spéciale des autorités israéliennes après avoir prouvé qu’ils bénéficiaient d’un lieu en Israël dans lequel se placer en quarantaine pour 14 jours.

Sur Twitter, l’ancien journaliste Julien Bahloul avait écrit : « L’abus commercial du jour : J’appelle @transaviaFR pour des amis français qui ne pourront pas entrer en Israël (vu que le pays l’interdit), et Transavia refuse de rembourser les billets, accepte juste de changer la date… mais qui sait quand la crise se terminera ? »

Un message auquel le rabbin Gabriel Farhi avait réagi : « Je confirme cette situation. La crise une fois passée, @transaviaFR s’en mordra les doigts. »

Dans un autre message, le rabbin indiquait : « Presque tous les vols depuis et vers Tel Aviv sont annulés les uns après les autres. Il nous faut organiser une chaîne de solidarité pour ceux qui se retrouvent bloqués en France ou en Israël. »

Comme Transavia, les compagnies low-cost EasyJet et RyanAir ne proposent pas de remboursement pour les vols maintenus. EasyJet avait indiqué dans un communiqué publié sur son site Internet que les vols “continuent d’opérer dans des conditions normales” et que “les conditions générales habituelles relatives aux billets continuent de s’appliquer”. La compagnie a néanmoins annulé plusieurs vols vers Tel Aviv, notamment depuis Toulouse.

Concernant les vols annulés, l’épidémie de coronavirus étant un cas de force majeure, les compagnies n’auront pas à verser les indemnités prévues par les règles européennes en cas de suppression de vol ou de retard, explique le site service-public.fr.

En revanche, tout passager qui choisirait de ne pas embarquer alors que son vol est maintenu peut demander le remboursement de la taxe d’aéroport et celle de la redevance passager comprises dans son billet.

Auprès de France info, Toddy Warschaski, propriétaire de l’hôtel Palatin, à Jérusalem, a regretté les nombreuses annulations dans son établissement. « Aujourd’hui, j’ai déjà eu six annulations… Depuis le 1er mars, ces annulations représentent 10 000 euros et notre remplissage a baissé de 19 %. Ce n’est que le début, on a le marathon de Jérusalem [reporté à octobre], le carnaval de Pourim [les grands rassemblements sont interdits], des mariages, des cérémonies, etc… tout cela pourrait être annulé. »

En France, où de nombreux évènements sont également annulés, la section Jeunesse de l’association libérale Judaïsme en Mouvement a elle annoncé l’annulation de sa colonie de vacances à destination des 8-14 ans, organisée en Bretagne du 12 au 19 avril, « car trop proche de différents foyers de coronavirus ».

Haïm Korsia, grand rabbin de France, a lui expliqué « qu’à moins d’un d’arrêté préfectoral demandant la fermeture des lieux de culte, comme dans l’Oise », les synagogues poursuivent leurs activités religieuses. Il a néanmoins rappelé les précautions à prendre « afin de limiter les risques de contamination pour l’ensemble de nos fidèles ».

De nombreux internautes ont également fait état de leurs craintes concernant leurs voyages prévus en Israël, notamment lors des fêtes de Pessah le mois prochain.

« C’est quand même très préjudiciable pour tous les Français qui vont faire Pessah en Israël ! », a écrit l’un d’entre eux. « Pour la plupart billet hôtel tout réservé déjà ! Israel a-t-il les moyens de se priver des Français pendant les fêtes ? »

Un autre utilisateur de Facebook a rapporté que, face aux restrictions imposées, le site « Booking.com avait été très arrangeant concernant nos annulations. La compagnie aérienne Wizz a été catastrophique avec un service commercial pitoyable et glacial, aucun remboursement. Transavia, super service commercial mais très faible remboursement. »

Depuis l’apparition du coronavirus en Chine en décembre dernier, la maladie a provoqué la mort de plus de 4 280 personnes et contaminé
120 000 personnes à travers le monde. En Israël, 76 cas ont été confirmés. En France, le bilan est monté à 33 décès et 1 784 cas confirmés.

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