Liban : le Premier ministre Saad Hariri reconduit à son poste
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Liban : le Premier ministre Saad Hariri reconduit à son poste

Le Liban est régi par un système de partage des pouvoirs: le président est nécessairement chrétien, le Premier ministre musulman sunnite, le président du Parlement musulman chiite

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri donne sa première interview télévisée le 12 novembre 2017, huit jours après avoir annoncé sa démission (Crédit : Capture d'écran)
L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri donne sa première interview télévisée le 12 novembre 2017, huit jours après avoir annoncé sa démission (Crédit : Capture d'écran)

Le Premier ministre libanais sortant Saad Hariri a été reconduit jeudi à son poste et chargé de former un nouveau gouvernement, son troisième mandat en près de 10 ans dans ce pays aux équilibres fragiles et à l’économie vacillante.

Le chef de l’Etat Michel Aoun a « convoqué le Premier ministre Saad Hariri et l’a chargé de former un gouvernement », après des consultations parlementaires contraignantes, conformément à la Constitution, deux semaines après les élections législatives, a indiqué la présidence sur son compte Twitter.

Lors des consultations entre le président de la République et les partis politiques, M. Hariri, 48 ans, a été reconduit par une grande majorité des élus et en un temps record, en dépit de son revers électoral.

Aux élections du 6 mai, son parti, le Courant du Futur, a perdu le tiers de ses sièges et dispose désormais de 21 députés, contre 33 dans le Parlement sortant.

Ces consultations interviennent au lendemain de la séance plénière, la première tenue par la nouvelle Assemblée parlementaire, durant laquelle les députés ont réélu Nabih Berri à la tête du Parlement, un poste qu’il occupe depuis 1992.

M. Hariri est le fils de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre assassiné en 2005 dans un attentat à Beyrouth imputé à la Syrie, alors puissance de tutelle au Liban.

Après avoir été un farouche opposant au Hezbollah chiite, engagé militairement aux côtés du régime de Bachar al-Assad dans la guerre en Syrie voisine, Saad Hariri s’est résolu à afficher une image d’unité.

« Défis »

« Le nouveau gouvernement devra consolider la politique de distanciation (des conflits régionaux, notamment la guerre en Syrie) et poursuivre les efforts fournis pour faire face à la crise des réfugiés et mener les réformes nécessaires » promises à la conférence internationale d’aide au Liban en avril à Paris, a affirmé M. Hariri dans des déclarations après sa reconduction.

Le Liban avait reçu des promesses d’aides de plus de 11 milliards de dollars lors de cette conférence, en contrepartie de l’application d’un vaste plan de réformes structurelles. L’application de cette stratégie de relance dépendra en grande partie de l’entente interne et de la formation d’un nouveau gouvernement, qui fait souvent l’objet au Liban d’âpres discussions et peut durer plusieurs mois.

« Toutes les parties sont conscientes des défis auxquels nous faisons face et ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise », a déclaré M. Hariri lors d’une conférence de presse au palais présidentiel.

Sur son compte Twitter, il a réitéré sa volonté ainsi que celle de tous les partis politiques de « former un nouveau cabinet dans les plus brefs délais ».

M. Hariri avait déjà été à la tête du gouvernement entre 2009 et 2011 puis depuis fin 2016.

Le pays a tenu le 6 mai ses premières élections législatives depuis 2009, après trois prorogations par l’Assemblée sortante, pour des raisons de sécurité liées au conflit en Syrie, mais aussi à des divisions sur la loi électorale.

Ce scrutin a été marqué par un faible taux de participation de 49,2 % et la consolidation de l’influence du Hezbollah.

Le Liban est régi par un système complexe de partage des pouvoirs entre les différentes communautés religieuses : le président est nécessairement chrétien, le Premier ministre musulman sunnite et le président du Parlement musulman chiite.

Le pays, qui accueille 1,5 million de réfugiés venus de Syrie, est en proie à une corruption endémique et affiche une dette publique qui culmine à 150 % de son PIB.

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