Liberman: Netanyahu se présente aux élections pour un bon arrangement juridique
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Liberman: Netanyahu se présente aux élections pour un bon arrangement juridique

Le Likud affirme qu'Yisrael Beytenu est de mèche avec la Liste arabe unie; Kakhol lavan demande à Mandelblit d'enquêter sur les transactions boursières de Netanyahu avec son cousin

Le président d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, intervient au journal télévisé de la Douzième chaîne, le 22 février 2020. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)
Le président d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, intervient au journal télévisé de la Douzième chaîne, le 22 février 2020. (Capture d'écran de la Douzième chaîne)

Le président d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a affirmé samedi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne souhaite faire de bons résultats lors des prochaines élections du 2 mars seulement pour pouvoir obtenir un accord dans les affaires pénales qui le concernent.

Netanyahu « ne se présente pas à ces élections pour former un gouvernement. Il se présente afin de renforcer sa position et de conclure un accord », a déclaré M. Liberman à la Douzième chaîne de télévision.

« Rien d’autre ne l’intéresse », a déclaré M. Liberman dans un autre post sur Facebook. « Plus il sera performant aux élections, surtout si le Likud devient le plus grand parti, il pense que cela l’aidera à limiter les dégâts de ses problèmes juridiques ».

Pour sa part, le parti Likud a répondu en déclarant dans un communiqué que Liberman « crache des bêtises parce qu’il est en détresse politique », ajoutant que le seul accord en préparation est celui entre Yisrael Beytenu et la Liste arabe unie pour former un gouvernement dirigé par Kakhol lavan avec le soutien extérieur du parti à majorité arabe fréquemment utilisé comme punching-ball des partis de droite et du centre.

Le député Eli Avidar, membre de la faction de Liberman, a prédit séparément samedi lors d’une interview à Jérusalem que Netanyahu ne serait pas le prochain Premier ministre après les élections et que la fenêtre pour parvenir à un accord dans les trois affaires auxquelles le Premier ministre est confronté se referme.

Entre-temps, le parti Kakhol lavan a fait appel au procureur général Avichai Mandelblit samedi pour enquêter sur l’implication de Netanyahu dans la soi-disante affaire des actions. L’affaire est basée sur la découverte, l’année dernière, que Netanyahu et son cousin Nathan Milikowsky étaient actionnaires de l’entreprise publique de production d’acier GrafTech International.

Nathan Milikowsky en 2013, à San Francisco. (Crédit : Drew Altizer Photography)

Selon un reportage de la Treizième chaîne l’année dernière, M. Netanyahu n’a pas divulgué ses participations dans GrafTech, qu’il avait acquises lorsqu’il n’était pas Premier ministre.

Dans sa lettre de samedi à Mandelblit, Kakhol lavan a cité une ancienne directive de la Cour suprême qui demande aux forces de l’ordre d’enquêter immédiatement sur les allégations concernant les candidats avant les élections afin que le public ait le plus d’informations possible sur eux avant qu’ils ne se rendent aux urnes.

Le ministre des Affaires sociales du Likud, Ofir Akunis, a rejeté les allégations contre Netanyahu et a déclaré que la police, plutôt que d’enquêter sur le Premier ministre, devrait immédiatement interroger le président de Kakhol lavan, Benny Gantz, quelques jours après que le procureur général par intérim, Dan Eldad, a ordonné une enquête sur une société de cybersécurité dirigée par Gantz avant sa faillite.

« Les forces de l’ordre, qui se sont empressées de déposer leur mise en accusation contre le Premier ministre alors qu’il n’était même pas en Israël, ne devraient pas attendre un seul jour avant de convoquer Benny Gantz pour un interrogatoire de police dans une affaire qui est prétendument grave et qui concerne le détournement de l’argent des contribuables », a déclaré M. Akunis lors d’une interview en direct sur scène à Netanya samedi.

Ofir Akunis arrive pour une réunion du Likud à Jérusalem, le 28 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Gantz a déclaré vendredi que la décision de procéder à une enquête sur son ancienne société Fifth Dimension avait été influencée par des facteurs politiques. Dans une interview accordée à la Douzième chaîne, il a également nié tout méfait tout en réitérant son soutien aux enquêteurs et à leur droit de procéder à une enquête sur lui.

Quoi qu’il en soit, Mandelblit a indiqué que Gantz, qui était président de Fifth Dimension, n’est pas un suspect dans cette affaire.

Pendant ce temps, à neuf jours seulement de l’élection, le numéro deux de Kakhol lavan, Yair Lapid, a affirmé samedi que l’alliance centriste n’est qu’à deux ou trois sièges de pouvoir former une coalition à « majorité juive ». Lapid n’a pas expliqué comment il est arrivé à de tels calculs. À l’exception du parti de gauche Travailliste-Gesher-Meretz, qui n’a pas obtenu plus de 10 sièges, aucun autre parti n’a promis de recommander que Gantz soit nommé Premier ministre après les élections. Même les sondages les plus généreux n’ont pas donné à Kakhol lavan plus de 35 sièges, ce qui signifie que même avec les quelque sept sièges que devrait recevoir Yisrael Beytenu, le parti de Gantz est loin des 61 sièges requis.

Le président du parti Travailliste-Gesher-Meretz, Amir Peretz, a appelé les électeurs de centre-gauche à abandonner le parti Kakhol lavan, disant aux militants du parti à Sakhnin qu’il était plus important pour Gantz d’avoir des partenaires de coalition forts que pour l’alliance centriste d’être le plus grand parti de la Knesset.

« La taille du bloc est ce qui détermine [qui sera Premier ministre] et nous, les Travaillistes-Gesher-Meretz, sommes les membres les plus loyaux du bloc du centre-gauche », a déclaré M. Peretz.

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