Les USA prêts à faciliter les pourparlers sur la frontière maritime Israël-Liban
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Les USA prêts à faciliter les pourparlers sur la frontière maritime Israël-Liban

Le président libanais Michel Aoun a lui appelé Israël à s'abstenir de toute activité d'exploration pétrolière et gazière dans la zone maritime revendiquée par Beyrouth

Sur cette photo publiée par le gouvernement libanais, le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires politiques David Hale prend la parole après une rencontre avec le président libanais Michel Aoun, au palais présidentiel à Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 15 avril 2021. (Crédit : Dalati Nohra / Gouvernement officiel libanais via AP)
Sur cette photo publiée par le gouvernement libanais, le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires politiques David Hale prend la parole après une rencontre avec le président libanais Michel Aoun, au palais présidentiel à Baabda, à l'est de Beyrouth, au Liban, le 15 avril 2021. (Crédit : Dalati Nohra / Gouvernement officiel libanais via AP)

Un haut responsable américain a proposé jeudi l’aide de Washington pour faciliter les négociations entre Israël et le Liban afin de résoudre leur différend sur la frontière maritime.

« Ces négociations pourraient dégager des avantages économiques importants pour le Liban », a déclaré le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques David Hale dans un communiqué à la presse après une rencontre avec le président libanais Michel Aoun, au palais présidentiel, à Baabda, à l’est de Beyrouth.

« C’est d’autant plus capital dans le contexte de la grave crise économique à laquelle le pays est confronté. Au besoin, des experts internationaux peuvent être appelés pour nous conseiller », a ajouté Hale.

C’est la première fois qu’un responsable de l’administration Biden s’empare d’une question ouverte par l’administration Trump au cours de ses derniers jours en fonction – la majorité des analystes ne s’attendaient pas alors à ce que le président sortant parvienne à sortir de l’impasse.

Le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques, David Hale, à droite, rencontre le ministre libanais des Affaires étrangères Charbel Wehbe, à Beyrouth, au Liban, le 14 avril 2021. (Crédit : AP Photo / Hussein Malla)

Dans le cadre de l’entretien, le président libanais Michel Aoun a appelé Israël à s’abstenir de toute activité d’exploration pétrolière et gazière dans la zone maritime revendiquée par Beyrouth. Il a insisté à l’issue de la réunion sur le « droit » du Liban de « faire évoluer sa position en fonction de ses intérêts et conformément au droit international et aux principes constitutionnels ». Il a réclamé qu’Israël s’engage « à ne pas effectuer de travaux (…) d’exploration dans le champ de Karish et les eaux adjacentes ». 

Quelques jours auparavant, le ministre libanais des Travaux publics sortant a déclaré qu’il avait signé un décret qui augmenterait la superficie revendiquée par son pays dans le différend avec Israël sur la frontière maritime. Le ministre israélien de l’Énergie Yuval Steinitz a répondu en accusant le Liban d’avoir « saboté » les négociations entre les deux pays pour résoudre le problème.

Le ministre libanais des Travaux publics, Michel Najjar, a déclaré aux journalistes qu’il avait signé un amendement au décret qui étendrait officiellement les revendications du Liban de 1 430 kilomètres carrés.

Najjar a toutefois déclaré que son décret nécessiterait la signature du ministre de la Défense, du Premier ministre et du président avant d’entrer en vigueur.

En plus d’avoir provoqué la colère d’Israël, cette décision unilatérale a probablement agacé les États-Unis, car aucun des alliés n’envisage de reconnaître l’extension de Beyrouth dans la zone contestée.

« Il semble que le Liban préfère saboter les pourparlers plutôt que d’essayer de parvenir à des solutions consensuelles », a déclaré Steinitz dans un communiqué.

« Malheureusement, ce ne sera pas la première fois depuis 20 ans que les Libanais modifient leurs cartes navales à des fins de propagande », a-t-il poursuivi. « De toute évidence, Israël va contrecarrer toutes les mesures unilatérales libanaises. »

Le ministre de l’Énergie Yuval Steinitz à la commission de la Knesset pour l’Intérieur et la Protection de l’environnement, le 22 juillet 2020. (Crédit : Adina Velman, porte-parole de la Knesset)

Le Liban traverse la pire crise économique et financière de son histoire récente et prévoit de commencer cette année à forer à la recherche de pétrole et de gaz dans la zone contestée. Le dossier des hydrocarbures est ainsi particulièrement stratégique pour le Liban en faillite, qui mise sur la prospection pour enrayer un effondrement économique total.

Le Liban a signé en 2018 son premier contrat d’exploration avec un consortium international formé des groupes français Total, italien ENI et russe Novatek. 

Techniquement en état de guerre, les deux pays voisins ont entamé début octobre des négociations inédites sur la zone, de 860 kilomètres carrés, selon une carte enregistrée auprès de l’ONU en 2011 mais que Beyrouth juge aujourd’hui erronée.

Ces négociations, lancées sous l’égide de l’ONU et des États-Unis pour délimiter la frontière maritime entre le Liban et Israël dans l’optique de lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures, ont eu lieu à un poste de l’ONU le long de la frontière des deux nations. Elles ont buté dès fin novembre après trois rencontres, et le processus est au point mort.

Israël avait alors accusé le Liban d’avoir « changé » de position sur la démarcation de leur frontière maritime, Beyrouth ayant demandé d’inclure une zone supplémentaire de 1 430 km2 plus au sud, s’étendant sur une partie du champ gazier de Karish qu’Israël a confié à la société grecque Energean.

Les négociations représentent les premiers pourparlers non-sécuritaires tenus entre les deux pays, qui restent techniquement en état de guerre et n’ont pas de relations diplomatiques après des décennies de conflit. La résolution du problème de la frontière pourrait ouvrir la voie à des accords pétroliers et gaziers lucratifs pour les deux parties.

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