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L’Iran convertit des sites militaires syriens en usines de missiles, selon Gantz

Le ministre de la Défense affirme que des munitions de précision sont destinées au Hezbollah, sur fond de recrudescence des frappes aériennes israéliennes en Syrie

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprimant lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 14 août 2022. (Crédit : AP Photo/ Tsafrir Abayov)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprimant lors d'une conférence de presse à Ramat Gan, le 14 août 2022. (Crédit : AP Photo/ Tsafrir Abayov)

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a révélé lundi une carte des installations militaires à travers la Syrie qui, selon lui, serviraient à fabriquer des munitions avancées pour l’Iran et ses groupes mandataires terroristes.

« L’Iran est en train de construire des installations destinées au terrorisme en Syrie pour répondre à ses besoins. Le pays a également initié, récemment, la construction d’industries de pointe au Yémen et au Liban. Il faut mettre un terme à cette pratique », a déclaré Gantz à New York.

Ces propos ont été tenus alors que le nombre de frappes aériennes attribuées à Israël en Syrie semble avoir augmenté.

Gantz a pointé du doigt le Centre d’études et de recherches scientifiques, connu sous le nom de CERS, qui possède une installation près de la ville de Masyaf, dans le nord-ouest de la Syrie, elle-même associée depuis longtemps à la production de missiles sol-sol de précision, à la fabrication de moteurs de roquettes et d’armes chimiques.

« Les sites que je vous révèle sur la carte, et en particulier le site souterrain de Masyaf où sont fabriqués des missiles de précision, constituent une menace potentielle importante pour la région et pour Israël », a déclaré Gantz, lors d’une conférence du Jerusalem Post.

Il a accusé l’Iran de transformer des sites militaires syriens en installations de fabrication de missiles à guidage de précision pour le Hezbollah et d’autres milices iraniennes dans la région. Il a affirmé que cela avait été Qassem Soleimani, le chef de la Force Quds iranienne, assassiné par les États-Unis en 2020, qui avait été à l’origine de cette initiative.

Sur cette photo publiée par ImageSat International on voit des dégâts au Centre d’études et de recherches scientifiques à Masyaf, en Syrie le 2 septembre 2022, (Crédit : ImageSat International).

Plusieurs bâtiments du CERS ont été endommagés lors d’une frappe aérienne attribuée à Israël le mois dernier. La zone autour de Masyaf, qui servirait de base aux forces iraniennes et aux milices pro-Iran, a été à plusieurs reprises ces dernières années la cible d’attaques largement attribuées à Israël.

Les bâtiments du CERS en particulier ont été ciblés à de nombreuses reprises. En mai, des images satellites ont montré qu’un site souterrain de la zone avait été visé.

Par principe, l’armée israélienne ne commente normalement pas ses frappes en Syrie, mais elle a admis avoir effectué des centaines de sorties visant des groupes soutenus par l’Iran qui tentent de s’implanter dans le pays. Elle a également reconnu avoir attaqué des cargaisons d’armes qui auraient été destinées à ces groupes, au premier rang desquels le Hezbollah libanais.

Une carte des sites militaires syriens qui seraient impliqués dans la fabrication de missiles avancés pour l’Iran, révélée par le ministre de la Défense Benny Gantz le 12 septembre 2022. (Crédit : ministère de la Défense)

Des frappes aériennes récentes attribuées à Israël ont interrompu les activités de deux grands aéroports en Syrie, dans le but, semble-t-il, de bloquer les tentatives de livraison d’armes au Hezbollah.

Des armes relativement volumineuses semblent être acheminées clandestinement via la Syrie à bord de compagnies de fret iraniennes, qui atterrissent régulièrement aux aéroports internationaux de Damas et d’Alep, ainsi qu’à la base aérienne de Tiyas, ou T-4, située à l’extérieur de la ville de Palmyre, dans le centre de la Syrie.

Les armes seraient ensuite stockées dans des entrepôts de la région avant d’être acheminées par camion au Liban.

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