L’Etat de droit « s’affaiblit », dit Rivlin dans une critique voilée de Netanyahu
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L’Etat de droit « s’affaiblit », dit Rivlin dans une critique voilée de Netanyahu

Quelques jours après que le Premier ministre a évoqué un "coup monté", le président a averti que saper l'attachement à l'indépendance judiciaire est "une grave erreur"

Le président Reuven Rivlin a mis en garde lundi contre un respect déclinant de l’Etat de droit en Israël, des propos considérés comme une critique voilée des attaques lancées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu contre le Procureur-général et contre la police.

« Faire appliquer la loi n’est pas toujours un travail plaisant. Cela signifie parfois utiliser la force contre des citoyens et non contre des ennemis étrangers », a déclaré le président lors d’une cérémonie de remise de distinctions au sein de la police israélienne organisée à Jérusalem.

« Cela mène, à de nombreuses occasions, à des situations impossibles… et c’est une tâche délicate et complexe qui vous est confiée », a dit Rivlin aux agents.

« Mais malheureusement, il me semble que le respect pour l’Etat de droit s’est affaibli au cours des années », a-t-il dit. « La loi est dorénavant considérée comme artificielle, restrictive, pénible ».

Rivlin a ajouté que les tentatives d’affaiblissement de l’Etat de droit étaient une « grave erreur », disant que la loi est le « fondement de notre société et de notre nation ».

Le procureur-général Avichai Mandelblit — qui devrait faire savoir s’il a l’intention d’inculper Netanyahu pour des faits de corruption dans les prochaines semaines – est de plus en plus critiqué par le Premier ministre et ses soutiens. Le Premier ministre a également accusé directement la police de mener une vendetta politique à son encontre, avec la connivence de la gauche et des médias.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une réunion de la commission de contrôle de l’État à la Knesset, le 3 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu et ses alliés du Likud ont rejeté les enquêtes pour corruption impliquant le Premier ministre en disant qu’elles relevaient d’une « chasse aux sorcières ».

Ils ont accusé la gauche, les médias et la police d’exercer des pressions sur Mandelblit en faveur d’une inculpation de Netanyahu mais, jusqu’à ces derniers jours, ils se sont abstenus d’attaquer directement le procureur-général.

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