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Liste arabe unie : Odeh reproche à Raam de négliger les intérêts arabes

Le chef du parti d'opposition arabe israélien affirme que son parti est le seul de la Knesset "qui travaille selon sa conscience et dans l'intérêt des citoyens"

Le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh aux côtés des résidents de la ville arabe israélienne d'Akbara, dans le nord du pays, lors d'une manifestation, le 1er novembre 2019. (Crédit : David Cohen/FLASH90)
Le leader de la Liste arabe unie Ayman Odeh aux côtés des résidents de la ville arabe israélienne d'Akbara, dans le nord du pays, lors d'une manifestation, le 1er novembre 2019. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a vivement critiqué le parti arabe israélien Raam samedi soir, accusant la faction de la coalition d’abandonner les questions importantes pour la communauté arabe et de se concentrer plutôt « uniquement » sur les affaires internes.

« En tant que citoyens de ce pays, nous devons parler de la paix, de l’occupation, de la démocratie, de l’environnement – et pas seulement des routes municipales », a déclaré Odeh dans une interview à l’émission « Meet the Press » de la Douzième chaîne, affirmant que le parti Raam laissait tomber la communauté arabe d’Israël malgré son appartenance à la coalition au pouvoir.

« On ne demande pas aux Juifs pourquoi ils parlent des colonies ou de la bande de Gaza, mais on attend de l’Arabe en Israël qu’il ne parle que des questions internes », a accusé Odeh. « L’establishment a toujours voulu que nous ne parlions que des droits civils et économiques et rien d’autre. Un foyer national ? Seulement pour les Juifs, et je ne l’accepte pas. Nous faisons partie du peuple. »

Raam s’est présenté dans le cadre de la Liste arabe unie lors des élections précédentes, mais s’en est séparé en raison de la volonté d’Abbas de travailler avec le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avant les élections de mars de cette année.

En rejoignant la coalition lors de la formation du nouveau gouvernement en juin, Raam est devenu le premier parti arabe israélien à agir ainsi depuis des décennies et le premier à être un élément crucial dans le maintien de la majorité du gouvernement.

Raam affirme qu’il est désormais le seul parti arabe capable de faire avancer les réformes en faveur de la communauté arabe d’Israël, longtemps négligée, et que le refus de la Liste arabe unie de coopérer avec les coalitions successives a rendu le parti inutile.

Le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett (à gauche) discute avec Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, lors d’une session spéciale de vote pour le nouveau gouvernement à la Knesset, à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Crédit : EMMANUEL DUNAND/AFP)

L’accord de coalition avec Raam, dont le soutien est essentiel à l’existence du gouvernement, comprend des dizaines de milliards de fonds et des plans de développement gouvernementaux pour la société arabe, la légalisation de trois villages bédouins non reconnus et un amendement à la loi Kaminitz controversée de 2017, qui vise les constructions arabes illégales.

Mais Odeh a affirmé que Raam négligeait son électorat en ne prenant pas une position claire sur les questions diplomatiques et sécuritaires.

« Il y a une faction à la Knesset qui travaille selon sa conscience et pour le bénéfice des citoyens, et c’est la Liste unie », a-t-il déclaré.

Odeh a également critiqué la décision du gouvernement d’impliquer l’armée et l’agence de sécurité du Shin Bet dans la répression de la violence dans le secteur arabe.

« Je ne veux pas du Shin Bet pour les Arabes et de la police pour les Juifs. La question n’est pas d’ordre sécuritaire mais d’ordre civil », a déclaré Odeh.

Des Arabes israéliens protestent contre la violence, le crime organisé et les récents meurtres au sein de leurs communautés, dans la ville arabe de Majd al-Krum, dans le nord d’Israël, le 3 octobre 2019. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

Il a déclaré que Raam devait présenter un plan réaliste pour faire face à la violence « ou démissionner » de la coalition.

Au cours des dernières années, la violence dans les communautés arabes israéliennes a fortement augmenté, avec des règlements de compte entre gangs en plein jour, des coups de feu aux domiciles de maires, et avec la circulation de milliers d’armes à feu illégales et facilement accessibles.

Selon les responsables gouvernementaux et les experts de la société civile, cette violence est le fruit de décennies de négligence de la part de l’État. Plus de la moitié des Arabes israéliens vivent sous le seuil de pauvreté. Leurs villes comportent souvent des infrastructures en ruines, des services publics médiocres et peu de perspectives d’emploi, ce qui pousse certains jeunes à collaborer avec le crime organisé.

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