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Les plaintes pour violence domestique en hausse de 10 % cette année

Le ministre de la Santé et des Affaires sociales déclare qu'il faut agir pour que les foyers ne deviennent pas "un piège de violence et de peur pour tant de femmes et d'enfants"

Des activistes protestent contre les récents cas de violence contre les femmes à Tel Aviv, le 7 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Des activistes protestent contre les récents cas de violence contre les femmes à Tel Aviv, le 7 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Des statistiques publiées mercredi par le ministère de la Santé et des Affaires sociales montrent une hausse des appels destinés à la ligne d’assistance téléphonique du ministère pour les violences domestiques cette année.

Selon les chiffres, 7 977 appels ont été passés jusqu’à la fin du mois d’octobre à la ligne d’assistance, soit une augmentation de 10 % par rapport à la même période l’année dernière.

Parmi ces appels, 4 382 visaient à signaler des violences commises à l’encontre d’une femme par son partenaire, 295 des violences commises à l’encontre d’un homme par son partenaire et 1 649 des violences commises sur des enfants.

La ligne d’urgence, qui peut être jointe en composant le 118, est disponible en hébreu, arabe, anglais, russe et amharique.

Ces chiffres ont été publiés avant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui est célébrée dans le monde entier le 25 novembre.

« La violence domestique est un phénomène social très difficile, mais elle ne doit pas fixer le destin », a déclaré le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Meir Cohen. « Nous avons la capacité, en tant que société, d’agir pour prévenir ce phénomène, d’orienter les ressources vers le traitement des personnes lésées et de fournir aux victimes une protection et un soutien complets. »

Cohen a ajouté que la question est en tête des priorités du ministère, et a noté que le budget de l’État 2022 récemment adopté augmente le financement d’un programme interministériel sur la violence domestique à un niveau record de 155 millions de NIS. « Nous n’accepterons pas une situation dans laquelle le foyer devient un piège de violence et de peur pour tant de femmes et d’enfants. »

La porte d’un appartement de Beer Sheva où une jeune femme de 18 ans a été retrouvée morte, le 13 novembre 2021. (Capture d’écran/Ynet)

Plus tôt cette semaine, la WIZO, l’Organisation sioniste internationale des femmes, a publié ses propres statistiques sur la violence domestique à l’approche de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Selon la WIZO, 26 femmes ont été assassinées en Israël en 2020, dont 13 par leur partenaire. C’est une augmentation par rapport aux 17 tuées en 2019, dont cinq par leur partenaire. Quatre des 13 femmes tuées par leur mari ou leur petit ami en 2020, a déclaré WIZO, avaient déposé des plaintes auprès de la police pour violence avant leur meurtre, et environ la moitié d’entre elles étaient connues des services sociaux.

Jusqu’à présent en 2021, indique la WIZO, 20 femmes ont été assassinées en Israël. L’incident le plus récent s’est produit le week-end dernier, lorsqu’une jeune femme de 18 ans à Beer Sheva a été retrouvée morte dans son appartement. Son petit ami, qui venait d’être libéré de prison après avoir purgé une peine pour violence envers la jeune femme, a été arrêté et placé en détention provisoire.

En 2020, selon la WIZO, 20 140 plaintes pour violence domestique ont été déposées auprès de la police, contre 18 046 un an plus tôt, soit une hausse de 12 %.

Ora Korazim, la présidente de la WIZO Israël, a déclaré que la violence à l’égard des femmes a atteint un pic pendant la crise du COVID en Israël.

« Les dimensions monstrueuses de la violence pendant la crise du coronavirus devraient être un signal d’alarme pour la société dans son ensemble et le gouvernement en particulier », a déclaré Korazim. « Les données révèlent le manque de ressources et de stratégie pour faire face aux immenses dégâts causés par l’isolement et les confinements successifs sur dizaines de milliers de femmes, emprisonnées entre la pandémie et le fléau de la violence. »

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