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Luxembourg : Une enseignante licenciée pour des contenus anti-Israël en ligne

Si son renvoi est survenu en octobre 2025, ses élèves et des parents d’élèves ont organisé une manifestation de soutien il y a quelques jours

Lors d’une manifestation de soutien à une enseignante luxembourgeoise licenciée, organisée fin juin 2026. (Crédit : Capture d’écran Instagram @aamitaaf7)
Lors d’une manifestation de soutien à une enseignante luxembourgeoise licenciée, organisée fin juin 2026. (Crédit : Capture d’écran Instagram @aamitaaf7)

Depuis quelques jours, une vidéo montrant une manifestation de soutien à une enseignante luxembourgeoise licenciée le 7 octobre 2025 par le ministère de l’Éducation circule sur les réseaux sociaux. Elle a notamment été diffusée par le compte principal Instagram de la chaîne qatarie Al Jazeera. Les images, montrant des élèves, des parents et des collègues venus lui témoigner leur soutien, ont récolté de nombreux likes. La vidéo présente ainsi cette enseignante comme une victime de son engagement en faveur des Palestiniens.

L’intéressée, Fatima, 30 ans, estime avoir été sanctionnée uniquement pour des publications dénonçant la guerre à Gaza et assure que ses messages ont été sortis de leur contexte par un « harceleur » afin de les présenter comme antisémites auprès du ministère luxembourgeois de l’Éducation.

Si cette institution a confirmé que son licenciement était bien lié à son activité sur les réseaux sociaux, elle a refusé de commenter le fond du dossier. Le ministère a toutefois rappelé que les fonctionnaires étaient soumis à un devoir de réserve et que la liberté d’expression trouvait ses limites lorsqu’il était question d’incitation à la haine, de diffusion d’idéologies extrémistes ou d’appels à des actes illégaux.

Selon les informations publiées par RTL Luxembourg à l’époque du licenciement, le dossier disciplinaire s’appuyait sur de nombreuses captures d’écran de publications Instagram. Parmi celles-ci figurait notamment une vidéo d’un rituel religieux juif orthodoxe, les kapparot, accompagnée du commentaire : « Tout ce en quoi ils croient, c’est tuer ! Israël n’a pas le droit d’exister. »

L’enseignante conteste fermement toute accusation d’antisémitisme. Elle assure distinguer le judaïsme du sionisme et soutient que ses publications dénonçaient exclusivement les actions du gouvernement israélien. Elle souligne également que des procédures pénales engagées à son encontre ont été classées sans suite, tandis que d’autres sont encore en cours.

La version des faits de l’enseignante a bénéficié d’un écho médiatique certain ces derniers jours, après la manifestation de soutien. Dans un entretien accordé au média L’Essentiel, Fatima affirme avoir perdu des amis à Gaza, dénonce une campagne de harcèlement menée selon elle par un militant pro-israélien et assure que les captures d’écran utilisées contre elle ont été délibérément sorties de leur contexte. Elle évoque également des menaces de mort.

« Je ne suis contre aucune religion, je rappelle d’ailleurs que les Palestiniens sont des sémites », dit-elle dans cette interview. « Je n’ai jamais dit qu’il fallait tuer les Israéliens. Je n’ai jamais dit qu’il fallait tuer les Juifs. Jamais de ma vie. Et je ne dis pas que tout le monde doit être de mon avis. Il y a même des personnes pro-génocide au Luxembourg. Je n’aurais jamais imaginé qu’elles puissent perdre leur travail. Moi, je veux simplement que les meurtres s’arrêtent. »

Mais cette présentation reste vivement contestée par ses opposants en ligne, dont l’un a contacté le Times of Israel avec de nombreuses captures d’écran de messages qui auraient été postés par l’enseignante sur les réseaux sociaux. Cette source estime ainsi que la couverture médiatique récente passe sous silence une partie importante de son activité sur les réseaux sociaux, avec notamment des posts reprenant des contenus antisémites, des théories du complot, exprimant un soutien à des organisations terroristes ou appelant à l’intifada.

Le recours introduit contre son licenciement doit toujours être étudié devant les juridictions luxembourgeoises. La procédure devrait notamment examiner si les publications reprochées relèvent de la liberté d’expression ou constituent un manquement aux obligations particulières imposées aux agents de l’État. Une décision judiciaire sur son éviction est attendue pour fin 2027.

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