L’information donnée par Trump aux Russes viendrait de Jordanie et non d’Israël
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L’information donnée par Trump aux Russes viendrait de Jordanie et non d’Israël

Al-Jazeera cite des responsables jordaniens qui doutent que les espions israéliens puissent avoir le même accès de haut niveau à l'EI que les agents jordaniens

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le président américain  Donald Trump sur la pelouse de la Maison Blanche, à Washington, D.C., le 17 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery/AFP)
Le président américain Donald Trump sur la pelouse de la Maison Blanche, à Washington, D.C., le 17 mai 2017. (Crédit : Olivier Douliery/AFP)

Ce serait la Jordanie et non Israël qui serait à la source d’une information des services de renseignements qui a été donnée par le président américain Donald Trump aux Russes, a annoncé le réseau al-Jazeera, basé au Qatar, citant des responsables des services secrets jordaniens actuels et passés.

Les spéculations sont allées bon train sur le pays qui se trouve à l’origine de cette information qui – selon un récit du Washington Post a fait l’effet d’une bombe lundi – Trump aurait dévoilé ces informations aux responsables russes la semaine dernière à la Maison Blanche. Trump avait ultérieurement confirmé et défendu la transmission de détails sensibles en ce qui concerne les menaces terroristes potentielles.

L’espion aurait transmis des informations sur un projet de l’Etat islamique (EI) pour faire exploser un vol commercial à destination des Etats-Unis en cachant une bombe dans un ordinateur portable, selon des responsables actuels et passés des services secrets américains.

Toutefois, des sources jordaniennes ont affirmé à Al-Jazeera qu’il était peu probable qu’Israël ait pu introduire un espion-clé au sein de l’EI, groupe terroriste djihadiste.

Les sources ont indiqué que les informations transmises par Trump aux Russes venaient majoritairement d’espions jordaniens. La Jordanie, ont-elles affirmé, a développé des ressources au niveau de ses services secrets avec des agents sur le terrain, dont certains ont infiltré des groupements de milices, dont l’EI, en Syrie et en Irak.

Des combattants de l'Etat islamique, près de la frontière entre la Syrie et l'Irak (Crédit : YouTube capture d'écran / Vice)
Des combattants de l’Etat islamique, près de la frontière entre la Syrie et l’Irak (Crédit : YouTube capture d’écran / Vice)

« Lorsqu’il s’agit de l’EI, contrairement à la Jordanie, Israël s’appuie sur des collectes de surveillance électronique et sur ses accords pour les renseignements avec ses partenaires arabes », a indiqué l’une des sources, qui s’est exprimée sous couvert d’anonymat.

Le reportage note que plusieurs milliers de Jordaniens ont d’ores et déjà rejoint l’EI depuis sa fondation il y a quelques années, dont d’anciens officiers militaires. Un grand nombre d’entre eux occupent dorénavant des postes à responsabilité au sein du groupe terroriste.

Pour leur part, les médias américains continuent à affirmer que c’est Israël qui est à l’origine de ces renseignements. Le Wall Street Journal a rapporté mercredi soir que de nombreux responsables américains avaient confirmé la source israélienne de l’information, évoquant « la source la plus précieuse concernant les complots extérieurs fomentés par l’Etat islamique. »

Les responsables américains, familiarisés avec la collecte d’informations secrètes sur l’EI, ont souligné que l’espion – ou les espions – étaient particulièrement dignes de confiance en ce qui concernait ces renseignements sur les efforts du groupe terroriste visant à préparer des attentats contre des avions de ligne.

Ils ont affirmé que même si Israël a publiquement fait savoir que la coopération avec Washington resterait inchangée, en privé, des responsables israéliens « fulminent », s’inquiétant que « depuis des mois, Trump ait exposé des secrets d’état, même involontairement, à cause de son manque d’expérience dans la gestion des informations classifiées et de sa propension à des propos spontanés. »

Il reste certains désaccords concernant la portée de l’impact de la révélation de Trump dans les efforts menés par les services de l’antiterrorisme, indique le reportage. Tandis que certains doutent de la façon dont les Russes peuvent repérer la source de l’information en Syrie, un responsable explique qu’une telle éventualité pourrait être toutefois compromise. Un autre aurait déclaré qu’il faudra un moment avant que l’étendue des dégâts ne se présente véritablement.

Toutefois, « tous les responsables s’accordent sur le fait que la révélation impromptue du président a ébranlé la confiance des agents des renseignements de carrière dans la capacité de Trump à garder des secrets, et a exacerbé les tensions de longue haleine entre lui et la communauté des renseignements », indique le reportage.

Un reportage diffusé à la télévision israélienne mercredi soir a fait savoir que le renseignement classifié concernant les activités de l’EI venait directement de Raqqa, capitale auto-proclamée du groupe terroriste en Syrie, et qu’il avait pour origine les renseignements militaires de l’armée israélienne.

Mardi matin, Trump s’est entretenu au téléphone avec le roi Abdallah II de Jordanie, a expliqué la Maison Blanche. En Israël, le bureau du Premier ministre a confirmé plus tard que le président a également échangé avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, mais que la conversation a porté exclusivement sur la visite de Trump en Israël la semaine prochaine.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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