Lindsey Graham encouragera la reconnaissance du plateau du Golan
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Lindsey Graham encouragera la reconnaissance du plateau du Golan

Après avoir arpenté le nord d'Israël avec le sénateur américain proche de Trump, Netanyahu a estimé que cette démarche était cohérente avec les politiques pro-israéliennes de Trump

Le sénateur américain Lindsey Graham, à gauche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l'ambassadeur américain en Israël David Friedman, à droite, lors d'une visite dans le plateau du Golan, le 11 mars 2019 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le sénateur américain Lindsey Graham, à gauche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l'ambassadeur américain en Israël David Friedman, à droite, lors d'une visite dans le plateau du Golan, le 11 mars 2019 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

En visite dans la partie du plateau du Golan annexée par l’Etat juif, Lindsey Graham, sénateur américain influent et allié du président Donald Trump, a affirmé lundi qu’il œuvrerait pour que les Etats-Unis reconnaissent la souveraineté israélienne sur cette zone stratégique. Une démarche qui, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu, est conforme aux politiques pro-israéliennes mises en œuvre par le président américain.

Netanyahu a visité le plateau stratégique, qui borde la Syrie et a été saisi en 1967, en compagnie du sénateur de Caroline du Sud et de l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman.

À la suite de sa visite, le sénateur républicain a indiqué qu’il voulait « persuader l’administration de changer la désignation habituelle : le Golan ne fait pas l’objet d’un conflit. Il n’est pas au centre d’un conflit », a-t-il asséné.

Sous Donald Trump, les Etats-Unis ont adopté une politique vigoureusement pro-israélienne dans le conflit avec les Palestiniens ou dans les forums internationaux comme l’ONU.

Mi-novembre, les Etats-Unis ont pour la première fois voté contre une résolution de l’ONU considérant l’annexion israélienne du Golan « nulle et non avenue ». C’est le seul pays à avoir voté contre aux côtés d’Israël.

Netanyahu se sert de sa relation privilégiée avec le président américain comme argument de campagne, présentant les gains israéliens comme des succès personnels dont ses concurrents seraient incapables.

« D’un point de vue stratégique, je me tiens sur l’un des plus importants morceaux de terre de l’Etat d’Israël, à qui voudriez-vous le rendre ? », a demandé le sénateur américain, aux côtés de M. Netanyahu et de l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, un autre proche de M. Trump.

Faisant référence au président syrien Bashar el-Assad et à ses alliés iranien et russe, il a ajouté: « Vous allez le donner à Assad ? Je ne crois pas. Vous feriez tout aussi bien de le donner à l’Iran ».

L’Iran est le grand ennemi régional d’Israël.

« Vous allez le donner à la Russie? Je ne pense pas. Donc, il faut abandonner l’idée que ce territoire revienne à quelqu’un d’autre », a-t-il dit.

Les propos de Graham ont été salués par Netanyahu dans une déclaration en hébreu. Le Premier ministre a semblé suggérer que l’appui apporté par Trump à Israël pourrait mener à la reconnaissance de la souveraineté israélienne dans le Golan par les Etats-Unis.

« Ce que vous avez pu entendre de la bouche du sénateur Graham, ce sont des propos extrêmement forts qui expriment ce qu’est la politique du président Trump, celle du soutien à Israël. Et les Américains progressent maintenant dans cette démarche très concrète – conserver le plateau du Golan au sein d’Israël. Le cas échéant, notre frontière serait avec l’Iran sur le lac de Tibériade et nous ne pouvons accepter cela », a dit Netanyahu. « Actuellement, Israël partage une frontière avec la Syrie sur le plateau du Golan. »

Le Premier ministre faisait ici référence aux inquiétudes israéliennes face aux activités militaires iraniennes croissantes dans le pays voisin.

« J’ai été très heureux d’entendre ces déclarations. Je pense que c’est une initiative très importante et très, très prometteuse pour notre sécurité nationale », a ajouté le Premier ministre.

Israël a conquis une grande partie du Golan syrien lors de la guerre des Six Jours en 1967 puis l’a annexée, une décision qui n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. Avec la guerre en Syrie, Israël a renouvelé ses appels en direction des gouvernements amis en leur demandant de reconnaître que l’Etat juif ne rendrait jamais ce territoire important au niveau stratégique au régime d’Assad, ce qu’aucun pays n’a fait pour le moment.

Le sénateur américain Lindsey Graham et le Premier ministre Benjamin Netanyahu visitent le plateau du Golan le 11 mars 2019 (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Les sénateurs Ted Cruz et Tom Cotton ont vivement recommandé aux Etats-Unis de reconnaître le Golan comme israélien, même si une législation en ce sens doit encore faire son chemin.

Le président américain qui, au mois de décembre 2017, est devenu le premier dirigeant des Etats-Unis à reconnaître Jérusalem, capitale d’Israël, n’a pas commenté la question. La Maison-Blanche n’a pas répondu à une demande de réaction.

Un porte-parole du département d’Etat a affirmé que la politique à l’égard du plateau du Golan « n’a pas changé ». Il a renvoyé toute question éventuelle vers Graham.

Au mois de septembre, l’ambassadeur américain avait, lui, déclaré qu’il espérait que le plateau annexé reste « pour l’éternité » sous contrôle israélien.

Au mois d’août, durant un séjour en Israël, le conseiller à la sécurité nationale John Bolton avait toutefois noté qu’une telle reconnaissance de souveraineté n’était pas actuellement débattue.

« Manifestement, nous comprenons qu’Israël revendique l’annexion du plateau du Golan – nous comprenons ce point de vue – mais il n’y a pas de changement dans le positionnement des Etats-Unis pour le moment », avait-il confié à l’agence Reuters au cours d’une interview.

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