L’Iran maintient sa journée al-Qods anti-Israël malgré la pandémie
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L’Iran maintient sa journée al-Qods anti-Israël malgré la pandémie

Les Iraniens vivant dans des zones considérées à faible risque de contamination au coronavirus seront autorisés à assister aux prières, mais les rassemblements restent interdits

Iranian demonstrators burn an Israeli and British flag during an annual pro-Palestinian rally marking Quds (Jerusalem) Day, on the last Friday of the holy month of Ramadan, at the Enqelab-e-Eslami (Islamic Revolution) St. in Tehran, on Friday (photo credit: AP Photo/Vahid Salemi)
Iranian demonstrators burn an Israeli and British flag during an annual pro-Palestinian rally marking Quds (Jerusalem) Day, on the last Friday of the holy month of Ramadan, at the Enqelab-e-Eslami (Islamic Revolution) St. in Tehran, on Friday (photo credit: AP Photo/Vahid Salemi)

Les Iraniens vivant dans des zones jugées à faible risque de contamination au coronavirus seront autorisés à assister aux prières de vendredi et notamment aux commémorations de la Journée al-Qods anti-Israël, a annoncé le président iranien Hassan Rouhani.

« Deux décisions ont été prises pour la journée al-Qods : la première est que la journée d’al-Qods sera maintenue dans les 218 villes blanches [considérées comme peu à risque], pas sous la forme de rassemblement, mais par la présence aux prières du vendredi, dans le respect des protocoles d’hygiène », a déclaré Rouhani lors d’une réunion du groupe de travail chargé de la lutte nationale contre le coronavirus, selon l’agence de presse semi-officielle Fars. A Téhéran, jugée ville à haut risque, une « cérémonie symbolique » sera organisée et un convoi sera supervisé par les Gardiens de la Révolution.

« Il a été décidé que le Corps des Gardiens de la Révolution sera chargé d’organiser les rassemblements », a fait savoir le président.

Le président iranien Hassan Rouhani donne une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 14 octobre 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)

Le mois dernier, l’Iran a organisé sa parade annuelle à l’occasion de la Journée de l’Armée, mais au lieu de la parade annuelle de missiles et d’avions, la République islamique a fait étalage de ses camions de désinfectant et de ses hôpitaux mobiles alors que le pays continuait à lutter contre la pandémie de coronavirus. L’Iran a annoncé vendredi que le Covid-19 avait fait près de 7 000 morts, tout en avertissant que l’assouplissement des mesures de confinement pourrait entraîner de nouvelles épidémies.

La journée al-Qods, habituellement marquée par des événements anti-israéliens et pro-palestiniens, a lieu le dernier vendredi du Ramadan, qui tombe cette année le 22 mai.

Al-Qods signifie « Jérusalem » en arabe.

La Journée Al-Qods a été instituée en 1979 par l’Ayatollah Khomeini, leader de la révolution iranienne. Elle est célébrée dans tout le Moyen-Orient et dans des pays du monde entier, notamment aux États-Unis. L’Iran, qui fournit des armes au Hezbollah et au Hamas – deux groupes terroristes déterminés à détruire Israël – affirment que cette journée est l’occasion d’exprimer leur soutien aux Palestiniens.

Les manifestants brûlent généralement des drapeaux américain et israélien, et l’an dernier, des effigies du président américain Donald Trump et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avaient connu le même sort à Téhéran. Des rassemblements similaires avaient eu lieu dans 950 villes et villages du pays.

Des soldats iraniens soutenus par l’Iran et des brigades du Hezbollah brûlent des drapeaux israélien et américain pendant la journée d’Al-Qods, à Bagdad, le 31 mai 2019/. (Crédit
: AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

En plus des projets pour la journée d’al-Qods, l’Iran prévoit de faire passer une loi selon laquelle la République islamique doit utiliser toutes « les capacités régionales et internationales pour faire face aux mesures du régime sioniste ».

Le porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, Hossein Naqavi Hosseini, a précisé que le projet de loi déclarerait que toute coopération ou espionnage au profit d’Israël équivaudrait à un acte contre Dieu.

En outre, l’utilisation de tout logiciel ou équipement israélien sera interdite. Il n’y a pas eu de clarification quant à la manière dont cela sera évalué ou mis en œuvre.

Ces deux annonces surviennent après que les autorités iraniennes ont confirmé qu’un incendie s’était déclaré vendredi matin dans un tombeau antique vénéré par les Juifs iraniens comme lieu de sépultures personnages bibliques Esther et Mordechai aurait été incendié dans la nuit de jeudi, tout en soulignant que l’édifice abritant les tombes n’a subi aucun dégât.

Le Tombeau d’Esther et Mordechaï à Hamadan, en Iran (Crédit : CC BY-SA Philippe Chavin/Wikipedia)

Une enquête a révélé qu’une personne avait été filmée par les caméras de vidéo-surveillance pénétrant dans le lieu saint via une banque adjacente et a « réalisé une série d’actions », mais « a échoué », selon les sites d’information de l’opposition, qui citaient un reportage de l’agence de presse contrôlée par l’État Islamic Republic News Agency (IRNA).

Le reportage indique que les caméras avaient filmé le visage de la personne, mais que « des informations concernant les motivations et l’identité de la personne ne peuvent être fournies avant son arrestation ».

Le reportage de l’IRNA a été effacé du site deux heures après sa mise en ligne samedi matin, selon Radio Farda et le site Iran International.

Cette attaque est survenue le 15 mai, au lendemain du 72e anniversaire de l’État d’Israël et appelé journée de la Nakba par certains dans le monde musulman – la Catastrophe – , ce qui laisse penser que cet incendie serait d’ordre criminel.

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