L’Iran nie vouloir négocier un accord sur son programme balistique avec les USA
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L’Iran nie vouloir négocier un accord sur son programme balistique avec les USA

La mission iranienne aux Nations unies affirme que les médias ont mal compris des propos "hypothétiques" du ministre des Affaires étrangères Zarif

Amir Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, à gauche, montre le missile balistique sol-sol Dezful au chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari lors d'une cérémonie d'inauguration dans un lieu qui n'a pas été dévoilé en Iran, le 7 février 2019 (Crédit : Sepahnews/site des gardiens de la révolution iranienne via AP)
Amir Ali Hajizadeh, chef de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution, à gauche, montre le missile balistique sol-sol Dezful au chef des Gardiens de la révolution, Mohammad Ali Jafari lors d'une cérémonie d'inauguration dans un lieu qui n'a pas été dévoilé en Iran, le 7 février 2019 (Crédit : Sepahnews/site des gardiens de la révolution iranienne via AP)

L’Iran a démenti mardi que son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif ait signalé une volonté de négocier avec les Etats-Unis au sujet du programme de missiles balistiques contesté mis en place par la République islamique.

« Les missiles iraniens ne sont en aucun cas et nullement négociables avec qui que ce soit ou quel pays que ce soit », a écrit sur Twitter le porte-parole de la mission iranienne à l’ONU, Alireza Miryousefi.

Zarif avait évoqué le programme de missiles balistiques mis en œuvre – ouvrant la porte aux supputations – au cours d’une interview accordée à la NBC qui a été diffusée lundi soir, filmée alors que le ministre iranien des Affaires étrangères se trouvait à New York pour des réunions aux Nations unies.

Zarif avait paru fixer un prix élevé à de telles négociations – l’arrêt des ventes d’armes américaines à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, deux alliés déterminants des Etats-Unis dans le Golfe persique.

Il avait affirmé que les Emirats arabes unis avaient dépensé 22 milliards de dollars (et 67 milliards pour l’Arabie saoudite) pour acquérir des armes l’année dernière, dont un grand nombre de fabrication américaine – alors que la République islamique, en comparaison, n’a acheté que pour un total de 16 milliards d’armements.

« Ce sont des armes américaines qui entrent dans notre région et qui placent cette dernière au bord de l’explosion », avait commenté Zarif. « Alors s’ils veulent parler de nos missiles, ils doivent avant tout cesser de vendre ces armes – et notamment des missiles – dans notre région. »

Le président américain Donald Trump regarde le secrétaire d’Etat Mike Pompeo lors de sa participation à une réunion du cabinet à la Maison-Blanche, le 16 juillet 2019 à Washington. (Crédit : Nicholas Kamm / AFP)

Certains médias avaient interprété ces propos comme indiquant que l’Iran souhaitait négocier des limitations de son programme de missile balistique pour apaiser les tensions entre Téhéran et Washington, qui sont aujourd’hui à leur apogée.

Mais Miryousefi a qualifié « d’hypothétique » la suggestion de Zarif et a vivement critiqué les médias pour avoir laissé entendre que l’Iran pouvait être encline à revoir à la baisse son « programme défensif de missiles ».

Le Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo aurait évoqué les propos en compagnie du président Donald Trump au cours d’une réunion du cabinet, mardi, selon Reuters.

Le ministre des affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une réunion de promotion de l’élimination des armes nucléaires pendant l’Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 26 septembre 2018 au siège de l’ONU. (Crédit : AP Photo/Bebeto Matthews)

Lors de cette rencontre, Trump aurait déclaré à son cabinet que « beaucoup de progrès » avaient été réalisés pour sortir de la situation actuellement dans l’impasse avec la République islamique.

Trump a retiré les Etats-Unis, l’année dernière, d’un accord international qui visait à réduire le programme nucléaire de l’Iran. Il a dans la foulée réimposé des sanctions écrasantes au pays.

Les tensions se sont accrues ces derniers mois dans le Golfe persique, les Etats-Unis annulant des frappes aériennes contre l’Iran à la dernière minute après la destruction par Téhéran d’un drone américain en vol.

De surcroît, Washington attribue à la République islamique la responsabilité d’une série d’attaques menées contre des pétroliers.

L’Iran, pour sa part, a renforcé l’enrichissement de ses stocks d’uranium au-delà de la limite qui avait été fixée par l’accord sur le nucléaire.

La semaine dernière, Téhéran a annoncé que son uranium enrichi avait franchi la limite de 3,67 % qui avait été déterminée dans le pacte de 2015, et dépassé également la limite de 300 kilogrammes imposée à ses stocks d’uranium.

L’Iran a fait face à une variété de sanctions économiques de la part de l’Occident depuis la Révolution islamique de 1979 et la prise d’otage de l’ambassade américaine à Téhéran. Ce qui a réduit sa capacité à acheter des armements avancés à l’étranger.

Tandis que les nations arabes du Golfe ont acheté des avions-chasseurs avancés, l’Iran s’appuie toujours sur des appareils américains datant d’avant 1975 ainsi que sur des MiG soviétiques vieillissants et autres équipements.

Face à cette pénurie, l’Iran a choisi d’investir lourdement dans son programme de missiles balistiques qui reste sous le contrôle des Gardiens de la révolution iranienne, qui n’en répondent que devant le chef suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei.

Khamenei aurait restreint la portée des missiles balistiques fabriqués en Iran à 2 000 kilomètres.

Tandis que l’Europe se trouve hors d’atteinte, les missiles iraniens pourraient frapper une grande partie du Moyen-Orient, notamment Israël et les bases militaires américaines de la région. La République islamique a fréquemment menacé d’annihiler l’Etat juif.

En sortant de l’accord sur le nucléaire iranien, Trump avait notamment reproché à la convention de ne pas prendre en compte le programme balistique du pays.

Les Etats-Unis craignent que la République islamique n’utilise sa technologie missile et son programme spatial pour fabriquer des missiles balistiques intercontinentaux à capacité nucléaire, ce que l’Iran nie vouloir faire.

L’AFP a contribué à cet article.

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