L’Unrwa lance une plateforme numérique pour ses 540 000 élèves palestiniens
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L’Unrwa lance une plateforme numérique pour ses 540 000 élèves palestiniens

L'agence controversée de l'ONU se serait engagée en faveur d'une "tolérance zéro" face à l'antisémitisme, au racisme ou aux discriminations, selon l'administration Biden

Des élèves palestiniennes affiliées à l'UNRWA des Nations unies portent le masque dans le cadre de la pandémie de coronavirus à Rafah, dans le sud de Gaza, le 25 novembre 2020. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des élèves palestiniennes affiliées à l'UNRWA des Nations unies portent le masque dans le cadre de la pandémie de coronavirus à Rafah, dans le sud de Gaza, le 25 novembre 2020. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

L’agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a annoncé lundi lancer sa première plateforme éducative en ligne pour ses 540 000 élèves.

« Souvent, dans les situations d’urgence comme le Covid-19 ou les conflits armés, les enfants palestiniens sont dans l’incapacité physique de fréquenter les 711 écoles de l’institution et risquent donc la déscolarisation », explique l’Unrwa dans un communiqué.

La plateforme créée par l’agence onusienne, disponible en arabe et en anglais, est à destination des élèves palestiniens en Jordanie, en Syrie, au Liban, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, du primaire jusqu’au baccalauréat.

La présentation est ludique, avec des questionnaires et des jeux. Aux cours de mathématiques, d’anglais et d’arabe s’ajoutent en fonction des niveaux les matières scientifiques comme la physique ou la chimie. Toutes les leçons sont accompagnées de vidéos.

À titre d’illustration : sur cette photo du 26 mai 2019, un enseignant supervise des écoliers palestiniens pendant un examen final le dernier jour de l’année scolaire, à l’école des garçons de l’UNRWA, dans la ville cisjordanienne d’Hébron. (Photo AP / Nasser Nasser)

Imaginée « pour être utilisable par tous », la plateforme sera « améliorée en prenant en compte les remarques des élèves, des parents et des professeurs », explique à l’AFP une porte-parole de l’Unrwa, Tamara al-Rifaï.

« Il s’agit d’une première étape, mais même si les écoles rouvrent, une partie de l’enseignement se fera désormais à distance », assure-t-elle.

En raison de la pandémie de coronavirus, les établissements scolaires de l’Unrwa ont partiellement fermé.

« Pour la rentrée prochaine, il faut désormais lever des fonds pour doter les élèves de tablettes, d’ordinateurs et surtout de connexions internet », avance Mme Rifaï.

« Nous disons aux donateurs : ‘Nous avons fait notre travail, à vous de mettre votre main à la poche’ « , ajoute-t-elle.

Le vice-président américain de l’époque, Joseph Biden, (à gauche), en compagnie du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avant leur rencontre dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 10 mars 2010. (AP/Tara Todras-Whitehill/File)

L’administration Biden, qui a récemment annoncé la reprise de son aide financière à destination de l’agence controversée des réfugiés palestiniens de l’ONU, a indiqué que celle-ci s’était engagée en faveur d’une « tolérance zéro » face à l’antisémitisme, au racisme ou aux discriminations.

« L’UNWRA a fait clairement part aux Etats-Unis de sa ferme détermination en termes de transparence, de prise de responsabilité et de neutralité dans toutes ses opérations », a déclaré un haut-responsable américain dans un entretien. « Et ce que signifie la neutralité dans le contexte des Nations unies, c’est une tolérance zéro à l’égard du racisme, des discriminations et de l’antisémitisme ».

L’officiel a déclaré que ce renouvellement des aides était cohérent avec la politique mise en place par l’administration Biden, qui favorise une solution à deux États au conflit israélo-palestinien. Une demande de commentaire de la JTA adressée à un porte-parole de l’agence en charge des réfugiés palestiniens est restée sans réponse.

Cela fait des années que l’UNRWA est mise en cause pour une mauvaise gestion ainsi que pour des contenus antisémites figurant dans des manuels qui sont utilisés et payés par l’agence dans les écoles dont elle a la charge.

A LIRE : L’Australie demande des comptes à l’UNRWA sur les manuels scolaires anti-Israël

Le président Donald Trump avait mis un terme au financement de l’UNRWA en 2018. Les responsables de son administration avaient estimé que le principe même de l’agence – celui de considérer comme réfugiés des millions de Palestiniens, via la transmission du statut de réfugiés – perpétuait littéralement le conflit israélo-palestinien. Une idée relayée par l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Gilad Erdan, lorsque l’administration Biden avait fait savoir qu’elle verserait 150 millions de dollars à l’UNRWA.

Au mois de janvier 2020, le groupe de veille de l’Institut de suivi de la paix et de la tolérance culturelle dans l’enseignement scolaire, a fait savoir que les manuels des écoles de l’UNRWA étaient « remplis de contenus problématiques qui entrent en contradiction avec les valeurs proclamées de l’ONU ».

A LIRE : L’UNRWA trouve une grenade à main dans l’une de ses écoles à Gaza

Fin juillet 2019, un rapport émanant du département éthique de l’Unrwa et envoyé au secrétaire général de l’ONU faisait état de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir commis par un petit groupe de hauts responsables – pour la plupart des expatriés – qui ont contourné les mécanismes de contrôle de l’ONU. L’AFP s’était procurée une copie du rapport qui décrit comme « crédibles et corroborés » de graves abus éthiques commis par des hauts dirigeants, dont le commissaire général de l’Agence, Pierre Krähenbühl, qui a depuis été poussé à la démission.

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