L’Iran expulsera les inspecteurs de l’AEIA si les sanctions ne sont pas levées
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L’Iran expulsera les inspecteurs de l’AEIA si les sanctions ne sont pas levées

Le député Ahmad Amirabadi Farahani a déclaré que le Parlement entérinera cette décision au 21 février, comme stipulé dans l'accord de 2015

Le législateur iranien Ahmad Amirabadi Farahani lors d'une interview télévisée. (Capture d'écran YouTube)
Le législateur iranien Ahmad Amirabadi Farahani lors d'une interview télévisée. (Capture d'écran YouTube)

Un député iranien a annoncé samedi que la République islamique expulsera les inspecteurs nucléaires des Nations unies si Washington ne lève pas les sanctions imposées.

« Si les sanctions contre la République islamique d’Iran ne sont pas levées d’ici le 21 février, et notamment dans les secteurs financiers, bancaires et pétroliers, nous expulserons indéfiniment les inspecteurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique du pays », a déclaré Ahmad Amirabadi Farahani dans une interview télévisée, selon une traduction anglaise de ses propos par l’agence de presse Mehr.

La présence des inspecteurs onusiens des sites nucléaires iraniens est un élément clé du pacte conclu en 2015 par l’Iran et les puissances mondiales. En vertu de cet accord, les sanctions contre l’Iran ont été levées en échange du démantèlement de l’armement nucléaire.

Les Etats-Unis se sont retirés unilatéralement de l’accord en 2018 et les autres pays signataires – Allemagne, France, Grande Bretagne, Chine et Russie – tentent par tous les moyens de sauver l’accord.

L’administration Trump a imposé des sanctions paralysantes à l’Iran tout en lui demandant de renégocier des conditions plus strictes à l’accord. L’Iran a refusé et a répondu en revenant sur ses propres engagements vis-à-vis de l’accord.
« Nous ne voyons aucune raison de remplir nos obligations tant que les sanctions ne sont pas levées », a déclaré Farahani.
« C’est la loi du Parlement iranien et le gouvernement est obligé de la mettre en œuvre », a-t-il souligné, se référant à la législation adoptée en novembre de l’année dernière et approuvée en décembre par le Conseil des gardiens de l’Iran.
Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’exprime lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre slovène (hors champ) après leur rencontre à Bled, dans les contreforts des Alpes juliennes, le 13 août 2020. (Jure Makovec/AFP)
Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a répondu samedi dans une déclaration que l’Iran a l’obligation de permettre la poursuite des inspections.
« Une fois de plus, le régime iranien utilise son programme nucléaire pour extorquer la communauté internationale et menacer la sécurité régionale », a déclaré Pompeo.
« La politique de la corde raide ne renforcera pas la position de l’Iran, mais conduira plutôt à un isolement et à une pression supplémentaires », a averti Pompeo, qui a demandé que l’expulsion des inspecteurs « soit condamnée par tous ».
Dimanche, le président du Parlement iranien a déclaré que le soi-disant Plan d’action global conjoint « n’est pas un accord sacré ; il s’agit simplement d’un accord visant à lever les sanctions dans les conditions acceptées par la République islamique ».
Mohammad-Bagher Ghalibaf a déclaré lors d’une session au Parlement que « le retour des États-Unis à l’accord n’est pas important pour nous », a rapporté l’agence de presse Mehr.
« C’est la levée pratique et tangible des sanctions qui importe vraiment », a-t-il déclaré, et il a lancé un avertissement aux nations occidentales qui soutiennent les États-Unis.
Le président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf. (Capture d’écran YouTube)
« Le front occidental doit savoir qu’il doit reconnaître les droits du peuple iranien ; sinon, il doit être prêt à payer le prix approprié », a-t-il déclaré.
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