L’Etat va enquêter sur l’explosion du budget du futur avion du Premier ministre
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L’Etat va enquêter sur l’explosion du budget du futur avion du Premier ministre

Le coût de l'"Air Force One" d'Israël est passé de 50 à 160 millions de dollars, et on ne sait toujours pas quand l'avion et son équipement spécial entreront en service

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle aux journalistes sur le tarmac de l'aéroport Ben Gurion avant d'embarquer pour New York, le 25 septembre 2018 (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu parle aux journalistes sur le tarmac de l'aéroport Ben Gurion avant d'embarquer pour New York, le 25 septembre 2018 (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Le Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira a annoncé dimanche qu’il enquêterait sur l’achat d’un avion d’Etat officiel destiné au Premier ministre et au président, un projet qui représente des centaines de millions de shekels dans le budget et plusieurs années de retard.

Shapira a fait cette annonce dans une lettre envoyée au cabinet du Premier ministre, à l’armée israélienne, au Conseil de sécurité nationale et aux industries aéronautiques israéliennes, les informant de son intention d’enquêter sur la prise de décision concernant le projet, les dépassements budgétaires et les retards.

L’avion est arrivé en Israël en 2016 et devait être opérationnel un an plus tard, mais on ne sait toujours pas quand il pourra être mis en service. Tous les détails de l’avion sont interdits de publication par la censure militaire.

Le contrôleur de l’État, Yossef Shapira, assiste à la présentation du rapport du contrôleur de l’État à la Knesset, le 14 mars 2018. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

L’avion est principalement destiné à transporter le Premier ministre dans le monde entier lors de ses fréquents voyages à l’étranger et doté d’équipements spéciaux pour lui donner une plus grande autonomie, des moyens de défense variés et la possibilité de maintenir la communication avec Israël à tout instant.

Le président Reuven Rivlin pourra également utiliser l’avion sophistiqué, bien qu’il se soit dit ravi de continuer à emprunter les vols commerciaux de compagnies aériennes.

L’avion du Premier ministre a été approuvé pour la première fois en 2014 par la Commission Goldberg, qui a également approuvé la construction d’une nouvelle résidence et d’un bureau pour le Premier ministre.

À l’époque, un rapport publié dans le quotidien financier The Marker indiquait que les responsables du Trésor estimaient que l’achat de l’avion n’était pas justifié, mais la Commission avait déclaré que la décision ne devait pas être fondée uniquement sur des considérations financières.

La décision était par ailleurs survenue après un tollé public à l’époque, résultant de révélations que le gouvernement avait dépensé 450 000 shekels (112 500 euros) pour équiper un avion El Al d’un lit pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’occasion d’un vol de cinq heures vers le Royaume-Uni.

Actuellement, un appel d’offres est lancé aux compagnies aériennes israéliennes chaque fois que le Premier ministre se déplace. Le système fonctionne bien pour les destinations de moyenne distance comme l’Europe, où les trois compagnies aériennes israéliennes sont en mesure de rivaliser, mais pour les voyages à plus longue distance – comme vers les États-Unis – seul El Al dispose d’avions capables de voler sans escale.

Selon un reportage de la Deuxième chaîne d’août 2016, El Al a profité de l’absence de concurrence pour facturer des prix très élevés pour ces vols et, à une occasion, exiger 4 000 euros pour la mise à disposition d’une bouteille à oxygène pour Shimon Peres, alors président, qui avait alors préféré voler avec Air Canada.

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