Les principales réactions en Iran après la mort de Soleimani
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Les principales réactions en Iran après la mort de Soleimani

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a menacé de "venger" la mort de Soleimani et décrété un deuil national de trois jours

Une image publiée sur le site officiel d’Ali Khamenei le 25 septembre, montrant Khamenei, le chef suprême de l’Iran, à gauche, aux côtés du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au centre, et du commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique Qassem Soleimani. (Crédit : Khamenei.ir)
Une image publiée sur le site officiel d’Ali Khamenei le 25 septembre, montrant Khamenei, le chef suprême de l’Iran, à gauche, aux côtés du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au centre, et du commandant de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique Qassem Soleimani. (Crédit : Khamenei.ir)

La mort du puissant général iranien Qassem Soleimani, émissaire de la République islamique en Irak, tué dans un raid américain tôt vendredi à Bagdad, a suscité de vives réactions dans son pays, qui appelle à la vengeance.

Voici les principales déclarations.

Le guide suprême

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a menacé de « venger » la mort de Soleimani et décrété un deuil national de trois jours.

« Le martyr est la récompense de son inlassable travail durant toutes ces années (…). Si Dieu le veut, son œuvre et son chemin ne s’arrêteront pas là, et une vengeance implacable attend les criminels qui ont empli leurs mains de son sang et de celui des autres martyrs », a dit l’ayatollah Khamenei sur son compte Twitter en farsi.

La télévision d’Etat a également diffusé un communiqué de Khamenei qualifiant Soleimani de « visage international de la résistance ».

Soleimani, 62 ans, était le chef de la Force al-Qods des Gardiens de la Révolution, entité chargée des opérations extérieures de la République islamique. 

Le président Rohani

« Il n’y a aucun doute sur le fait que la grande nation d’Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre », a promis le président Hassan Rohani, dans un communiqué.

Le « martyr » du général Soleimani « a endeuillé le cœur de la nation iranienne et de toutes les nations de la région », a-t-il ajouté.

Le président iranien Hassan Rouhani donne une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 14 octobre 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)

Sa mort « a redoublé la détermination de la nation iranienne et des autres nations libres de la région de se dresser contre les intimidations de l’Amérique et de défendre les valeurs islamiques », selon le président iranien.

« Cet acte vil et lâche est un autre signe du désespoir et de la faiblesse de l’Amérique dans la région », a-t-il assuré.

Un conseiller de Rouhani a également prévenu le président Donald Trump qu’il devait s’attendre à une riposte de la part de Téhéran. « Trump avec son pari risqué a entraîné les Etats-Unis dans la situation la plus dangereuse dans la région », a écrit Hessameddin Ashena sur le réseau social Telegram. « Quiconque met un pied au-delà de la ligne rouge devrait être prêt à faire face aux conséquences. »

Affaires étrangères

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a également condamné la mort de Soleimani sur ordre du président américain Donald Trump.

« L’acte de terrorisme international des Etats-Unis, ciblant et assassinant le général Soleimani, est une escalade extrêmement dangereuse et imprudente », a-t-il écrit sur Twitter.

« Les Etats-Unis subiront toutes les conséquences de leur aventurisme voyou », a-t-il ajouté.

« La malveillance et la stupidité des forces terroristes américaines en assassinant le général Soleimani, ce héros martyr et leader du combat contre le terrorisme et l’extrémisme, va certainement fortifier la résistance dans la région et dans le monde », a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Le ministère a indiqué qu’il « utiliserait tous les moyens légaux et ses capacités internationales pour appliquer les décisions du Conseil suprême de la sécurité nationale pour faire rendre des comptes au régime américain terroriste et meurtrier pour cette atrocité ».

L’Iran a convoqué vendredi un responsable de l’ambassade de Suisse, qui représente les intérêts américains à Téhéran, en l’absence de liens diplomatiques entre les Etats-Unis et l’Iran.

Vendredi, Mohsen Rezaei, un ancien chef des Gardiens de la Révolution iranienne, dont la force Al-Qods fait partie, a menacé que Téhéran se « vengerait fortement » contre les Etats-Unis pour l’attaque.

Gardiens de la Révolution

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont également crié vengeance.

Un porte-parole a indiqué que les Gardiens et la « Résistance » allaient « entamer un nouveau chapitre à compter d’aujourd’hui ».

« La brève joie des Américains et des sionistes va se transformer en deuil », a affirmé ce porte-parole, Ramezan Sharif, à la télévision d’Etat.

Cela a « renforcé notre détermination à nous venger de la meurtrière Amérique et des oppresseurs sionistes et cela va sûrement se produire », a-t-il ajouté, avant d’éclater en sanglots.

« Soleimani a rejoint nos frères martyrs mais notre revanche sur l’Amérique sera terrible », a réagi sur Twitter Mohsen Rezai, un ancien chef des Gardiens de la révolution.

Médias

Ces dernières heures, la télévision iranienne d’Etat a interrompu ses programmes réguliers pour faire une retrospective des actions du commandant dans la région, mettant en avant les nombreuses occasions où il a « déjoué » les projets américains.

Dans un commentaire, la télévision d’Etat a qualifié l’ordre donné par Trump de tuer Soleimani de « la plus grande erreur de calcul des Etats-Unis » depuis la Deuxième Guerre mondiale. « Les peuples de la région ne permettront plus aux Américains de rester », a déclaré le télévision d’Etat.

Un ruban noir a été placé sur l’écran et une montage photo montrait des images de Soleimani en train de sourire et de prier.

Mohammad Marandi, un analyste basé à Téhéran, a déclaré que les Etats-Unis avaient « déclaré la guerre » à l’Iran et l’Irak, et « il vaut mieux pour les occidentaux de quitter des pays comme les Emirats arabes unis et l’Irak immédiatement ».

Des officiels israéliens avait déjà exprimé des craintes que l’Iran ou ses alliés en Syrie ne puissent tirer des missiles contre Israël comme une forme de riposte sur les Etats-Unis pour les tensions régionales croissantes.

Vendredi, l’armée a ordonné la fermeture de la station de ski du Mont Hermon sur le plateau du Golan, à proximité de la frontière syrienne.

Soleimani était une pièce majeure dans l’activité des forces iraniennes et des alliés pro-Iran en Syrie.

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