Les restaurateurs menacent à nouveau de défier le gouvernement
Rechercher

Les restaurateurs menacent à nouveau de défier le gouvernement

Les propriétaires exigent de connaître des données justifiant leur fermeture et "un horizon de compensation"

Des restaurateurs et autres protestent contre les nouvelles mesures de confinement, à Tel Aviv le 17 juillet 2020. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Des restaurateurs et autres protestent contre les nouvelles mesures de confinement, à Tel Aviv le 17 juillet 2020. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Certains restaurateurs ont menacé dimanche de maintenir leur commerce ouvert le mardi et au-delà, malgré les ordres du gouvernement de fermer pour limiter les infections, après qu’une rébellion similaire, vendredi, a forcé les autorités à faire marche arrière à la dernière minute.

L’ordre de fermeture initial a été annoncé tôt vendredi matin et devait prendre effet à 17 heures le même jour. Mais de nombreux restaurants ont juré de rester ouverts, malgré le court préavis qui leur a été donné, après avoir déjà dépensé des sommes importantes pour faire des provisions pour le week-end. La pression a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu à repousser la fermeture prévue de vendredi à mardi matin.

Parmi les restaurateurs qui menacent à nouveau de défier les ordres du gouvernement figurent des chefs de renom et des propriétaires de restaurants réputés à Tel-Aviv et à Jérusalem.

« Tant qu’ils ne communiqueront pas les raisons de la fermeture, tant qu’ils ne présenteront pas de données et ne nous donneront pas un horizon de compensation, je ne fermerai pas », a assuré le chef Asaf Doktor, propriétaire de trois restaurants à Tel Aviv, à la Douzième chaîne.

Les propriétaires de restaurants et de bars prévoyaient d’organiser un repas de « protestation » pour les personnes dans le besoin devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem mardi.

« Nous allons à Jérusalem parce que nous avons compris que le gouvernement ne s’occupe pas de nous », a dénoncé Asaf Doktor. « Ils nous font fermer sur un coup de tête, sans données à l’appui, sans logique. Nous sommes seuls ».

« Nous irons donc à Jérusalem pour distribuer de la nourriture aux gens dans le besoin, car bientôt nous serons aussi dans le besoin. La solidarité nous sauvera de l’effondrement. »

Un homme portant un masque passe à côté de restaurants fermés à Jérusalem, le 15 mars 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Des représentants du secteur devaient rencontrer le Premier ministre à son bureau dimanche dernier, selon diverses informations.

Certains restaurateurs exigeraient que le gouvernement accepte de les indemniser à l’avance, en échange du respect de la loi. Ils auraient fait diverses propositions telles que la réduction des taxes foncières et autres prélèvements, le paiement des salariés mis en quarantaine, etc.

« La décision de fermer des restaurants est ridicule et illogique. Il n’y a pas d’étude scientifique qui montre des taux d’infection élevés dans les restaurants, mais c’est le contraire », a déclaré un autre propriétaire rebelle au site d’information Ynet, préférant rester anonyme.

Tomer Mor, qui dirige le groupe à l’origine de la manifestation, a déploré que « les restaurateurs de tout le pays sont impuissants et voient leur entreprise fermée alors qu’ils doivent subvenir aux besoins de leur famille. Une grande frustration pousse les gens à agir pour sauver leurs moyens de subsistance ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu porte un masque facial pour prévenir la propagation du coronavirus alors qu’il préside la réunion hebdomadaire du cabinet, au ministère des Affaires étrangères, à Jérusalem, le 5 juillet 2020. (Gali Tibbon/Pool via AP)

Vendredi, face aux menaces généralisées de défier les ordres du gouvernement, le Premier ministre était revenu à la dernière minute sur sa décision de fermer tous les restaurants, à l’exception des livraisons et des plats à emporter, à partir de 17 heures ce jour-là, reportant ainsi la mise en œuvre de l’interdiction illimitée à mardi matin, a indiqué son bureau.

L’ordre du gouvernement n’a été approuvé que jeudi soir et a rencontré une forte résistance de la part des restaurateurs, qui se sont plaints que cette mesure, qu’ils ont qualifiée d' »illégale », entraînerait des pertes financières massives et un gaspillage de nourriture et que les entreprises concernées n’avaient pas eu suffisamment de temps pour se préparer aux nouvelles restrictions.

Nombre d’entre elles avaient menacé de rester ouvertes dans des actes de désobéissance civile.

Ce revirement de dernière minute a également été accueilli avec frustration par de nombreux propriétaires de restaurants, qui ont déclaré avoir congédié du personnel et détruit des denrées alimentaires en prévision de la fermeture.

La commission Corona de la Knesset a reçu dimanche des données sur 1 474 cas de contagion tracés par le ministère de la Santé ; seuls 10 d’entre eux provenaient de restaurants.

Au début du mois, le ministère a publié un document classant les activités quotidiennes en fonction du danger d’exposition au coronavirus qu’elles présentent, dans lequel les repas pris dans les bars et les restaurants intérieurs sont considérés comme une activité à haut risque.

Des Israéliens forment des narguilés dans un bar du marché Mahane Yehuda de Jérusalem le 7 juillet 2020.
Israelis smoke water pipes at a bar in Jerusalem’s Mahane Yehuda market on July 7. 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les chiffres du ministère publiés la semaine dernière, 21 personnes ont été infectées dans des restaurants et six dans des bars au cours de la deuxième vague, a rapporté vendredi le site d’information Walla.

Vendredi matin, Hagai Levine, chef de l’Association israélienne des médecins de santé publique, a critiqué le gouvernement pour avoir ordonné des restrictions « sans aucune base épidémiologique » et avoir pris la décision de fermer les plages à partir de la semaine prochaine, notant que le virus était susceptible de se propager dans les espaces clos plutôt que dans les zones ouvertes.

« La sécurité nationale, c’est aussi la santé mentale et économique », a commenté M. Levine, épidémiologiste à l’école de santé publique Hadassah, auprès de la chaîne Kan. « Un confinement dans les maisons peut atteindre le but opposé et augmenter les infections ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...