Israël en guerre - Jour 196

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Les réservistes anti-réforme appellent à ne pas manifester pendant Yom HaZikaron

Yad Lebanim, l'organisation de commémoration des soldats, exhorte également les politiciens à ne pas assister aux événements organisés dans les cimetières militaires

Une femme assise à côté de la tombe d'un soldat israélien tombé au combat dans le cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 19 avril 2023, à l'approche de Yom HaZikaron qui aura lieu le 25 avril. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une femme assise à côté de la tombe d'un soldat israélien tombé au combat dans le cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 19 avril 2023, à l'approche de Yom HaZikaron qui aura lieu le 25 avril. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un groupe représentant les soldats réservistes qui protestent contre les projets de réforme du système judiciaire du gouvernement a appelé ses militants à ne pas manifester contre la refonte pendant Yom HaZikaron la semaine prochaine.

« Le jour de la commémoration, nous ne manifesterons pas parce que nos cœurs seront avec nos frères et sœurs d’armes qui sont tombés au combat, nous inclinerons nos têtes en leur honneur, nous pleurerons et nous étreindrons les familles », a déclaré le groupe « Frères d’armes » dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

« Nous appelons tous les frères et sœurs d’armes à laisser leurs tee-shirts de protestation à la maison et à ne pas les porter dans les cimetières », a ajouté le groupe.

La déclaration des « Frères d’armes » a été faite alors que les tensions autour des activités de Yom HaZikaron se sont accrues, principalement en raison des réformes judiciaires largement controversées du gouvernement qui ont profondément divisé la société israélienne ces derniers mois.

Cela a conduit des milliers de parents de soldats tombés au combat à exiger que les hommes politiques n’assistent pas ou ne prennent pas la parole lors des cérémonies de Yom HaZikaron dans les cimetières militaires mardi prochain, selon le président de l’organisation de commémoration Yad Lebanim, Eli Ben Shem.

Mercredi, Ben Shem a affirmé que des altercations verbales et même physiques pourraient éclater dans les cimetières militaires si les ministres du gouvernement et les députés, en particulier ceux qui n’ont pas servi dans l’armée israélienne, assistent aux cérémonies de Yom HaZikaron dans ces sites sensibles.

Tombes de soldats israéliens tombés au combat au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 19 avril 2023, à l’approche de Yom HaZikaron qui aura lieu le 25 avril. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’espère vraiment qu’ils [le gouvernement] comprendront que ces lieux sont de la dynamite », a déclaré Ben Shem à la radio Kan, en référence aux cérémonies militaires organisées à l’occasion de Yom HaZikaron.

Se référant au projet de loi récemment proposé par le gouvernement, qui abaisserait l’âge d’exemption de l’armée afin de permettre aux étudiants ultra-orthodoxes yeshiva d’entrer plus tôt dans la vie active, Ben Shem a déclaré que faire participer des hommes politiques qui n’ont pas fait leur service militaire aux cérémonies de Yom HaZikaron reviendrait à « allumer un feu de joie dans un cimetière », et a ajouté qu’une telle situation devrait être évitée.

Ben Shem et d’autres ont transmis le même message au ministre de la Défense Yoav Gallant lors d’une réunion mardi, bien que Gallant ait rejeté la demande, ainsi qu’une autre proposition de Yad Lebanim de rédiger des points de discussion pour les politiciens qui assistent aux cérémonies afin d’éviter la politisation des événements.

Ben Shem a indiqué qu’il y avait sept cérémonies auxquelles des hommes politiques qui n’ont pas fait leur service militaire étaient censés participer, notamment un événement à Beer Sheva où le chef du parti ultra-nationaliste Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale, devrait prendre la parole.

Ben Gvir n’a pas effectué son service militaire obligatoire car l’armée israélienne a refusé de l’enrôler précisément à cause de ses activités extrémistes dans sa jeunesse, avant qu’il n’atteigne l’âge de l’enrôlement.

« Ils doivent faire preuve de bon sens, sinon il y aura une catastrophe. Les cimetières [militaires] sont le saint des saints de l’État d’Israël. Si nous assistons à des violences et à des cris sur les tombes de nos enfants, je ne saurais le supporter », a déclaré le président de Yad Lebanim, qui est lui-même a lui-même perdu un enfant au combat.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, assistant à une cérémonie organisée au Mémorial de Yad Vashem, à l’occasion de Yom HaShoah, à Jérusalem, en Israël, le 17 avril 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

La semaine dernière, Ben Shem a déclaré que quelque 8 000 parents avaient contacté son organisation et avaient demandé que les hommes politiques n’assistent pas aux cérémonies. Il a noté que la participation de Ben Gvir à la cérémonie de Beer Sheva avait suscité une opposition particulièrement forte.

Mercredi, le chef de l’opposition et président de Yesh Atid, Yaïr Lapid, a également annoncé qu’il n’assisterait pas à la traditionnelle cérémonie d’allumage des flambeaux qui clôt Yom HaZikaron et ouvre Yom HaAtsmaout, en raison des divisions sociétales que le gouvernement a créées, selon lui, en raison de son projet de réforme radicale du système judiciaire.

La décision de Lapid fait suite à des informations parues mardi selon lesquelles la ministre des Transports, Miri Regev, qui est responsable de la cérémonie, envisage d’interrompre la diffusion en direct de l’événement et de passer à un enregistrement de répétition au cas où la cérémonie d’allumage des flambeaux serait interrompue par des manifestants anti-gouvernement.

Dans un message adressé à Regev mercredi, Lapid a écrit sur Twitter que « mon siège à la cérémonie d’allumage de la torche sera vide » et qu’elle ne lui avait laissé « aucun choix » en la matière.

Le chef du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, lors d’une conférence de presse à la Knesset, à Jérusalem, le 19 avril 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« J’aime l’État d’Israël du plus profond de mon âme, mais en trois mois, vous avez divisé la société israélienne et aucun faux feu d’artifice ne pourra le dissimuler. Si l’unité du peuple était si importante pour vous, vous n’auriez pas démantelé notre démocratie et vous auriez plutôt travaillé pour les citoyens israéliens », a déclaré Lapid.

Plus tôt dans la journée de mercredi, Lapid a déclaré que les principales chaînes de télévision ne devraient pas accepter le plan de Regev, insistant sur le fait que la cérémonie d’allumage des flambeaux « n’est pas une émission de propagande ».

Lors d’une conférence de presse mercredi, Regev a insisté sur le fait que la diffusion ne serait interrompue qu’en cas d’incident de sécurité, et a demandé à Lapid et à Benny Gantz, chef du parti HaMahane HaMamlahti, d’y assister, déclarant qu’elle leur réserverait un siège et ajoutant qu’elle avait également l’intention de s’entretenir avec eux à ce sujet.

« Il n’y a pas de droite ni de gauche lors de la cérémonie d’allumage des flambeaux », a déclaré la ministre. « Ils sont tous attendus parce que la cérémonie est au-dessus des leaders et des partis. C’est une cérémonie pour l’État et pour tous les citoyens, et je suis consciente des débats et des critiques, mais je demande à tout le monde de mettre tout cela de côté. »

Contrairement à Lapid, et dans un rejet apparent de la position de Yad Lebanim entre autres, Gantz a déclaré qu’il incombait à tous les dirigeants politiques d’assister aux cérémonies organisées par l’État le jour de Yom HaZikaron, dans le cadre de leur devoir en tant qu’élus.

« Nous, dirigeants publics, avons l’obligation et la responsabilité nationale d’assister aux cérémonies et de remplir notre devoir… Nous devons faire de notre mieux et y assister, coalition et opposition confondues, pour montrer que nous sommes tous unis en ce jour », a déclaré Gantz.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti Benny Gantz s’exprimant lors d’une réunion de sa faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 19 avril 2023. (Crédit : Yonatan SIndel/Flash90)

Il a déclaré qu’il respectait et acceptait les critiques des familles endeuillées « avec amour », mais a insisté sur le fait que les divisions sociétales devaient être mises de côté pour Yom HaZikaron.

« Nous devrions tous entrer dans les cimetières pour les cérémonies de Yom HaZikaron avec notre chagrin personnel et national, et laisser le débat public à l’extérieur, ne serait-ce que pour une journée. »

Le ministre de l’Agriculture, Avi Dichter, s’est également opposé à l’idée d’empêcher les hommes politiques de prendre la parole lors des cérémonies du jour du souvenir, affirmant que lui-même et d’autres y participeraient « en tant qu’élus publics », tout en reconnaissant le caractère sensible de la question et les tensions sociétales actuelles.

« Nous parlons d’événements d’État qui ont un format clair et reconnu, une tradition qui existe depuis des dizaines d’années, et compte tenu de toutes les difficultés et de toutes les sensibilités, nous ne devrions pas porter atteinte à cette tradition à Yom HaZikaron ou à Yom HaAtsmaout », a déclaré Dichter sur les ondes de la radio Kan.

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