Les Polonais veulent se dissocier des camps de la mort, gérés par les Nazis
Rechercher

Les Polonais veulent se dissocier des camps de la mort, gérés par les Nazis

Un camion publicitaire montrant Auschwitz associé aux cheveux et à la moustache d’Hitler se déplace en Europe pour clamer que les camps en Pologne étaient nazis et non polonais

Les rails de chemin de fer qui mènent au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)
Les rails de chemin de fer qui mènent au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne. Illustration. (Crédit : Serge Attal/Flash90)

Une organisation non gouvernementale polonaise a lancé une campagne visant à dissiper l’hypothèse communément admise que les camps de la mort nazis en Pologne étaient gérés par les Polonais.

L’usage par les médias étrangers de l’expression « les camps de concentration polonais » est devenu particulièrement irritant pour les citoyens polonais et le gouvernement du pays.

Dans un effort pour tenter de supprimer cette association d’idées, la Fondation des traditions Ville et Campagne (TCTF) a loué un camion publicitaire où il a affiché une image représentant le camp d’extermination d’Auschwitz associé avec la coiffure et la moustache d’Hitler, avec le slogan en anglais : « Les camps de la mort étaient l’Allemagne nazie », a signalé jeudi Radio Poland.

« L’idée de notre campagne est simple. Nous demandons à ce que la vérité historique soit rétablie, nous nous opposons à l’utilisation du terme ‘camps de concentration polonais’, qui est couramment utilisé par les médias occidentaux », a déclaré Dawid Hallmann du TCTF.

Le panneau d’affichage devrait passer par l’Allemagne, la Belgique avant d’arriver en Grande-Bretagne.

La Pologne a été attaquée et occupée par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale et a perdu six millions de ses citoyens dont trois millions de Juifs pendant l’Holocauste.

Les responsables polonais exigent régulièrement des corrections lorsque des médias ou des politiciens mondiaux qualifient les anciens camps de la mort de « polonais » comme Auschwitz mis en place par l’Allemagne nazie en Pologne occupée.

Même si elle est utilisée comme un indicateur géographique, Varsovie estime que le terme peut donner l’impression que la Pologne assume la responsabilité de la Shoah, alors qu’elle était l’une des plus grandes victimes du massacre.

Le mois dernier, la Pologne a publié la première base de données en ligne avec les noms et les autres détails personnels de près de 10 000 employés qui dirigeaient le camp d’extermination allemand nazi Auschwitz-Birkenau.

La base de données, qui, selon l’IPN, contient 9 686 noms, « ne constitue que le début d’un vaste projet » qui couvrira le personnel d’autres camps de la mort et de concentration que l’Allemagne nazie a mis en place en Pologne occupée, a expliqué Jaroslaw Szarek, président de l’Institut national de la Commémoration (IPN), aux journalistes à Cracovie à l’époque où la base de donnée a été publiée.

En août 2016, le gouvernement de droite polonais a déclaré qu’il allait imposer des amendes ou des peines d’emprisonnement allant jusqu’à trois ans contre toute personne qui se référaient aux camps de la mort allemands nazis comme à des camps polonais.

Dans le cadre de cette nouvelle initiative, une « attribution publique à la Pologne, en violation des faits, de la responsabilité conjointe » pour les crimes de l’Allemagne nazie pourrait entraîner une peine de prison, ainsi que des amendes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...