Israël en guerre - Jour 138

Rechercher

L’histoire de quelques-uns des 21 soldats tués dans l’explosion à Gaza

Cedrick Garin est passé de petit délinquant à soldat exemplaire ; Ahmad Abu Latif était "fier d’être Bédouin israélien" ; Elkana Vizel a laissé un mot à ses proches

Des proches du soldat israélien Elkana Vizel assistent à ses funérailles au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 23 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des proches du soldat israélien Elkana Vizel assistent à ses funérailles au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 23 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Vingt-et-un soldats israéliens ont été tués, lundi, dans l’incident le plus meurtrier pour l’armée israélienne depuis le début de l’opération terrestre.

La tragédie s’est produite lorsque le groupe de réservistes a été attaqué avec des lance-grenades dans le sud de la bande de Gaza, ce qui a déclenché une explosion qui a fait s’effondrer deux bâtiments sur les soldats qui se trouvaient à l’intérieur.

Voici l’histoire de quelques-uns de ceux qui sont tombés au champ d’honneur :

Sergent de première classe (rés.) Cedrick Garin, 23 ans, de Tel Aviv

Né aux Philippines, c’est enfant que Garin est arrivé en Israël avec sa mère, qui travaillait comme femme de ménage de très longues heures chaque jour.

Adolescent, il a abandonné l’école et versé dans la criminalité jusqu’à ce que la police se présente un jour chez lui pour l’arrêter, lui qui était soupçonné d’une infraction violente. Garin a alors demandé à ce que sa mère ne le voie pas menotté.

« Elle s’est mise à pleurer, j’ai soudain vu à quel point je lui rendais la vie difficile et à quel point elle se sentait seule », a-t-il confié plus tard au site Internet de Tsahal, assurant que ce moment avait changé le cours de sa vie.

Il s’est ensuite engagé dans l’armée – faisant son possible pour convaincre les autorités, en dépit de ses démêlés judiciaires –, allant même, au prix d’un travail acharné, jusqu’à décrocher une lettre de félicitations de la part du chef du commandement sud de Tsahal pour la qualité de son service.

Sa mère, Imelda, a dit sa peine sur Facebook, mardi : « Comment faire face à tout cela, maintenant que tu es parti ? Tu vas tellement me manquer. Je t’aime, mon enfant. Je ne t’oublierai jamais. »

Le sergent de première classe (rés.) Cedrick Garin avec sa sœur et sa mère en 2021. (Crédit : Tsahal)

Sergent-chef (rés.) Elkana Vizel, 35 ans, de Bnei Dekalim

Commandant d’escouade, maitre d’école en primaire et ancien élève de la yeshiva Ramat Gan Hesder, Vizel laisse dans la peine sa femme Galit et leurs quatre enfants, ainsi que ses parents et sept frères et sœurs. Il avait insisté pour revenir dans la réserve après avoir été blessé lors de l’opération Bordure protectrice, en 2014.

À la demande de sa femme, Vizel avait rédigé un mot avant de partir pour la bande de Gaza, dont le contenu a été publié dans les médias mardi.

« Si vous lisez ces mots, c’est que quelque chose m’est arrivé. Si j’ai été kidnappé, j’exige qu’aucun accord ne soit conclu pour me faire libérer en échange de la libération d’un terroriste. Notre victoire absolue est plus importante que tout », avait-il écrit.

« Peut-être suis-je mort au combat. Quand un soldat meurt au combat, c’est triste. Mais je vous demande d’être heureux. Ne soyez pas triste quand vous me direz au revoir. Ayez du cœur, tenez-vous par la main et donnez-vous de la force les uns les autres. Nous avons tant de raisons d’être fiers et heureux. Nous sommes en train d’écrire les moments les plus importants de l’histoire de notre pays et même du monde entier. Alors s’il vous plaît, soyez heureux, restez optimistes, continuez à faire prévaloir la vie, toujours. Et répandez l’amour, la lumière et l’optimisme. »

Les soldats tués dans le centre de la bande de Gaza, le 22 janvier 2024 : En haut (de gauche à droite) : Sgt. major (Rés.) Mark Kononovich, Sgt. première classe (Rés.) Israel Socol, Sgt. major (Rés.) Adam Bismut, Sgt. major (Rés.) Shay Biton Hayun, Sgt. major (Rés.) Itamar Tal, Sgt. major (Rés.) Daniel Kasau Zegeye, Sgt. première classe (Rés.) Cedrick Garin ; au milieu : Sgt. première classe (Rés.) Hadar Kapeluk, Sgt. major (Rés.) Matan Lazar, Cpt. (Rés.) Ariel Mordechay Wollfstal, Master Sgt (Rés.) Elkana Vizel, Cpt. (Rés.) Nir Binyamin, Sgt. première classe (Rés.) Sagi Idan, Sgt. première classe (Rés.) Ahmad Abu Latif ; en bas : Sgt. major (Rés.) Rafael Elias Mosheyoff, Sgt. première classe (Rés.) Nicholas Berger, Master Sgt (Rés.) Yoav Levi, Sgt. première classe (Rés.) Yuval Lopez, Sgt. première classe (Rés.) Elkana Yehuda Sfez, Sgt. major (res.) Sergey Gontmaher, Sgt. major (Rés.) Barak Haim Ben Valid. (Crédits : Armée israélienne/autorisations ; montage : Times of Israel)

Sergent de première classe (rés.) Ahmad Abu Latif, 26 ans, de Rahat

Agent de sécurité très apprécié de l’Université Ben Gurion à Beer Sheva, Abu Latif était père d’une fillette d’un an. Il laisse également dans la peine son épouse, ses parents et 11 frères et sœurs.

En octobre, il avait tout fait pour convaincre l’armée de le recruter dans la réserve, après avoir fait son service dans l’unité dite des traqueurs bédouins, également connue sous le nom d’unité de reconnaissance du désert – il avait publié un message passionné sur la page Facebook de l’université, pour dire sa « fierté d’être un Bédouin israélien ».

« Je suis heureux quand j’ai l’occasion de rencontrer des gens de notre société et de faire des rencontres qui transcendent les cultures », avait-il écrit. « Je suis heureux de pouvoir inviter mes amis à manger de la viande et du maqluba à Rahat, et de pouvoir être accueilli dans le jardin des gens du kibboutz Shoval qui jouent de la guitare et chantent des chansons de rockeur israélien Yehudit Ravitz. »

Hamed, son oncle, a déclaré qu’Ahmad était « une personne pleine de vie qui voulait défendre son pays », ajoutant que, même lorsqu’il vivait à Beer Sheva, il rendait visite chaque semaine à ses amis et sa famille à Rahat.

Le sergent de première classe (rés.) Ahmad Abu Latif, tué dans le centre de la bande de Gaza le 22 janvier 2024. (Crédit : Tsahal)

Sergent-major (rés.) Rafael Elias Mosheyoff, 33 ans, de Pardes Hanna-Karkur

Mosheyoff, qui laisse dans la peine sa femme et un petit garçon d’un an, avait fait son alyah depuis la Colombie alors qu’il était enfant. Adolescent, il avait dû travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, et avait donc quitté l’école sans décrocher son Bagrut, ce qui ne l’avait pas empêcher de faire des études d’ingénieur logiciel au College Braude d’ingénierie de Karmiel, après avoir obtenu son diplôme préparatoire avec mention.

Il travaillait comme développeur de missiles chez Rafael Advanced Defense Systems et donnait des cours particuliers à des enfants placés en famille d’accueil.

Son beau-père, David Siyonov, a déclaré aux médias israéliens qu’il avait parlé à Mosheyoff à 15 heures, ce lundi, soit une heure environ avant l’explosion qui l’a tué.

« Il m’a dit qu’ils étaient en train de nettoyer la zone. Il a dit qu’ils ne rentreraient pas tant qu’ils n’auraient pas éliminé tous les terroristes qui se trouvaient là-bas », a-t-il déclaré. « À 2 heures du matin, ma fille m’a appelé pour m’annoncer la triste nouvelle. La Terre d’Israël et les combats, c’était très important pour lui. »

Des proches du soldat israélien Hadar Kapeluk assistent à ses funérailles au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 23 janvier 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Sergent-major (rés.) Matan Lazar, 32 ans, de Haïfa

Infirmier à l’hôpital Carmel, Lazar est le 11e ancien élève de l’école hébraïque Reali de Haïfa à être tué depuis le 7 octobre.

Sa mère, Yosefa, a déclaré mardi que la famille aiderait sa veuve, Ilana, ainsi que le fils du couple, âgé de deux ans, demandant à la population d’arrêter de semer la division.

« Je demande à tous de s’unir et d’en finir avec ces sottises pour qu’il ne soit pas mort en vain, ce qui serait une perte énorme pour le pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que Lazar avait rejoint la réserve dès 10 heures du matin le 7 octobre, « et dit que c’était un honneur de servir le pays ».

Des soldats portent le cercueil de leur camarade Elkana Vizel lors de ses funérailles au cimetière du Mont Herzl à Jérusalem, le 23 janvier 2024. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Ont également été tués dans le drame de lundi :

• Sergent de première classe (rés.) Hadar Kapeluk, 23 ans et originaire de Mevo Beitar, commandant d’escouade du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Sergueï Gontmaher, 37 ans et originaire de Ramat Gan, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Sergent de première classe (rés.) Elkana Yehuda Sfez, 25 ans et originaire de Kiryat Arba, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Sergent de première classe (rés.) Yuval Lopez, 27 ans et originaire d’Alon Shvut, membre du 9206e bataillon de la 205e brigade.

• Le sergent-chef (rés.) Yoav Levi, 29 ans et originaire de Yehud-Monosson, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Sergent de première classe (rés.) Nicholas Berger, 22 ans et originaire de Jérusalem, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Barak Haim Ben Valid, 33 ans et originaire de Rishon Lezion, commandant d’escouade dans le 6261e bataillon de la 261e brigade.

• Capitaine (rés.) Nir Binyamin, 29 ans et originaire de Givatayim, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Sergent de première classe (rés.) Israel Socol, 24 ans et originaire de Karnei Shomron, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Ariel Mordechay Wollfstal, 28 ans et originaire d’Elazar, membre du 9206e bataillon de la 205e brigade.

• Sergent de première classe (rés.) Sagi Idan, 24 ans et originaire de Rosh Haayin, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Mark Kononovich, 35 ans et originaire d’Herzliya, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Itamar Tal, 32 ans et originaire de Mesilot, membre du 6261e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Adam Bismut, 35 ans et originaire de Karnei Shomron, commandant d’escouade dans le 6261e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Shay Biton Hayun, 40 ans et originaire de Zichron Yaakov, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

• Le sergent-major (rés.) Daniel Kasau Zegeye, 38 ans et originaire de Yokneam Illit, membre du 8208e bataillon de la 261e brigade.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.