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L’ONU expulse l’Iran d’une commission sur les femmes, une première

Les États-Unis, Israël, le Canada, le Japon et un certain nombre de pays européens ont voté en faveur du retrait de l'Iran

La représentante permanente et ambassadrice des États-Unis Linda Thomas-Greenfield prend la parole lors de la 5e réunion plénière du Conseil économique et social concernant la radiation de la République islamique d'Iran de la Commission de la condition de la femme, au siège des Nations Unies à New York, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yuki IWAMURA / AFP)
La représentante permanente et ambassadrice des États-Unis Linda Thomas-Greenfield prend la parole lors de la 5e réunion plénière du Conseil économique et social concernant la radiation de la République islamique d'Iran de la Commission de la condition de la femme, au siège des Nations Unies à New York, le 14 décembre 2022. (Crédit : Yuki IWAMURA / AFP)

Succès d’une offensive diplomatique américaine contre sa bête noire iranienne: l’ONU a expulsé mercredi Téhéran d’une commission sur les droits des femmes, une sanction internationale « historique » contre la terrible répression par la République islamique des manifestations depuis septembre.

Le Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), réuni à son siège à New York, a voté le « retrait » avec « effet immédiat » de l’Iran de la Commission de la condition de la femme de l’ONU (CSW).

L’Ecosoc, qui chapeaute la CSW, s’est prononcé à 29 voix pour (16 abstentions et huit contre) afin de « sortir » Téhéran de cet organe pour le reste de son mandat jusqu’en 2026, à la suite de l’adoption d’une résolution soumise par les Etats-Unis — qui n’ont plus de relations diplomatiques avec l’Iran depuis 1980 – et qui était portée par une pétition internationale de plusieurs dizaines de milliers de signataires.

Les États-Unis, Israël, le Canada, le Japon et un certain nombre de pays européens ont voté en faveur du retrait de l’Iran.

La Chine et la Russie ont voté contre, et l’Inde s’est abstenu.

Les membres de la Commission des Nations unies sur le statut des femmes votent l’exclusion de l’Iran de l’organe des droits, le 14 décembre 2022. (Capture d’écran)

Moscou, qui coopère avec Téhéran dans son invasion de l’Ukraine, a tenté de bloquer le vote avec une objection de procédure, mais elle a été rejetée.

« Chaque État a non seulement le droit mais l’obligation de maintenir l’ordre public », a déclaré l’envoyé de la Russie à propos de la répression des manifestations, accusant les États occidentaux d’hypocrisie.

« Nous sommes-nous réunis au sujet de l’adhésion des États-Unis à la commission après la vague de violence et de vandalisme qui a suivi la mort de George Floyd ? », a-t-il lancé ?

La Chine a accusé la commission « d’intimidation, d’hypocrisie et de double standard ».

L’envoyé d’Israël auprès des Nations unies, Gilad Erdan, s’est dressé contre les activités terroristes de l’Iran au Moyen-Orient et a demandé instamment la fin des négociations nucléaires.

« La nature destructrice de ce régime ne peut être changée », déclare-t-il. « C’est un régime qui ne se soucie pas de son peuple, il ne se soucie que de sa propre survie ».

Il exprime son soutien aux manifestants iraniens pour les droits, en reprenant la devise des manifestants, « Femmes, vie, liberté », en farsi.

« Nous, Israéliens, saluons leur bravoure et nous considérons comme de véritables alliés du peuple iranien », dit-il.

Ce nouveau texte onusien « exprime une grave préoccupation quant aux agissements du gouvernement de la République islamique d’Iran depuis septembre 2022, lequel sape de manière continue et réprime de plus en plus les droits humains des femmes et des filles, notamment le droit à la liberté d’expression et d’opinion, souvent avec un usage excessif de la force ».

L’Ecosoc a ainsi « décidé de retirer avec effet immédiat l’adhésion de la République islamique d’Iran de la Commission de la condition de la femme pour le reste de son mandat 2022-2026 ».

« Vote historique »

La Maison Blanche, par la voix de son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, a salué « un vote historique (…) en réponse à la répression systémique des femmes et des filles par le régime iranien ».

M. Sullivan y a vu « un signe du consensus international de plus en plus large sur l’Iran ».

Il a assuré que « les Etats-Unis travaillaient avec leurs alliés et partenaires partout dans le monde pour que l’Iran rende des comptes sur les abus perpétrés contre son peuple, notamment des manifestants pacifiques, des femmes et des jeunes filles ».

La conseiller du président Joe Biden en a profité pour dénoncer dans un communiqué la « violence » du régime iranien, soutien de la Russie, « contre le peuple ukrainien ainsi que ses actions déstabilisatrices au Moyen-Orient » en allusion aux conflits indirects et rivalités depuis des décennies entre la République islamique chiite, Israël et les puissances arabes sunnites du Golfe.

Allié de Washington, Londres, par la voix de son ministre des Affaires étrangères James Cleverly, a enfoncé le clou sur Twitter : « Un régime qui réprime brutalement les femmes et les filles iraniennes n’a pas sa place au sein de la commission » de l’ONU.

Du côté des organisations de défense des droits humains, comme l’américaine Human Rights Watch (HRW), la réponse des Nations unies est toutefois « très loin du compte ».

Pour HRW, la communauté internationale doit exercer « d’urgence une pression coordonnée sur l’Iran pour que cesse sa campagne de violence et pour des poursuites crédibles contre les responsables directs de ces violations épouvantables des droits humains, ainsi que la fin des graves discriminations contre les femmes ».

L’Iran est le théâtre de manifestations depuis la mort de la jeune Kurde iranienne Mahsa Amini le 16 septembre après son arrestation à Téhéran par la police des moeurs, qui lui reprochait d’avoir violé le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes.

Des Iraniens protestent contre la mort de Mahsa Amini, une femme de 22 ans, après avoir été arrêtée par la police des mœurs, à Téhéran, le 20 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Middle East Images, Archives)

Deux exécutions

Depuis, des milliers de personnes ont été arrêtées et la justice iranienne a procédé à deux exécutions. Le plus haut organe de sécurité iranien a indiqué le 3 décembre que plus de 200 personnes avaient été tuées, y compris des membres du personnel de sécurité.

Le succès du vote à l’ONU trouve sa source dans une initiative lancée début novembre par la vice-présidente américaine Kamala Harris afin d’écarter l’Iran de la CSW. Une offensive soutenue par l’ancienne candidate à la présidence des Etats-Unis et ex-secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.

Une pétition internationale a reçu plus de 165 000 signatures depuis novembre.

La diplomatie iranienne avait accusé Washington de pousser Téhéran vers la sortie « avec l’aide de certains pays européens », une démarche « illégale » et « à but politique ». Devant l’Ecosoc, l’ambassadeur d’Iran à l’ONU Amir Saeid Iravani a jugé que « les Etats-Unis et leurs alliés avaient participé et interféré dans le renversement de multiples régimes légitimes par des moyens plus ou moins manifestes ».

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