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Que celui qui a faim vienne et mange

L’initiative talmudique de nourrir les SDF adoptée par un bagel shop du Missouri

Ancienne éducatrice à Hillel, la fondatrice de Goldie's Bagels, Amanda Rainey, a pour objectif d'intégrer les valeurs juives dans ses activités quotidiennes

Goldie's Bagels à Columbia, MO, distribue gratuitement des bagels et du café à ceux qui n'ont pas les moyens de payer. (Crédit : JTA)
Goldie's Bagels à Columbia, MO, distribue gratuitement des bagels et du café à ceux qui n'ont pas les moyens de payer. (Crédit : JTA)

« Que celui qui a faim vienne et mange. »

C’est la citation du Talmud – le livre de la loi juive – qui accueille les clients chez Goldie’s Bagels à Columbia, dans le Missouri, en leur indiquant que toute personne n’ayant pas les moyens de payer pourra recevoir gratuitement un café et un bagel, avec du fromage frais.

Cette promesse est au cœur de la mission du magasin : Lancé sous forme de popup en 2020, Goldie’s vise à imprégner ses activités quotidiennes des valeurs juives.

« Tout ce que je voulais en ouvrant Goldie’s, c’etait de pouvoir être ouvertement fière d’être juive », a déclaré la fondatrice Amanda Rainey au Jewish Telegraphic Agency cette semaine, après qu’une affiche sur l’initiative Neighbors Account soit devenue virale sur les réseaux sociaux.

Amanda Rainey, qui travaillait auparavant comme éducatrice juive au centre Hillel de l’université du Missouri, a ouvert Goldie’s dans les locaux du restaurant Pizza Tree, qui appartient à son mari. Elle a déménagé dans ses propres locaux l’hiver dernier, apportant avec elle un levain utilisé pour la fabrication de ses bagels. (Selon la tradition boulangère, le levain a un nom – Seymour).

En plus des bagels, Goldie’s sert des desserts ashkénazes traditionnels comme le babka et le rugelach. Sur son compte Instagram, on peut voir des challot rondes et moelleuses, des sandwichs aux œufs préparés avec du zhug, un condiment épicé qui vient des Juifs du Yémen, et des « bagels tzitzel », une confiserie roulée dans de la semoule qui est unique à Saint-Louis. (Ce n’est pas casher : Il y a un sandwich avec de la viande et du fromage frais sur le menu). Le mot de passe du wifi est « MAZEL TOV ». Le printemps dernier, un seder de Pessah a été organisé pour le personnel du magasin.

C’est le seder qui a inspiré l’enseigne. Le principe de nourrir les nécessiteux est tellement ancré dans la tradition juive ; la citation du Talmud affichée au comptoir est traditionnellement récitée en araméen lors du seder, lorsqu’est racontée la sortie des Juifs d’Égypte.

Avant de l’afficher, Goldie’s distribuait déjà des bagels gratuits aux sans-abri du centre-ville de Columbia, tout comme Pizza Tree le faisait avec ses tranches de pizza. Et Goldie’s subventionnait déjà cet effort avec les dons que d’autres clients faisaient de manière informelle. « Parfois, les gens nous glissaient maladroitement de l’argent », se souvient Rainey.

Mais après le seder, un membre du personnel a suggéré d’expliquer l’initiative et d’afficher la citation du Talmud dans la boutique. Il y est indiqué que les clients qui ne peuvent pas payer peuvent demander au personnel de mettre leur repas sur le « compte des voisins ».

Après que l’affiche est devenue virale, des gens de tout le pays ont proposé de faire des dons, raconte Rainey. Mais elle dit préférer que tout reste local.

« Nous avons tellement de personnes généreuses dans notre communauté », déclare Rainey. « Ces personnes devraient donner de l’argent à ceux qui vivent près de chez eux, leurs propres voisins ».

Rainey dit que le magasin reçoit peut-être deux dons de 5 $ par jour, ce qui aide à rembourser le solde du compte, et le magasin ne prend pas de dons à moins qu’il y ait un solde impayé. Elle espère que cette initiative encouragera d’autres restaurants de la région à prendre des mesures similaires. Pendant la pandémie, d’autres entreprises avaient déjà entrepris d’offrir des repas gratuits aux familles avec enfants, et des groupes d’aide mutuelle s’occupaient des personnes sans logement.

Mais l’objectif du « Neighbors Account » est d’accueillir les gens dans le magasin – et de leur donner plus qu’un simple repas.

« C’est un bagel et un café, mais quand vous avez dormi dans la rue et qu’il est 7 heures du matin, un bagel et un café vous aident vraiment », a déclaré Rainey. « Et aussi, nous apprenons le nom des gens, nous prenons de leurs nouvelles. Nous les traitons comme des êtres humains. Et puis d’autres personnes de la communauté voient cela et, nous l’espérons, s’en inspireront. »

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