Malgré l’accord du gouvernement, pas de fonds pour l’immigration éthiopienne
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Malgré l’accord du gouvernement, pas de fonds pour l’immigration éthiopienne

Répétant le défi de 2017, le budget, la semaine dernière, n’a pas alloué d’argent à l’intégration de la communauté en Israël, ajournant encore les transports en avion

Des Juifs éthiopiens fabriquent des matzahs à la main dans la synagogue de Gondar, en Éthiopie, le 21 mars 2018. (Autorisation)
Des Juifs éthiopiens fabriquent des matzahs à la main dans la synagogue de Gondar, en Éthiopie, le 21 mars 2018. (Autorisation)

Le budget 2019 approuvé par la Knesset jeudi dernier ne comprend pas les financements pour le transport aérien des Juifs éthiopiens vers Israël malgré une décision gouvernementale de faire venir approximativement 1 000 Juifs éthiopiens par an.

Des retards similaires de budget ont frappé l’immigration des Juifs éthiopiens ces dernières années et, l’année dernière, il y a eu un retard de six mois dans les vols prévus pour les immigrants juifs éthiopiens.

« Je demande au gouvernement de renouveler le processus de l’alyah [immigration en Israël] immédiatement », a dit le député Avraham Neguise (du Likud).

« Nos frères et nos sœurs sont dans des situations très difficiles. La majorité des gens qui attendent ont des parents au premier degré en Israël ».

Le mois dernier, le bureau du Premier ministre avait annoncé que le ministère de l’Intérieur préparait la liste des 1 000 Juifs éthiopiens approuvés pour l’immigration en 2018.

Mais le budget d’Etat n’avait pas inclus les près de 200 millions de shekels nécessaires pour intégrer les 1 300 immigrants qui devraient arriver dans l’année.

Des femmes de Gondar, en Éthiopie, vérifient la farine en préparation de la matzah pour la fête de la Pâque, le 21 mars 2018. (Autorisation)

Les Juifs qui se trouvent encore en Ethiopie sont classés comme des Falashmura, un terme désignant les gens dont les ancêtres s’étaient convertis au christianisme, souvent sous la contrainte, il y a des générations.

Parce que le ministère de l’Intérieur ne considère pas que les Falashmura sont juifs, ils ne peuvent immigrer selon les termes de la Loi du retour et doivent donc obtenir des permissions particulières du gouvernement pour s’installer en Israël. Les critiques craignent que des dizaines de milliers d’Ethiopiens affirment être éligibles grâce à ce processus.

Neguise est en négociations avec le bureau du Premier ministre et espère s’assurer un financement lors d’une réunion spéciale du cabinet même s’il a exprimé sa frustration sur le fait que la question de l’immigration éthiopienne doive être rappelée chaque année pour espérer disposer d’un budget.

Un porte-parole du bureau du Premier ministre a déclaré que les questions seront soulevées lors de la prochaine rencontre de la commission sur l’Intégration des citoyens israéliens d’origine éthiopienne, même si aucune date n’a été décidée pour le moment.

Des membres de la communauté juive de Gondar assistent à un rassemblement organisé par une délégation multipartite de membres de la Knesset en Éthiopie, le 3 mars 2017. (Autorisation)

Il y a approximativement 8 000 Juifs en Ethiopie qui attendent d’émigrer dont 80 % ont des parents au premier degré en Israël. En 2018, la liste d’immigrants approuvés s’est concentrée sur approximativement 1 000 parents qui ont des enfants en Israël.

« Le gouvernement d’Israël doit sécher les larmes de ces parents, de leurs fils et de leurs filles, de leurs frères et de leurs sœurs et mettre immédiatement un terme à cette politique discriminatoire », a dit Neguise.

Les militants accusent le ministère de l’Intérieur de racisme et d’inefficacité pour sa gestion du processus d’immigration éthiopien.

Même si le gouvernement a approuvé à l’unanimité l’immigration de tous les Juifs qui restent en Ethiopie au mois de novembre 2015, cette décision a fléchi trois mois plus tard quand le bureau du Premier ministre a refusé de mettre en œuvre le programme parce que le milliard de shekels dont, avait-il dit, il avait besoin pour financer le processus d’intégration ne se trouvait pas dans le budget couvrant cinq ans – environ 200 millions de shekels par an.

Ce qui signifie que le gouvernement doit réapprouver l’argent pour l’immigration éthiopienne chaque année.

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