L’ONU, l’UE et plusieurs pays condamnent « l’inacceptable » opération à Gaza-City
La diplomatie s'indigne après le lancement de l'offensive visant à prendre le contrôle de cette ville, considérée par Israël comme l'un des derniers bastions du Hamas
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), l’Union européenne (UE) et plusieurs pays ont condamné mardi le lancement par Israël de l’opération militaire de grande envergure visant à prendre le contrôle de Gaza-City.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que cette ville est l’un des derniers bastions du Hamas et qu’une pression militaire accrue poussera le groupe terroriste palestinien à céder et à libérer les 48 otages qu’il retient à Gaza.
Cette initiative a toutefois suscité une opposition généralisée en Israël, tant de la part des chefs de l’armée et des services de sécurité en coulisses que de la part de nombreux Israéliens qui craignent qu’elle ne mette les otages en danger.
Le HCDH a condamné l’offensive terrestre lancée à Gaza-City et demandé la fin du « carnage », déclarant relever les « preuves grandissantes » d’un « génocide ».
Les commentaires de Volk font suite à la conclusion mardi d’une commission d’enquête mandatée par l’ONU selon laquelle Israël a commis un génocide à Gaza et que de hauts responsables israéliens, dont Netanyahu, l’ont incité à le faire — accusations qu’Israël a rejetées comme scandaleuses.
Interrogé sur l’utilisation du terme « génocide » pour décrire les actions d’Israël à Gaza, le responsable du HCDH, Volker Turk, a répondu : « Nous assistons à une succession de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, voire pire encore. C’est au tribunal qu’il revient de déterminer s’il s’agit d’un génocide ou non, mais les preuves se multiplient. »
« Je ne peux m’empêcher de penser à ce que cela peut signifier pour les femmes, les enfants souffrant de malnutrition et les personnes en situation de handicap de subir à nouveau de telles attaques. Et je dois dire que la seule réponse à cela est : « Arrêtez le carnage. »
« Les Palestiniens et les Israéliens crient à la paix. Tout le monde souhaite que cela cesse, mais nous assistons à une nouvelle escalade qui est totalement et absolument inacceptable », a-t-il déclaré à l’AFP et à Reuters.
« J’appelle Israël à mettre fin à la destruction gratuite de Gaza. »
« Nous avons vu des attaques qui s’étendent dans la partie nord-ouest de Gaza, où la population avait cherché refuge lors des précédentes attaques », a ajouté Türk.
Il a notamment évoqué « le bombardement en cours d’immeubles résidentiels qui auraient servi de refuge à des personnes déplacées à de nombreuses reprises ».
« Ces attaques doivent cesser. »
Türk a relevé le fait que Tsahal assure « ne cibler que les infrastructures utilisées par le groupe terroriste palestinien du Hamas ».
« Nous n’en avons jusqu’à présent vu aucune preuve », a-t-il poursuivi, ajoutant que « selon les règles de la guerre, une attaque ne doit pas viser des civils qui ne prennent pas part aux hostilités ».
« La population de Gaza ne peut pas supporter une nouvelle intensification de la violence, des destructions, des morts, et le manque d’assistance humanitaire. »
UE : « L’intervention militaire » aggravera une situation « déjà catastrophique »
L’Union européenne avertit que les opérations au sol à Gaza-City allaient aggraver le bilan des morts et des destructions et détériorer la situation humanitaire déjà « catastrophique » dans l’enclave.
« L’UE n’a cessé d’exhorter Israël à ne pas intensifier son opération à Gaza-City », a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
« Une intervention militaire entraînera davantage de destructions, de morts et de déplacements, et nous avons clairement indiqué qu’elle aggraverait également la situation humanitaire déjà catastrophique et mettrait en danger la vie des otages », a-t-il ajouté.
Bruxelles devrait présenter mercredi une série de propositions de mesures contre Israël en raison de la guerre à Gaza.
La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a haussé le ton contre le gouvernement israélien en proposant des sanctions à l’encontre de certains de ses ministres, ainsi qu’une suspension partielle de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ciblant les questions commerciales.
Ces mesures seront formellement présentées ce mercredi par l’exécutif européen à Bruxelles, mais elles nécessiteront un vote à la majorité qualifiée des gouvernements de l’UE.
Une majorité qualifiée est atteinte avec le soutien de 15 des 27 États membres représentant 65 % de la population de l’UE, un seuil difficile à atteindre alors que les capitales européennes continuent d’avoir des opinions divergentes sur la manière d’aborder la situation en Israël et à Gaza.
La Commission avait précédemment proposé de restreindre l’accès d’Israël à son programme phare de financement de la recherche, mais n’avait pas réussi à obtenir un soutien suffisant de la part des pays membres de l’UE pour cette mesure.
Pluie de condamnations
Le gouvernement britannique a qualifié cette nouvelle opération militaire à Gaza-City de « totalement irresponsable et effroyable ».
« Cela ne fera qu’entraîner davantage d’effusions de sang, tuer davantage de civils innocents et mettre en danger les otages restants », a écrit sur le réseau social X la ministre des Affaires étrangères, Yvette Cooper.
« Il faut un cessez-le-feu immédiat, la libération de tous les otages, une aide humanitaire sans restriction et une voie vers une paix durable », a-t-elle ajouté.
L’Allemagne a également condamné cette opération, qui va « complètement dans la mauvaise direction », selon son ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
« Berlin lance un appel pressant au gouvernement israélien, ainsi qu’à tous ceux qui sont en contact avec le Hamas », pour retrouver « la voie des négociations pour un accord de cessez-le-feu et de libération des otages », a déclaré Wadephul lors d’un point presse.
La France a condamné l’offensive terrestre lancée par l’armée israélienne à Gaza-City, appelant le gouvernement à « mettre fin à cette campagne destructrice, qui n’a plus de logique militaire », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Le ministère canadien des Affaires étrangères qualifie la nouvelle offensive terrestre israélienne dans la ville de Gaza d’« horrible ».
« Elle aggrave la crise humanitaire et compromet la libération des otages », déclare le ministère des Affaires étrangères dans un message publié sur X. « Le gouvernement israélien doit respecter le droit international. »
Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déclaré mercredi « condamner avec la plus grande fermeté » l’offensive terrestre à Gaza-City.
Le ministère affirme que cette campagne vise à prendre le contrôle de Gaza, la qualifiant d’« extension de la guerre génocidaire contre le peuple palestinien frère et de violation flagrante du droit international ».
Cette déclaration, qui intervient au lendemain de la visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio à Doha dans le but de maintenir le Qatar engagé dans les efforts de cessez-le-feu à Gaza, appelle à « une solidarité internationale décisive pour contraindre [Israël] à se conformer aux résolutions de légitimité internationale », mais s’abstient d’appeler à des sanctions ou à d’autres punitions de grande envergure.
Soulignant le « contexte humanitaire et sanitaire d’une gravité extrême marqué la famine, l’absence d’accès aux biens de première nécessité et aux soins d’urgence », Paris a de nouveau appelé Israël à « lever immédiatement toutes les restrictions imposées à l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza », et à « reprendre au plus vite les négociations en vue d’un cessez-le-feu et de la libération de tous les otages ».
Israël se retrouve de plus en plus isolé sur la scène internationale, alors que la guerre qui sévit depuis vingt-trois mois à Gaza se poursuit.
La guerre a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 48 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.
Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 26 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 64 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
- Israël et Ses Voisins
- Armée israélienne
- Bande de Gaza
- Hamas
- Relations Israël-Hamas
- Opération Épées de fer
- Terrorisme palestinien
- Les otages du 7 octobre
- Population palestinienne
- Israël et l'ONU
- Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU
- Relations Israël-Union européenne
- Relations Israël-Royaume-Uni
- Relations Israël-Allemagne
la Communauté du Times of Israël !







