L’Iran dit avoir démantelé un réseau d’espions américain de la CIA
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L’Iran dit avoir démantelé un réseau d’espions américain de la CIA

Un général a dit que "les vidéos et les confessions" seraient révélées ultérieurement et évoque un "réseau de contre-espionnage international" formé contre les Etats-Unis

Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, à Téhéran, le 17 janvier 2017. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)
Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, à Téhéran, le 17 janvier 2017. (Crédit : Ebrahim Noroozi/AP)

Un général iranien a affirmé lundi que les forces de sécurité de la République islamique avaient découvert et démantelé un « nouveau réseau » d’espions de la CIA agissant pour le compte des Etats-Unis, disant que de plus amples détails seraient révélés « dans un futur proche ».

Cette annonce survient en pleines tensions accrues entre les deux pays ennemis, face auxquelles Moscou et Pékin ont exprimé leurs inquiétudes.

La crise s’est accentuée avec l’annonce lundi par le Pentagone d’un renforcement du dispositif militaire américain au Moyen-Orient après que l’Iran a affirmé son intention de franchir bientôt une limite prévue par l’accord sur le programme nucléaire iranien censé limiter Les activités sensibles de Téhéran.

L’Iran et les Etats-Unis sont engagés dans un bras de fer depuis le retrait unilatéral américain en 2018 de l’accord nucléaire et le rétablissement de sanctions économiques américaines à Téhéran. Des attaques contre des pétroliers en mai et en juin derniers dans la région du Golfe, attribués par Washington à l’Iran, qui a démenti, ont jeté de l’huile sur le feu.

Ali Shamkhani, secrétaire du Conseil de sécurité national suprême, a ajouté que Téhéran et certains de ses alliés avaient formé un « réseau international de contre-espionnage » contre les Etats-Unis, selon l’agence de presse iranienne Mehr.

Shamkhani a noté que le ministère des Renseignements de Téhéran publierait « les vidéos et confessions relatives au dossier dans un avenir proche », a fait savoir l’agence.

« Nous avons fourni des informations sur le réseau exposé à certains pays alliés dans lesquels il opérait, ce qui a abouti à la mise à nu et au démantèlement de ce réseau d’agents américains et à la condamnation d’agents de la CIA dans différents pays », a-t-il ajouté.

Certains espions du réseau mis sur pied, selon Irna, par l’Agence centrale du renseignement des Etats-Unis (CIA), ont déjà été arrêtés et remis à la justice. L’agence ne donne toutefois aucun chiffre et ne précise pas la nationalité des suspects.

L’Iran et les Etats-Unis n’entretiennent plus de liens diplomatiques depuis 1980 et la révolution islamique.

Les relations se sont grandement détériorées depuis l’arrivée à la Maison Blanche du président Donald Trump, au mois de janvier 2017, et plus particulièrement depuis le retrait américain du traité sur le nucléaire iranien signé en 2015 par Téhéran et de grandes puissances mondiales.

Les tensions se sont davantage intensifiées depuis le mois d’avril, lorsque les Etats-Unis ont ajouté le corps des gardiens de la Révolution à leur liste noire des organisations terroristes et qu’ils ont renforcé les sanctions contre la République islamique.

Le chef suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei à Téhéran, à gauche, et le président Donald Trump à la Maison Blanche (Crédit : Crédit : Bureau du chef suprême iranien via AP, AFP PHOTO / JIM WATSON)

L’impasse a encore empiré ces dernières semaines après l’annonce par l’armée américaine du déploiement de renforts au Moyen-Orient en raison de « menaces iraniennes présumées » et après le sabotage de quatre navires à l’entrée du Golfe persique, le 12 mai.

Washington et Ryad ont accusé Téhéran d’être responsable de ces attaques – ainsi que d’autres attaques commises la semaine dernière contre deux pétroliers sur la mer d’Oman – des accusations que Téhéran a qualifiées de « risibles ».

La semaine dernière, l’Iran a libéré un ressortissant libanais placé en détention en 2015, car soupçonné d’espionnage pour le compte des Etats-Unis, un geste survenu dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et Washington.

Résident aux Etats-Unis et âgé d’une cinquantaine d’années, Nizar Zakka avait été arrêté au mois de septembre 2015 au cours d’un séjour dans le pays. Il avait été condamné au mois de juillet suivant.

Il est le dirigeant du groupe Arab ICT Organization, organisation à but non lucratif qui prône la croissance et le développement des technologies de l’information et des communications au Moyen-Orient.

L’AFP a contribué à cet article.

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