Rechercher

Les sons du soufisme se mêlent à la musique persane lors du festival de l’Oud

Le sitar, le ney, le daf et le santur sont quelques-uns des instruments mis à l’honneur lors d'un événement annuel célébrant la musique du Moyen-Orient

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L'instrumentiste à vent d'origine iranienne, Amir Shahar, au centre, en répétition avant le Festival de l'oud, à la Maison de la Confédération de Jérusalem, du 3 au 12 novembre 2022. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)
L'instrumentiste à vent d'origine iranienne, Amir Shahar, au centre, en répétition avant le Festival de l'oud, à la Maison de la Confédération de Jérusalem, du 3 au 12 novembre 2022. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

Lorsque l’instrumentiste à vent d’origine persane, Amir Shahsar, se produira avec l’instrumentiste soufi turc, Isa Nasim, et la chanteuse turque, Selçukhan Yılma, lundi soir, cela marquera une rare rencontre entre des artistes persans et turcs en Israël.

Les trois artistes se produisent dans le cadre du festival de l’Oud, qui se déroule du 3 au 12 novembre, à la Confederation House de Jérusalem, sous la direction d’Effie Benaya.

Les trois artistes, accompagnés d’autres musiciens, retraceront le voyage musical du mystique soufi, Jalal al-Din Rumi, qui a quitté la Perse au XIIIe siècle pour se rendre en Turquie via le Kurdistan et l’Arménie. Le spectacle comprendra des chants en turc, en persan, en arabe et en hébreu.

Lors d’une répétition la semaine dernière, plusieurs jours avant l’arrivée de Nasim et Yılma en Israël, Shahsar a répété avec le joueur de sitar, Gilad Weiss, le batteur de daf, Ruhama Carmel, et le joueur de santur, Noam Shemesh, sous la direction de l’enseignante Haviva Pedaya, qui a traduit la poésie et les lectures présentées.

Shahsar, d’origine iranienne, qui vit en Israël, a placé le ney, une ancienne flûte iranienne, sur sa lèvre supérieure et son téléphone portable sur sa jambe, en répétant l’ancien air turc qui parle d’amour et d’amitié soufis.

Shahsar est le « maître de la musique persane », a déclaré Pedaya à propos de l’instrumentiste d’origine iranienne. Elle l’a décrit comme la seule personne capable de tisser ensemble la soirée de musique turque et persane de la période des années 1300, lorsqu’une grande partie de la Perse et de la Turquie ne formaient qu’un seul empire.

« Le concept était tout simplement logique », a déclaré Pedaya. « Persan et turc réunis : Amir, réuni ces deux nuances. C’est un cantor et un muezzin, il est Juif, arabe, et polyglotte. »

Shahsar interprète des compositions originales teintées de son bagage d’influences persanes, turques, arméniennes et moyen-orientales. Sa musique est connue pour combiner les sons contemporains et traditionnels, sacrés et folkloriques.

Ce musicien de 58 ans est né en Iran et a joué de la flûte et du ney persan dès son plus jeune âge. À 24 ans, il part en Turquie, où il apprend la musique traditionnelle turque et soufie, ainsi que la clarinette turque, avant d’immigrer en Israël en 1989, où il ajoute l’oud à son répertoire.

L’instrumentiste perse, Amir Shahsar, au festival de l’Oud 2022. (Crédit : Festival de l’Oud)

C’est Shahsar qui a suggéré d’inclure les musiciens turcs, mais il avait également besoin d’autres artistes locaux « qui pouvaient vraiment jouer de tout », a-t-il déclaré.

Parmi les membres de son groupe figurent d’anciens élèves et des collègues musiciens. Carmel a appris à jouer du daf, un tambour large et léger, avec Shehsi, tandis que Weiss, qui joue habituellement de la guitare fretless, a appris le sitar persan il y a quelques mois.

Pendant la répétition, Shemesh a joué des notes semblables à celles d’un piano du santur, un instrument de l’ère biblique joué avec de minces marteaux en métal qui touchent les touches – une sorte de tympanon martelé.

Le morceau qu’ils répétaient était un long poème chantant sur l’amour et les relations, l’éveil spirituel et les concepts mystiques, a déclaré Shahsar, qui a ensuite offert une traduction improvisée en hébreu.

Haviva Pedaya, poète et professeure d’Histoire juive à l’université Ben Gurion du Néguev, qui dirige le Centre Elyachar pour l’héritage séfarade. (Crédit : Haviva Pedaya)

« C’est une musique joyeuse, mais les mots sont un peu douloureux », a déclaré Pedaya. « Ça s’enchaine et finalement, on se retrouve à rire des choses les plus tristes à travers la musique. »

Le festival annuel de l’oud fête sa 23e édition avec un programme complet de spectacles d’artistes locaux et de passage, dont Mira Awad, du hip-hop palestinien et de la musique électronique pour les plus jeunes au bar Mazkeka, et une soirée célébrant le nouvel album de Riff Cohen.

La jeune génération apportera également sa contribution au festival, notamment avec les chanteurs liturgiques, Shir Yifrach et Yahala Lachmish et une série d’événements dans la cour du théâtre Khan avec des musiciens du département de musique orientale de l’Académie de musique de Jérusalem.

Pour plus d’informations et l’achat des billets, rendez-vous sur le site du festival l’Oud.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...