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Les routes restent fermées près de Gaza par crainte d’une riposte du Jihad islamique

Des médiateurs égyptiens seraient allés dans la bande de Gaza pour tenter d’apaiser le groupe terroriste suite à l'arrestation de son chef en Cisjordanie

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens bloquent des routes près de la frontière avec la bande de Gaza, le 2 août 2022. (Crédit : Flash90)
Des soldats israéliens bloquent des routes près de la frontière avec la bande de Gaza, le 2 août 2022. (Crédit : Flash90)

Alors que les restrictions routières près de la bande de Gaza sont maintenues pour une deuxième journée mercredi, Israël a averti les groupes terroristes basés dans l’enclave qu’il répondrait avec force à toute attaque de représailles suite à l’arrestation du chef du groupe terroriste.

Parallèlement, des efforts seraient en cours pour apaiser les tensions après la capture, dans la nuit, de Bassem Saadi, le leader du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie.

Les routes autour de Gaza ont été fermées mardi matin et les habitants de la région ont reçu l’instruction de rester près des abris par crainte de tirs de roquettes ou de missiles antichars en représailles à l’arrestation de Saadi.

Dans un message adressé aux habitants, les conseils régionaux de Sdot Neguev et d’Eshkol ont déclaré mardi soir que toutes les routes resteraient fermées jusqu’à mercredi au moins, à la suite d’une évaluation de l’armée israélienne.

Les autorités avaient auparavant indiqué que ces restrictions pourraient être levées si la nuit était calme. Les raisons motivant ce changement de politique restent incertaines.

De nombreux articles parus dans la presse israélienne et palestinienne mardi, indiquaient que des médiateurs égyptiens étaient entrés dans la bande de Gaza pour tenter de dissuader le Jihad islamique de lancer des attaques de représailles.

Une route bloquée près de la frontière avec la bande de Gaza le 2 août 2022 (Crédit : Flash90)

Face aux craintes d’une attaque imminente, la Douzième chaîne a rapporté que des responsables israéliens avaient transmis un message via l’Égypte aux dirigeants du Jihad islamique et du Hamas, qui dirige l’enclave palestinienne, indiquant que Jérusalem n’était pas intéressée par une nouvelle série de combats, mais qu’elle répondrait durement à toute attaque ou violation de sa souveraineté.

Aucune source n’a été mentionnée pour ces informations. Les responsables militaires transmettent souvent des messages aux médias israéliens tout en exigeant un anonymat total.

Les tensions autour de la bande de Gaza sont montées en flèche tout au long de la journée de mardi à la suite de l’arrestation de Saadi à Jénine dans la nuit.

L’arrestation, et des vidéos le montrant traîné par des soldats, ont attisé la colère des Palestiniens et les rumeurs selon lesquelles il avait été tué.

Saadi a été arrêté par les forces armées à Jénine. Son gendre et assistant, Ashraf al-Jada, a lui aussi été arrêté et un autre membre du groupe terroriste a été tué lors d’une fusillade avec les troupes.

Plusieurs sources palestiniennes ont indiqué que Saadi a été blessé après avoir été mordu par un chien de la brigade canine lors de son arrestation.

Dans le but d’apaiser les tensions, Tsahal a ultérieurement transmis aux journalistes des images montrant Saadi en bonne santé

Le niveau d’alerte de l’armée le long de la frontière avec la bande de Gaza est resté élevé mardi après-midi, bien que plusieurs routes fermées plus tôt par mesure de précaution aient été rouvertes, a déclaré l’armée israélienne.

En réponse à l’arrestation de Saadi, le groupe basé à Gaza a annoncé dans un communiqué qu’il déclarait un état « d’urgence » et que ses troupes étaient prêtes à intervenir.

Bassem Saadi, chef du groupe terroriste palestinien Jihad islamique en Cisjordanie, est vu peu après son arrestation par les troupes israéliennes le 2 août 2022. (Crédit : Autorisation)

Mardi matin, Tsahal a déclaré avoir ordonné la fermeture de plusieurs autoroutes, lignes de chemin de fer et points d’observation le long de la frontière de Gaza, à la suite d’un regain d’activité des combattants liés au Djihad islamique, représentant une menace imminente et « directe d’attaque possible contre des civils israéliens. »

Les menaces imminentes comprenaient des tirs de missiles guidés antichars, des attaques de snipers et des tirs de roquettes.

Dans l’après-midi, Tsahal a publié une mise à jour des routes maintenues closes, indiquant que la route 232 entre Mefalsim et Saad et les routes d’accès aux agriculteurs à proximité étaient fermées, mais que la route entre Saad et Kerem Shalom avait été rouverte à la circulation.

Les routes 242 et 2410 ont également été fermées, ainsi que la route 4 de la jonction Zikim vers le passage Erez, et la route 34 entre la jonction Yad Mordechai et la jonction Nir Am.

Toutes les villes situées le long de la frontière disposent de routes alternatives pour sortir, à l’exception de Kerem Shalom et du kibboutz Nahal Oz, qui sont entièrement bloqués avec les restrictions.

Tsahal a également fermé le point de passage piétonnier Erez pour entrer et sortir de Gaza. Ce poste frontière est utilisé chaque jour par des milliers de travailleurs palestiniens.

Des soldats israéliens bloquent des routes près de la frontière avec la bande de Gaza, le 2 août 2022. (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre Yair Lapid a procédé à une évaluation de la situation avec le ministre de la Défense Benny Gantz, le chef de Tsahal Aviv Kohavi, le chef de l’agence de sécurité Shin Bet Ronen Bar, le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata, le Premier ministre par alternance Naftali Bennett et d’autres responsables.

Gantz, qui s’est rendu près de la zone de la barrière de sécurité en Cisjordanie avec Kohavi mardi, a mis en garde contre toute tentative de nuire aux Israéliens. « Toute menace à l’encontre des citoyens d’Israël fera l’objet d’une réponse puissante et nous serons bien sûr préparés à tout scénario », a-t-il déclaré.

La Douzième chaîne a par ailleurs indiqué que les troupes israéliennes étaient également en état d’alerte en Cisjordanie, dans l’éventualité d’une tentative d’attaque du Jihad islamique.

Selon le Shin Bet, Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré par Israël sept fois dans le passé.

Le Shin Bet a déclaré que ces derniers mois, Saadi avait « redoublé d’efforts pour relancer les activités du Jihad islamique palestinien, et était à l’origine de la création d’une force militaire importante pour l’organisation dans [le nord de la Cisjordanie] en général et à Jénine en particulier. »

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

Jénine est considérée comme un foyer d’activités terroristes. Les terroristes et autres auteurs de plusieurs attentats meurtriers commis au début de l’année provenaient de la ville et de son camp de réfugiés.

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