Liberman met en garde Gantz de ne pas recommander Netanyahu sans accord ferme
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Liberman met en garde Gantz de ne pas recommander Netanyahu sans accord ferme

La Knesset doit voter demain pour un candidat pour le poste de Premier ministre ; si elle échoue, elle sera dissoute et le pays se dirigera vers un quatrième scrutin

Le dirigeant d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lors d'une conférence à l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 24 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le dirigeant d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lors d'une conférence à l'Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 24 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a mis en garde mercredi Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan, de ne pas recommander Benjamin Netanyahu au poste de Premier ministre demain si l’accord de coalition n’était pas finalisé. Il a estimé que cela reviendrait à donner au Premier ministre du pouvoir sans aucune garantie en échange.

Liberman a souligné que si Netanyahu obtenait 61 recommandations à la Knesset, il obtiendrait le contrôle de la commission des Arrangements, chargée de la composition des autres commissions, et cela alors qu’aucun gouvernement permanent n’a été investi.

Il a affirmé que Netanyahu trouvera un moyen de poignarder Gantz dans le dos si ce dernier lui accordait son soutien.

La Knesset doit voter demain pour un candidat pour le poste de Premier ministre. Si elle échoue, elle sera automatiquement dissoute à minuit et le pays se dirigera vers un quatrième scrutin.

Yair Lapid s’exprime lors d’une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur la place Rabin de Tel Aviv, le 19 avril 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le chef de la formation politique Yesh Atid-Telem, Yair Lapid, a conclu la session en évoquant le plaidoyer de l’opposition contre les amendements à des lois fondamentales d’Israël dans le cadre de l’accord de coalition Likud-Kakhol lavan.

Il a déclaré que les parties « attaquent la démocratie israélienne » et « déchirent nos valeurs communes ».

Il a estimé qu’il était mensonger de dire que le nouveau gouvernement était un gouvernement d’urgence.

« Si c’était un gouvernement d’urgence, nous assisterions à une lutte pour les ministères de la Santé, des Finances, de l’Economie, de l’Intérieur et pour la commission des Finances », a-t-il dit. « Tout cela compte lors d’une crise économique. Personne ne s’est disputé ces postes. »

Les députés israéliens ont commencé à voter mercredi sur des amendements à l’accord de gouvernement d’union conclu par le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son ex-rival Benny Gantz, qui doit encore être approuvé par la Cour suprême pour être validé.

La semaine dernière, le procureur général d’Israël, Avichaï Mandelblit, qui avait inculpé Benjamin Netanyahu, a écrit à la Cour suprême pour indiquer que, selon lui, les lois israéliennes n’empêchaient pas le Premier ministre sortant de diriger le prochain gouvernement malgré sa mise en examen.

Mais le procureur avait dans le même temps évoqué des « difficultés (légales) importantes » dans l’accord Netanyahu/Gantz.

Or ces dernières heures, et à la vue d’amendements apportés à l’accord, M. Mandelblit a indiqué au plus haut tribunal du pays « qu’il n’y a aucun obstacle juridique à sa validation », selon un communiqué de son bureau.

La Knesset, le Parlement israélien, a indiqué qu’environ 1 000 demandes de modifications avaient été formulées, et le vote des parlementaires pourrait s’étirer sur plusieurs heures, voire jusqu’à jeudi.

Au final, la décision d’invalider ou non l’accord gouvernemental appartient aux 11 des 15 juges de la Cour suprême qui se penchent sur ce dossier.

Ils doivent rendre leur décision jeudi, date à laquelle le mandat du Parlement pour désigner un Premier ministre arrive à échéance.

Ces dix derniers jours, Benjamin Netanyahu a multiplié les annonces de déconfinement, ce qui fait dire à l’opposition que la nécessité pour cet accord n’est plus d’actualité.

« Une mère célibataire avec deux enfants, qui vit dans un appartement loué et a perdu son emploi se retrouvera à la rue le mois prochain », a encore déclaré Lapid. « C’est à cela que nous devrions nous attaquer, et non pas quel politicien obtient quel job ».

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