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Tsahal boucle la région de Gaza après l’arrestation du chef du Jihad islamique

Cette décision est une mesure de précaution contre d'éventuelles attaques depuis l'enclave côtière, quelques heures après l'arrestation de Bassem Saadi en Cisjordanie

Illustration : Des soldats israéliens bloquent une route près de la frontière de Gaza, le 24 avril 2021. (Crédit : Flash90)
Illustration : Des soldats israéliens bloquent une route près de la frontière de Gaza, le 24 avril 2021. (Crédit : Flash90)

L’armée israélienne a ordonné la fermeture de plusieurs routes principales le long de la frontière de Gaza mardi matin, par mesure de précaution contre d’éventuelles attaques depuis l’enclave côtière, quelques heures après l’arrestation d’un membre haut placé du groupe terroriste palestinien Jihad islamique palestinien en Cisjordanie.

« A la suite d’une évaluation de la situation et d’activités terroristes affiliées au Jihad islamique palestinien, il a été décidé de bloquer les zones et les routes adjacentes à la barrière de sécurité avec la bande de Gaza », a indiqué l’armée dans un communiqué.

« La zone a été fermée aux civils en raison d’une menace directe et afin d’empêcher une éventuelle attaque contre des civils », poursuit l’armée qui a également annoncé la fermeture d’une plage, la suppression des trains entre les villes d’Ashkelon et Sderot ainsi que la fermeture du passage d’Erez, seul point de passage pour les personnes entre la bande de Gaza et le territoire israélien.

Les routes fermées comprenaient la route 4 de la jonction de Zikim au passage d’Erez ; la route 34 de la jonction de Yad Mordechai à la jonction de Nir Am ; et la route 232 de la jonction de Nir Am au passage de Kerem Shalom et les routes d’accès pour les agriculteurs à l’ouest de la route 232.

L’armée a également fermé la plage de Zikim, près de la frontière de Gaza, et a commencé à bloquer la circulation entre Ashkelon et Sderot.

Elle a également fermé plusieurs sites qui surplombent la bande de Gaza, notamment Sderot et le site d’observation voisin d’Asaf Siboni, le site commémoratif Black Arrow et Givat Nizmit près de Mefalsim, ainsi que la Horseman Hill à l’extérieur du kibboutz Nir Am. En 2018, un bus de l’armée a été touché par un missile guidé antichar sur le site commémoratif Black Arrow.

Tsahal a également fermé le passage d’Erez pour les piétons entrant et sortant de Gaza. Ce point de contrôle frontalier est utilisé par des milliers d’ouvriers palestiniens chaque jour.

La compagnie de chemins de fer israéliens a annoncé que les trains cesseraient de circuler entre les villes méridionales d’Ashkelon et de Netivot et que la gare voisine de Sderot serait également temporairement fermée.

Le bureau du Premier ministre a déclaré que Yair Lapid tiendrait une réunion d’évaluation de la situation avec le ministre de la Défense Benny Gantz, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, le chef de l’agence de sécurité Shin Bet Ronen Bar, le conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata, le Premier ministre par alternance Naftali Bennett et d’autres responsables.

Tard dans la nuit de lundi à mardi, Tsahal a mené un raid pour arrêter un haut responsable du Jihad islamique palestinien dans la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie, au cours duquel un adolescent palestinien a été tué.

Bassem Saadi, le chef du groupe terroriste du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, a été arrêté en même temps que son gendre et assistant, Ashraf al-Jada.

Selon certaines informations, Saadi aurait également été blessé par balle au cours de l’opération. Plus tard, il a été rapporté qu’il avait été blessé après avoir été mordu par un chien militaire lors de son arrestation, une vidéo de l’événement ayant été publiée.

Selon le Shin Bet, Saadi, 61 ans, a été emprisonné et libéré sept fois par Israël.

Le chef du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, Bassem Saadi, à gauche, et son gendre Ashraf al-Jada, sur une photo non datée. (Crédit : Réseaux sociaux)

Le Shin Bet a déclaré qu’au cours des derniers mois, Saadi « a travaillé encore plus dur pour rétablir les activités du Jihad islamique palestinien, dans le cadre desquelles il a été à l’origine de la création d’une importante force militaire de l’organisation en Samarie en général et à Jénine en particulier », en référence au nord de la Cisjordanie.

« Sa présence a été un facteur important dans la radicalisation des agents de l’organisation sur le terrain », a ajouté le Shin Bet.

Des tireurs palestiniens prient avant les funérailles d’un Palestinien tué par balle lors d’un raid israelien, à Jénine, en Cisjordanie, le 17 juin 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

En réponse, le Jihad islamique palestinien, basé à Gaza, a annoncé dans un communiqué qu’il déclarait un « état d’alerte » et renforçait la « préparation » de ses combattants suite à l’arrestation de Saadi.

« Nous annonçons la mobilisation générale et augmentons l’état de préparation de nos moujahidine (combattants) pour faire face à l’agression dont le grand dirigeant cheikh Bassam Saadi et sa famille ont été victimes à Jénine » ont déclaré les brigades Al-Qods, la branche armée du Jihad dans un communiqué lundi soir.

Le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne a identifié la victime comme étant Dirar al-Kafrayni, 17 ans. Un deuxième Palestinien a été modérément blessé, a indiqué le ministère.

Une branche locale du Jihad islamique palestinien a revendiqué la responsabilité des tirs sur les troupes israéliennes opérant dans la ville, et les responsables israéliens ont déclaré que les troupes ont riposté aux tireurs qui ont ouvert le feu, touchant plusieurs d’entre eux.

Tsahal et la police des frontières ont déclaré qu’une arme de poing, des munitions et de l’argent liquide ont été saisis sur Saadi et Al-Jada au cours de l’opération. Al-Jada, un agent du Jihad islamique palestinien, a déjà été emprisonné en Israël, selon le Shin Bet.

Jénine est largement considérée comme un foyer d’activités terroristes. Les terroristes qui ont perpétré plusieurs attaques meurtrières au début de l’année étaient originaires de la ville et de son camp de réfugiés.

Les tensions sont restées vives en Cisjordanie, alors que Tsahal a intensifié les raids et les opérations d’arrestation à la suite d’une vague d’attentats terroristes contre des Israéliens qui ont fait 19 morts au début de l’année.

Lors de multiples raids menés avant l’aube en Cisjordanie, les troupes israéliennes ont arrêté 12 Palestiniens recherchés, entraînant de violentes confrontations dans certaines zones, a déclaré l’armée israélienne.

Dans le camp de réfugiés de Fara, l’armée israélienne a déclaré qu’alors que les troupes arrêtaient deux terroristes présumés, des dizaines de Palestiniens ont ouvert le feu et lancé des pierres, des cocktails Molotov et des engins explosifs de fortune sur les troupes.

Tsahal a déclaré que les troupes ont riposté, touchant certains des émeutiers et des tireurs palestiniens. Les médias palestiniens, citant le  Croissant-Rouge, ont indiqué que cinq personnes avaient été blessées, dont une dans un état grave.

Aucun soldat israélien n’a été blessé au cours de ces opérations, selon les autorités.

La semaine dernière, deux hommes armés palestiniens ont été tués lors d’un raid militaire israélien dans la ville de Naplouse, au nord de la Cisjordanie.

L’AFP a contribué à cet article.

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