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Expo-photo au Mémorial de la Shoah

L’esprit de l’Allemagne de Weimar au 3e Reich, capturé par l’appareil de Sandler

Chute de la république de Weimar, montée et fin du nazisme, de 1920 à 1954, August Sandler a photographié ses compatriotes allemands, "persécuteurs" comme "persécutés"

Capture de la couverture d'un livre d'August Sandler intitulé "Citizens of the twentieth century" (Crédit: Knmork/Wikimedia Commons)
Capture de la couverture d'un livre d'August Sandler intitulé "Citizens of the twentieth century" (Crédit: Knmork/Wikimedia Commons)

Le Mémorial de la Shoah inaugure dimanche 8 avril une exposition consacrée au travail d’August Sandler, spectateur attentif de ses concitoyens allemands durant la première moitié du 20e siècle.

L’exposition, qui court jusqu’au mois de novembre, propose des « images aussi prodigieuses que troublantes » explique le commissaire de l’exposition qui vante le pouvoir des photographies de Sandler: celui de dévoiler « l’intrigante vérité d’une époque ».

Promoteur de la « nouvelle objectivité » l’artiste se concentre davantage sur les sujets, oubliant tous les effets de style. Il impose ainsi son réalisme dans les expositions de son travail durant les années 1920 en présentant des portraits par catégories : paysans, intellectuels, anarchistes, etc…

De la chute de la république de Weimar, en passant par l’ascension et la fin d’Adolf Hitler et du 3e Reich, Sandler place « devant son objectif « persécutés » et « persécuteurs » : militants communistes, tsiganes, prisonniers politiques, membres des jeunesses hitlériennes, soldats, officiers SS et Juifs ».

Il tire le portrait des Juifs de Cologne alors que ceux-ci se rendent dans son studio afin de faire des photos d’identité nécessaires aux papiers que leur imposent les autorités.

« Entre 1938 et 1939, August Sander réalise de nombreux portraits de Juifs de Cologne qui, répondant à l’obligation de refaire leur pièce d’identité pour y marquer la lettre « J », se rendent chez le photographe, explique le site du Mémorial. Ces portraits sont réalisés par l’artiste avec soin, retenue et gravité, bien qu’ils soient destinés à des papiers d’identité ».

Ses descendants poursuivent encore à l’heure actuelle ces portraits des hommes du 20e et désormais du 21e siècle.

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