Les procureurs général et de l’État ciblés par des fake news
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Les procureurs général et de l’État ciblés par des fake news

Vocativ rapporte néanmoins que Benny Gantz reste la plus grande victime de fausses informations, une vidéo truquée l'ayant décrit cette semaine comme confus

Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur de l'Etat Shai Nitzan à une conférence organisée au ministère de la Justice de Tel Aviv, le 21 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur de l'Etat Shai Nitzan à une conférence organisée au ministère de la Justice de Tel Aviv, le 21 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit et le procureur de l’État Shai Nitzan sont devenus la cible de fakes news pour la première fois cette semaine, après l’annonce de l’inculpation du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans trois affaires distinctes, pour corruption dans l’enquête tentaculaire visant Bezeq, dans l’attente d’un processus d’audiences.

Dans le dernier rapport hebdomadaire sur les infox publié mardi par Vocativ, détenu par l’investisseur israélien Mati Kochavi, un quart d’entre elles était lié aux affaires judiciaires impliquant le Premier ministre, Avichai Mandelblit et Shai Nitzan.

De fausses publications sur les réseaux sociaux comprenant des soi-disant citations du procureur général tentaient de laisser entendre que la police et les services du procureur étaient corrompus. Une autre histoire fabriquée évoquait également un accord entre les procureurs et Netanyahu, selon lequel le Premier ministre ne serait pas inculpé s’il renonçait à la politique.

Dans l’ensemble, ce genre d’informations a connu une hausse de 6 % cette semaine par rapport à la précédente, et représentait environ 13 % des débats observés en ligne, a fait état le rapport de Vocativ.

Benny Gantz fait une déclaration aux médias à Tel Aviv, le 28 février 2019. (Flash90)

Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan et le plus sérieux challenger de Netanyahu pour les élections d’avril, conserve sa place de numéro un des victimes de fausses informations, lesquelles sont potentiellement visibles par 1,5 million d’internautes. En deuxième place arrive Netanyahu — bien que dans son cas, la plupart d’entre elles donnaient une image positive de lui.

La dernière vidéo publiée au sujet de Benny Gantz marque une sophistication dans les manœuvres de diffamation. Dans les images trafiquées, il apparaît en effet confus, inexpérimenté et contrôlé par des conseillers en relations publiques. Bien que mise en ligne par un site satirique, de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux l’ont considérée comme authentique, a découvert Vocativ. Potentiellement visible par 110 000 navigateurs, elle a ensuite été partagée par des bots et des trolls, venant ajouter des dizaines de milliers de spectateurs potentiels.

Les bots et les trolls se sont montrés particulièrement actifs, répandant les déclarations d’une femme accusant l’ancien général de l’armée de s’être exhibé devant elle lorsqu’ils étaient au lycée il y a 40 ans. La semaine dernière, il a déposé plainte contre son accusatrice, Navarone Jacobs.

Les bots sont des codes informatiques qui ressemblent à des comptes de personnes réelles et qui apparaissent soudainement en grand nombre pour soutenir ou délégitimer des cibles en ligne. Les trolls sont des personnes, généralement payées, pour publier des contenus provocateurs en ligne.

Des ingénieurs de « Commun.it » se servent de leur expertise en réseaux sociaux pour identifier les faux comptes, à Bnei Brak, le 23 janvier 2019. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Ils ont tendance à utiliser les bios de vraies personnes et des photos de profil trouvées sur Google. Pour l’œil non averti, ces faux peuvent être très durs à repérer.

En raison de leur capacité à attaquer, défendre, aimer, commenter, partager, retweeter en masse, ils sont en mesure d’amplifier les messages et de persuader les électeurs de « leur » point de vue, car les humains sont plus enclins à accorder du crédit à un message comptant des centaines ou des milliers de mentions « J’aime ».

Le recours aux bots et autres outils en ligne pour répandre de fausses informations — notamment via Facebook — avait été mis au jour lors des élections présidentielles américaines de 2016 dans laquelle la Russie avait été accusée d’interférer — des affirmations réfutées par Moscou.

Ces bots et trolls ont également affirmé que les médias traitaient Benny Gantz avec ménagement et répandu la méfiance envers des instances gouvernementales et la justice après l’annonce de l’inculpation du Premier ministre.

Netanyahu a été mentionné dans 41 418 publications issues de bots et de trolls, suivi par Gantz avec 18 383 récits.

Avichai Mandelblit a rendu publique le 28 février dernier sa décision de mettre en examen le Premier ministre pour fraude et abus de confiance dans trois enquêtes et pour corruption dans une troisième.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors du lancement de la campagne électorale de son parti le Likud à Ramat Gan, le 4 mars 2019. (Aharon Krohn/Flash90)

Netanyahu aura l’opportunité de renverser cette décision lors d’une audience attendue dans les mois suivant le jour de l’élection, le 9 avril. Le processus pourrait durer un an.

Il a maintes fois nié toutes les accusations dont il fait l’objet et répété qu’elles relevaient de tentatives par les médias et la gauche israélienne de le chasser du pouvoir, avec l’aide d’une équipe d’enquêteurs malhonnêtes, supervisée par un procureur général « faible. »

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