Netanyahu fait marche arrière et retarde la fermeture des restaurants à mardi
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Netanyahu fait marche arrière et retarde la fermeture des restaurants à mardi

Alors que la fermeture partielle des restaurants devait prendre effet à 17h ce vendredi, et que des établissements promettaient de rester ouverts, Netanyahu a fait marche arrière

Des Israéliens assis à un café à Tel Aviv, le 8 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)
Des Israéliens assis à un café à Tel Aviv, le 8 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Face aux menaces généralisées de défier les directives du gouvernement concernant la fermeture partielle des restaurants dès ce vendredi à 17h, qui devaient permettre uniquement les livraisons et la vente à emporter, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait marche arrière à la dernière minute, retardant à mardi matin la mise en œuvre de l’interdiction à durée indéterminée.

L’ordonnance du gouvernement a été approuvée seulement la nuit dernière et a rencontré une forte résistance parmi les restaurateurs, qui se sont plaints que la décision, qu’ils ont qualifiée « d’illégale », entraînerait d’énormes pertes financières et un important gaspillage alimentaire. Selon eux, le temps imparti aux entreprises concernées pour se préparer n’était pas suffisant.

Beaucoup avaient menacé de rester ouverts dans des actes de désobéissance civile.

Tenant apparemment compte de leurs appels, Netanyahu, avec le ministre de la Défense Benny Gantz, a décidé d’autoriser les restaurants à rester ouverts jusqu’à 5 heures du matin le mardi 21 juillet, ceci « afin de laisser le temps de se préparer, et parce que des stocks de nourriture avaient déjà été achetés », a indiqué vendredi après-midi le communiqué du bureau de Netanyahu, seulement une heure avant que l’ordre n’entre en vigueur.

Le communiqué indique que cette nouvelle décision sera bientôt ratifiée par le gouvernement.

Le revirement de dernière minute a également rencontré la frustration de nombreux propriétaires de restaurants, qui ont déclaré avoir libéré leur personnel et détruit des stocks de nourriture en prévision de la fermeture.

« L’annonce de l’ouverture des restaurants est arrivée juste à temps, environ une heure après que la plupart de notre personnel ait été mis en congé sans solde. Pas du tout en colère », a tweeté le restaurant Halil à Ramle.

La directive initiale du gouvernement approuvée durant la nuit imposait à tous les restaurants de fermer partiellement pendant le weekend. Elle a aussitôt fait l’objet d’une résistance importante de la part de ces commerces. Dans un acte de désobéissance civile, beaucoup ont déclaré vendredi qu’ils refuseraient d’appliquer ces nouvelles restrictions.

Alors qu’Israël enregistre une augmentation record des nouvelles infections au coronavirus, des ministres du cabinet avaient validé des nouvelles mesures de confinement, en ordonnant notamment à la plupart des commerces de fermer à 17h vendredi jusqu’à dimanche matin. Si les restaurants ne devaient pas pouvoir servir les clients sur place, ils devaient néanmoins pouvoir proposer un service de vente à emporter ou de livraison.

En réaction, un groupe de restaurants à Tel Aviv, Jérusalem et Beer Sheva avait annoncé son intention de rester ouvert comme d’habitude, selon la Douzième chaîne.

Le groupe des restaurants qui avaient l’intention de rester ouverts avait publié un communiqué déclarant qu’ils n’étaient pas « soumis à une dictature », se plaignant que le gouvernement ne « pouvait pas prendre une décision au milieu de la nuit », et que leurs « employés ne sont pas des marionnettes ».

Des Israéliens portant des masques assis dans un café à Tel Aviv, le 8 juillet 2020. (Miriam Alster/Flash90)

L’Association des restaurants d’Israël avait également protesté contre la décision.

« À nouveau, nous assistons à la conduite capricieuse et irresponsable d’un gouvernement qui a perdu sa boussole. On ne peut pas nous demander de suspendre nos activités en nous prévenant quelques heures avant », pouvait-on lire dans le communiqué.

Des responsables de l’industrie et des restaurateurs se sont plaints que la décision, qu’ils ont qualifiée « d’illégale », causerait des pertes financières énormes et un gâchis de nourriture. Ils ont expliqué que le gouvernement n’avait pas donné assez de temps aux commerces concernés pour se préparer aux nouvelles restrictions.

Les responsables de l’industrie des restaurants, des cafés et des bars avaient appelé le public à manger dehors ce weekend, soulignant que « c’est notre devoir de lutter pour notre activité même si nous devenons des criminels », a rapporté la chaîne publique Kan.

Plus tôt ce mois-ci, le ministère de la Santé a publié un document classant les activités quotidiennes en fonction de leur risque d’exposition au coronavirus. La fréquentation des bars et restaurants en intérieur était classée comme une activité à haut risque.

Des Israéliens fument des narguilés dans un bar du marché Mahane Yehuda de Jérusalem le 7 juillet 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les chiffres du ministère la Santé publiés plus tôt cette semaine, 21 personnes ont été infectées dans des restaurants et six dans des bars au cours de cette deuxième vague de la pandémie, a rapporté le site internet Walla.

« Nous traversons une période difficile, c’est impossible, les décisions sont arbitraires, nous sommes coincés avec de nombreux produits », a déclaré un restaurateur à Tel Aviv au site internet, qualifiant la décision initiale de fermer les restaurants dès ce vendredi soir « d’arbitraire » et de populiste.

« Mes employés et moi sommes broyés et j’ai le sentiment d’être un mouton que l’on envoie à l’abattoir. Quiconque dirige notre pays devrait aller au tribunal parce qu’il le gère mal », avait déclaré Moshiko Gamliel, propriétaire du Bar 51 à Tel Aviv, au site d’information.

Il a indiqué qu’il avait le sentiment que la décision de fermer les restaurants avait été prise sans réflexion profonde et que « l’État nous crache au visage. Nous avons peur des amendes, mais nous avons aussi peur de faire faillite ».

Un propriétaire d’un café à Tel Aviv a déclaré à Kan qu’il prévoyait de donner la nourriture qu’il avait commandée et qu’il ne prévoyait pas d’ouvrir dimanche parce qu’il n’était pas rentable de compter uniquement sur la livraison et la vente à emporter.

« Ce qui reste en trop va à la poubelle », a-t-il dit.

Un haut responsable de la police a déclaré à Walla que les règles imprécises et changeantes avaient provoqué une certaine confusion au sein de l’opinion. Il a ajouté que l’application des nouvelles règles serait menée avec raison, et seules les infractions les plus évidentes seraient sanctionnées, notamment les grands rassemblements et le refus d’obtempérer aux avertissements.

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