L’homme accélère l’extinction des espèces, selon une étude
Rechercher

L’homme accélère l’extinction des espèces, selon une étude

Gil David, expert en science des données, estime que l'exploitation de la Terre par l'homme a entraîné l'extinction de 5 800 espèces par causes naturelles en seulement 100 ans

La grenouille peinte de Hula, originaire du nord d'Israël, a été déclarée éteinte, puis redécouverte et qualifiée de "fossile vivant". (Crédit : avec l'aimable autorisation de Sarig Gafny)
La grenouille peinte de Hula, originaire du nord d'Israël, a été déclarée éteinte, puis redécouverte et qualifiée de "fossile vivant". (Crédit : avec l'aimable autorisation de Sarig Gafny)

Le rythme auquel les espèces disparaissent est 58 fois plus rapide qu’il ne le serait sans l’impact de l’homme sur l’environnement, a calculé Gil David, expert israélien en science des données.

David, dont le blog, Data Science Storytelling, propose des textes, des graphiques et des diagrammes sur une multitude de sujets, a analysé les informations transmises par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – une organisation qui détient les données les plus complètes sur l’état de conservation des espèces biologiques dans le monde.

L’organisation publie également une « liste rouge » de toutes les espèces qui se sont éteintes ou qui se sont très probablement éteintes, n’ayant plus été observées au cours des 100 dernières années.

« Depuis le début de la vie sur Terre, il y a eu au moins cinq extinctions massives au cours desquelles plus de 75 % des espèces animales et végétales ont disparu de la surface de la Terre en un temps relativement court », écrit David. « Court comment ? En termes géologiques, cela signifie qu’en moins de deux millions d’années [à chaque fois], la plupart des espèces se sont éteintes. »

Dans la nature, écrit David, deux espèces de vertébrés par million d’espèces s’éteignent chaque année – ce qui équivaut à deux espèces sur 10 000 tous les 100 ans.

Il s’agit d’une estimation prudente, a-t-il précisé, certains scientifiques ayant cité des taux beaucoup plus faibles de 0,1 extinction par million d’espèces et par an.

Un vautour à tête blanche, que l’on croyait éteint en Israël, a été aperçu dans la réserve naturelle de Hai Bar à Yotvata, dans le sud d’Israël, le 29 avril 2021. (Crédit : Noam Weiss/ International Birding and Research Center, Eilat)

Pour obtenir une image réactualisée, David s’est penché sur les informations de l’UICN concernant 50 000 espèces de vertébrés appartenant aux cinq principales classes biologiques – mammifères, reptiles, amphibiens, oiseaux et poissons.

« Si nous comparons le taux d’extinction des espèces au cours des 100 dernières années au taux d’extinction naturel des espèces sur la Terre, il semble que, alors que nous aurions pu nous attendre à voir environ deux extinctions pour 10 000 espèces en 100 ans et un total d’environ huit extinctions pour tous les vertébrés, ce sont en pratique 520 espèces qui se sont éteintes – le taux d’extinction actuel est donc 58 fois supérieur au taux naturel », écrit-il.

« Autrement dit », ajoute-t-il, « il aurait fallu naturellement 5 800 ans pour voir l’extinction du nombre d’espèces de vertébrés qui se sont éteintes au cours des 100 dernières années ».

« Cela signifie que nous avons pu entasser 5 800 ans d’extinction en seulement 100 ans. Et c’est vraiment effrayant, car si ce rythme d’extinction se poursuit, d’ici quelques milliers d’années (et certains disent même quelques centaines), plus de 75 % des espèces disparaîtront de la surface de la Terre, ce qui a nécessité plus d’un million d’années lors des précédentes extinctions de masse. »

David accuse « l’exploitation effrénée des ressources de la Terre, la déforestation massive, la pollution incontrôlée de l’air, de la Terre, des mers et des lacs, la chasse intense et sans entrave en mer et sur terre, et l’asservissement égoïste des animaux et de la nature pour nos seuls besoins ».

« Tous ces éléments et bien d’autres encore détruisent les animaux et éliminent leurs habitats de vie et de reproduction naturels », écrit-il.

Mais, ajoute-t-il, il existe encore une chance d’arrêter cette dite « sixième extinction ».

« Si nous mettons un terme à la déforestation et rendons à la nature certaines des vastes zones que nous avons pillées pour cultiver de la nourriture pour les animaux d’élevage, nous mettrons fin à la pollution de l’air, de la mer et de la terre, nous ralentirons le réchauffement climatique, nous protégerons les dizaines de milliers d’espèces menacées et nous permettrons aux écosystèmes de se rétablir et de se réhabiliter. Si seulement nous pouvions agir de manière responsable et comprendre que nous faisons partie d’un écosystème complexe sur la Terre, peut-être pourrions-nous arrêter la sixième extinction de masse, dont les conséquences risquent d’être catastrophiques pour la race humaine également. »

David précise qu’il est important de noter que les estimations qu’il a utilisées sont « extrêmement prudentes, tant en ce qui concerne l’hypothèse du taux d’extinction naturel sur Terre (qui est probablement inférieur), qu’en ce qui concerne le taux réel d’extinction des espèces au cours des derniers siècles (qui est probablement supérieur). Cela renforce l’hypothèse de nombreux experts selon laquelle la sixième extinction de masse a déjà commencé et qu’elle est entièrement due à l’homme ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...