L’Iran accuse Israël d’avoir testé un missile à capacité nucléaire
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L’Iran accuse Israël d’avoir testé un missile à capacité nucléaire

Le ministère israélien de la Défense avait confirmé un test d'un système de propulsion de missile, sans fournir d'autres détails

Des traces laissées après le tir d'une roquette depuis une base du centre d'Israël dans le cadre d'un test du 6 décembre 2019. (Crédit)
Des traces laissées après le tir d'une roquette depuis une base du centre d'Israël dans le cadre d'un test du 6 décembre 2019. (Crédit)

Vendredi, Téhéran a accusé Israël d’avoir mené un test sur un missile à capacité nucléaire « visant l’Iran », après que le ministère israélien de la Défense a procédé à un tir présenté comme un « test d’un système de propulsion de missile ».

« Aujourd’hui, Israël a testé un missile à capacité nucléaire ciblant l’Iran », a tweeté le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Zarif s’exprimait probablement au sens figuré dans la mesure où Israël teste habituellement ses missiles au-dessus de la Méditerranée et non pas vers l’Iran, à l’est.

“E3 et les Etats-Unis ne se plaignent jamais du seul arsenal nucléaire en Asie de l’ouest – équipé de missiles conçus pour transporter des armes nucléaires – mais ils ont des crises d’apoplexie pour nos missiles conventionnels et à usage défensif « , a-t-il déclaré.

Ses commentaires sont intervenus un jour après que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont déclaré que « le développement par l’Iran de missiles à capacité nucléaire » va à l’encontre de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant Téhéran à ne pas mener d’activités liées à ce type de missiles.

Le ministère israélien de la Défense a donné quelques détails sur le test mené vendredi matin.

« Les responsables de la défense ont procédé il y a quelques minutes à un test d’un système de propulsion de missile depuis une base du centre du pays », a déclaré le ministère.

« Le test était prévu depuis longtemps et a été mené comme prévu ».

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, prononce un discours à l’ouverture de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, le 2 mars 2015, au siège des Nations Unies à Genève. (AFP/FABRICE COFFRINI)

Le ministère de la Défense a refusé de commenter la nature du missile qui était testé, laissant cours aux spéculations.

Les résidents de la zone ont rapporté avoir vu une trace blanche laissée par le missile.

Israël n’a pas reconnu publiquement avoir des missiles à capacité nucléaire dans son arsenal, même si selon des experts étrangers, l’Etat juif dispose d’un missile à capacité nucléaire, baptisé Jericho, qui a un moteur à plusieurs étages. Le missile aurait une portée de 5 000 km et serait capable de transporter des ogives nucléaires de 1 000 kg.

Ce genre de test est conduit dans le cadre du développement de plusieurs types de projectiles, des missiles d’attaque, des intercepteurs défensifs et des lanceurs de satellites. Quand il s’agit de tests d’intercepteurs et de lanceurs de satellites, le ministère de la Défense donne habituellement plus de détails sur la nature du test.

Alors que des experts étrangers ont estimé qu’Israël disposait d’un arsenal allant de quelques dizaines à quelques centaines d’armes nucléaires, l’Etat juif n’a jamais confirmé ou démenti publiquement de telles informations, conservant une politique d’ambiguïté nucléaire.

Le test de missile a nécessité de détourner temporairement les vols à destination de l’aéroport Ben Gurion.

Dans une lettre publiée mercredi, les trois pays européens ont appelé le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres à signaler au Conseil dans son prochain rapport que l’activité de l’Iran en matière de missiles balistiques est « incompatible » avec une résolution du Conseil approuvant l’accord nucléaire avec l’Iran en 2015.

Les trois pays européens évoquent notamment des images diffusées sur les « médias sociaux » le 22 avril 2019 montrant un essai d’une nouvelle version de missile balistique à moyenne portée Shahab-3, selon eux capable de transporter une arme nucléaire.

Un missile sol-sol Shahab-3 est exposé à proximité d’un portrait du guide suprême iranien l’Ayatollah Ali Khamenei lors d’une présentation de l’armée iranienne et du groupe paramilitaire des Gardiens de la Révolution célébrant la « Semaine de défense sacrée » qui marque le 39ème anniversaire du début de la guerre Iran-Iraq de 1980 à 1988, sur la place Baharestan dans le centre ville de Téhéran, en Iran, le 25 septembre 2019. (AP Photo/Vahid Salemi)

Les Européens ont noté qu’un rapport de 2015 de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) relatif aux éventuelles dimensions militaires du programme nucléaire de l’Iran concluait « que de nombreuses preuves indiquent des recherches poussées de la part de l’Iran en 2002 et 2003 pour armer le Shahab-3 d’une ogive nucléaire ».

Des officiels de l’administration Trump ont déclaré que l’Iran travaille pour obtenir des missiles à capacité nucléaire, ce que les Iraniens démentent.

Le président américain Donald Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire en mai 2018. Mais l’accord est encore soutenu par les cinq autres parties – la France, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine, qui ont tous un droit de véto au Conseil de sécurité – et l’Allemagne, qui occupe actuellement un mandat de deux ans au Conseil.

La lettre précise que « la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni affirment à nouveau [leur] ferme conclusion, à savoir que le développement par l’Iran de missiles à capacité nucléaire et les technologies associées sont incompatibles » avec la résolution du conseil relative aux missiles.

Cette résolution appelait l’Iran « à ne pas mener d’activités liées aux missiles conçus pour être capables de transporter des armes nucléaires ». La résolution n’impose cependant pas à Téhéran de mettre un terme à de telles activités, et le gouvernement iranien insiste pour dire que toutes ses activités balistiques sont légales et non liées au nucléaire.

Le Conseil de Sécurité a prévu une réunion le 19 décembre pour discuter de l’application de la résolution sur le nucléaire iranien.

L’an dernier, le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait appelé le Conseil à interdire les missiles iraniens capables de transporter des armes nucléaires et à maintenir un embargo sur les ventes d’armes qui doit être levé en 2020, selon l’accord sur le nucléaire.

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