Malgré les risques, les firmes israéliennes courtisent les investisseurs chinois
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Malgré les risques, les firmes israéliennes courtisent les investisseurs chinois

La guerre commerciale avec les Etats-Unis n'empêchera pas une centaine d'entreprises de s'envoler vers l'Orient où elles seront accueillies par un marché avide d'innovations

Un panneau pour la conférence GoForIsrael dans une gare, en Chine (Autorisation)
Un panneau pour la conférence GoForIsrael dans une gare, en Chine (Autorisation)

Les représentants d’une douzaine d’entreprises israéliennes vont s’envoler depuis Tel Aviv vers la ville chinoise de Jinan, dans les prochains jours, en quête d’investisseurs désireux d’injecter de l’argent dans leurs firmes.

Le groupe, qui rencontrera des investisseurs lors d’une conférence qui durera une journée, fait partie d’une génération d’entrepreneurs en constante augmentation qui se tourne vers l’Orient pour y trouver des financements.

Une démarche qui, selon certains, survient à un moment particulièrement étrange alors que les inquiétudes sur les investissements chinois dans le monde ont atteint leur paroxysme en raison des déséquilibres commerciaux, des vols de propriété intellectuelle, des accusations d’espionnage et des larges ambitions nourries par le tigre asiatique dans le monde.

Quand ils arriveront à Jinan, capitale financière de l’une des provinces les plus prospères du pays, les participants israéliens seront salués par une Chine qui se prépare à ce que le président Xi Jinping a récemment qualifié de « longue marche » – en référence au voyage éprouvant au cœur de l’un des mythes fondateurs du parti communiste.

Ces propos glaçants rappellent la gravité d’une guerre commerciale, technologique ou même de guerre froide imminentes entre la Chine et les Etats-Unis, avec Israël bloqué entre les deux belligérants.

Alors que l’Etat juif considère les Etats-Unis comme son allié le plus cher, il s’est trouvé dans l’obligation de contre-balancer ses liens avec Washington, voulant garder les portes ouvertes, autant que possible, au poumon économique croissant qu’est la Chine.

Le gourou du Crowdfunding Jon Medved. (Autorisation)

« Nous avons pensé que nous pouvions simplement faire tout ce que nous désirons faire avec les Chinois sans pour autant mécontenter les Américains. Cela ne marche pas comme ça, on n’a rien sans rien », commente Jon Medved, directeur-général de la plateforme d’investissement OurCrowd.

« La relation entretenue par Israël avec les Etats-Unis est si essentielle, si centrale et si stratégique que nous avons le devoir de nous en souvenir à chaque instant, que ce soit en tant que pays ou en tant qu’hommes d’affaires », ajoute-t-il.

Avi Luvton, directeur Asie-Pacifique au sein de l’Autorité israélienne des investissements, explique ne pas avoir connaissance d’entreprises ayant pris leurs distances avec la Chine à cause des Etats-Unis, tout en reconnaissant que les entrepreneurs israéliens ont davantage conscience maintenant de ce que pourrait signifier une guerre commerciale entre les Américains et les Chinois.

« En Israël, ce dossier est sensible », note-t-il. « Les répercussions de cette politique impliquent par exemple que si une firme israélienne a des liens avec les Etats-Unis, elle ne voudra pas mettre en péril ces liens en cas de guerre commerciale par une entreprise commune avec la Chine ».

Ces derniers jours, ces risques ont été soulignés par les initiatives prises par l’administration Trump contre le géant chinois des télécommunications Huawei. D’autres compagnies chinoises seraient également dans le viseur de la Maison Blanche.

Des piétons passent devant un magasin de détail Huawei à Pékin le jeudi 6 décembre 2018. (AP Photo/Ng Han Guan)

Rebecca Zeffert, directrice exécutive du centre Israël-Asie, qui promeut les liens avec la Chine, indique que s’il y a un intérêt croissant pour la Chine du point de vue des entreprises israéliennes, « la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine et les inquiétudes sécuritaires soulevées par les investissements chinois dans les infrastructures israéliennes et dans un certain nombre de secteurs technologiques mèneront certainement les firmes israéliennes de ce secteur à cesser de rechercher les investissements chinois ».

« Pour une société israélienne, et en particulier pour les entreprises high-tech, recevoir des investissements chinois pourrait bien avoir certaines répercussions sur le marché américain », explique pour sa part Yoram Evron, professeur-assistant au département des études asiatiques de l’université de Haïfa.

« C’est un facteur auquel toutes les entreprises israéliennes devront réfléchir avant de recevoir des investissements », poursuit-il.

Un sujet brûlant mais pas pour tous

Dans son bureau perché au 23e étage d’un immeuble de Tel Aviv, Edouard Cukierman, un homme d’affaires juif et franco-israélien, affirme que les craintes face à l’établissement de liens commerciaux avec la Chine sont exagérées et que la guerre commerciale représente, en fin de compte, une opportunité pour Israël.

« C’est un sujet brûlant pour les politiciens et les médias. Cela ne l’est pas pour l’entrepreneur israélien et l’investisseur chinois », dit-il.

« Si une compagnie chinoise ne peut pas acquérir une technologie aux Etats-Unis, elle l’achètera en Israël. C’est donc une opportunité donnée à Israël d’accéder au marché chinois », s’exclame-t-il.

Cukierman, président de Cukierman and Co. et fondateur de Catalyst Funds, a joué un rôle d’entremetteur, faisant se rencontrer investisseurs chinois et hommes d’affaires israéliens depuis l’organisation de la conférence Go4China à Tel Aviv, en 2012.

En 2016, il a commencé à organiser les sommets en Chine, d’abord à Wuhan et Shanghaï, puis à Fushan et maintenant à Jinan, un pôle économique d’environ sept millions de personnes situé à environ 400 kilomètres au sud de Pékin.

Edouard Cukierman avec une copie du livre « Israel valley » traduit en chinois (Autorisation)

Selon les organisateurs, une centaine d’entreprises prendront part à la conférence qui sera l’occasion de rencontrer plus de mille investisseurs de la province de Shandong et d’ailleurs (A noter : Cukierman and Co. couvrira les dépenses du déplacement d’un journaliste du Times of Israel chargé de couvrir l’événement).

La majorité des firmes travaillent dans les secteurs de la technologie verte, de l’agriculture, des soins de santé, de la technologie de l’eau et autres. Selon Cukierman, ce sont les types d’entreprises qui intéressent le plus les investisseurs chinois sur le marché israélien.

Lui et d’autres estiment que les seules firmes israéliennes qui doivent véritablement s’inquiéter sur d’éventuelles pertes commerciales pour leurs partenariats avec la Chine sont celles qui fabriquent des produits dans la cyber-sécurité ou autre technologie sensible susceptible d’être appliquée dans le domaine militaire.

« Ces start-ups sont de plus en plus inquiètes sur le fait que la présence d’investisseurs chinois ou l’existence d’accords stratégiques avec la Chine puissent mettre en danger leurs perspectives de développement aux Etats-Unis », dit Dorian Barak, directeur-général d’Indigo Global, qui conseille des investisseurs stratégiques et des financiers originaires principalement de Chine sur des investissements en Israël, en Europe et en Afrique.

Le directeur-général d’une firme de cyber-sécurité confirme que ce sont « absolument » des compagnies comme la sienne qui s’inquiètent de ce que les investissements chinois mettent en péril leur commerce avec les Etats-Unis.

« Nous avons refusé un investissement chinois pour cette raison. Nous redoutions qu’il ne nous empêche de passer des accords aux Etats-Unis », confie ce directeur-général qui s’exprime sous couvert d’anonymat en raison du caractère sensible du sujet abordé.

Des ouvriers rassemblent des pièces de climatiseurs sur une ligne d’assemblage d’une usine à Jiaozhou, dans la province de Shandong, à l’est de la Chine, le 24 février 2017 (Crédit : AP/Mark Schiefelbein)

Selon Shira Efron, une chercheuse qui a récemment rédigé un rapport consacré aux liens entre l’Etat juif et la Chine pour la Rand Corporation, un autre problème est que de nombreux produits technologiques peuvent avoir des applications militaires sans qu’il y ait eu d’intention préalable de la part de son concepteur.

« Cela devient difficile de distinguer ce qui pourrait être à double usage », note-t-elle.

Le rapport pour Rand répertorie un certain nombre de secteurs – allant des semi-conducteurs à l’intelligence artificielle – qui peuvent facilement tomber dans la catégorie des produits à double usage.

Et il précise que de nombreuses firmes de capital-risque, notamment Catalyst, OurCrowd et d’autres, ont des investisseurs et des investissements chinois dans des technologies à double usage qui peuvent être sources potentielles d’inquiétude.

Pour le moment, malgré tout, la situation ne semble pas être un problème pour un grand nombre de membres de la communauté des affaires – tant que les entreprises impliquées se tiennent solidement du côté exclusivement civil.

Medved remarque qu’OurCrowd a dans son portefeuille une firme technologique de santé – qu’il refuse de nommer – dont les deux plus grands investisseurs sont la plus importante compagnie d’assurance de Chine et le département américain de la Défense.

« Si la firme travaille sur les technologies agricoles ou de santé, ou dans un secteur qui ne relève pas de la catégorie du double usage… alors il n’y a vraiment aucun problème. Et c’est également vrai pour les produits alimentaires, l’agriculture, les jeux, les dispositifs médicaux : il n’y a aucun problème », ajoute-t-il.

Parmi les entreprises qui se rendront en Chine pour chasser les investissements, la firme HIL Applied Medical, basée à Jérusalem, qui combine la nanotechnologie et les lasers à ultra-haute intensité pour créer une thérapie par faisceau de proton à haute-performance pour soigner le cancer et qui prévoit de présenter son produit à la vente aux Etats-Unis.

« Jusqu’à présent, le fait que nous ayons un investisseur chinois ne nous a pas posé de problème. J’espère que ça va continuer », déclare le directeur-général de l’entreprise, Sagi Brink-Danan.

Mauvais oeil

Il y a moins de 20 ans, Israël avait appris à ses dépens le prix du maintien d’une relation sécuritaire avec les Etats-Unis tout en vendant des matériels militaires.

A la fin des années 1990 et au début des années 2000, le sujet était passé au premier plan lorsque les Etats-Unis avaient demandé à ce que l’Israel Aerospace Industries (IAI) annule des accords distincts passés avec la Chine pour le système aérien de détection radar précoce Phalcon et pour les drones Harpy.

Israël s’était conformé aux ordres, après de nombreuses menaces proférées par les Américains, suscitant la colère de Pékin et portant préjudice aux relations bilatérales.

Cela n’avait été qu’en 2016 que l’IAI était retourné officiellement en Chine en établissant une co-entreprise avec Lingyun (Yichang) Aircraft Maintenance Engineering Co., pour mettre en place un centre de maintenance d’avions situé dans la province de Hubei.

Aujourd’hui, les accords manqués continuent de marquer la relation entre les deux pays, ce qui rend intenable la perspective de ventes d’armes par Israël à la Chine.

Aux côtés d’une grande partie du monde occidental, les Israéliens ont considéré les investissements chinois d’un mauvais oeil – même quand ils y ont eu eux-mêmes recours.

En 2014, il y avait eu un tollé lorsque l’entreprise chinoise Bright Food était devenue actionnaire majoritaire du géant laitier Tnuva pour la somme de 2,5 milliards de dollars, même si la compagnie avait appartenu, dans le passé, à un conglomérat britannique.

Des agriculteurs manifestent contre le projet d’Apax Partners de vendre Tnuva au chinois Bright Foods aux abords des bureaux d’Apax, à Tel Aviv (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

La bête noire, aujourd’hui, est le port de Haïfa – l’un des deux chantiers navals dont Israël dispose sur la Méditerranée – qui a été placé sous surveillance après que le Shanghai International Port Group a signé un contrat de prise en charge des opérations là-bas.

A LIRE : Israël a-t-il fait une erreur en donnant la gestion du port de Haïfa à la Chine ?

Les responsables israéliens ont dénoncé les dangers qu’il y avait à permettre à la Chine de diriger le port et un général aux Etats-Unis a même laissé entendre que les militaires américains pourraient cesser d’y amarrer leurs navires de guerre.

Le navire de guerre HMS Bulwak de la Royal Navy britannique amarré au port de Haïfa, le 22 novembre 2016 (Crédit :AP/Ariel Schalit)

« Nous avions averti que ce serait un problème », a dit une source gouvernementale haut placée au Times of Israel, s’exprimant sous condition d’anonymat.

« Cette question rentre dans le cadre des inquiétudes plus larges que nourrissent les Américains face à notre relation avec la Chine. Et ces inquiétudes sont légitimes », a-t-il ajouté.

Après le tollé, le gouvernement avait accepté de réfléchir à la mise en place d’un groupe officiel qui serait chargé de contrôler les investissements étrangers – en se focalisant particulièrement sur la Chine.

Une telle instance pourrait refroidir largement l’arrivée des fonds et des projets d’infrastructure chinois en Israël mais nombreux sont ceux qui affirment qu’il est nécessaire pour protéger le pays des intérêts étrangers potentiellement nuisibles.

Et un tel mécanisme rendrait les Etats-Unis – qui disposent déjà d’un mécanisme de supervision similaire – heureux. Mais le projet n’a guère avancé depuis.

Même si des informations laissent entendre que le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait dit à de hauts-responsables à Washington, au mois de mars, que son gouvernement était en train de mettre en place les détails pratiques d’un tel mécanisme, un reportage paru dans le quotidien financier The Marker, ce mois-ci, a indiqué que les responsables recommandaient une prise en considération au cas par cas plutôt que la mise en place d’un groupe de supervision.

Ainsi, Israël pourrait garder à l’oeil les investissements étrangers sans avoir à déclarer publiquement ne pas faire confiance à Pékin.

Avi Simhon, conseiller économique du Premier ministre qui travaille sur ce dossier, a pour sa part nié les informations transmises par le journal, évoquant une « question sensible ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite une exposition technologique à Shangai au début d’un séjour officiel dans le pays, en 2013 (Crédit :Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Zeffert salue l’idée de créer une instance chargée de superviser les investissements étrangers dans des secteurs stratégiques, disant qu’elle « aurait du être mise en place il y a longtemps ». Elle insiste sur le fait que la Chine ne doit pas pour autant être singularisée.

« C’est une réflexion à mener pour tous les intérêts étrangers présents dans l’économie israélienne », explique-t-elle.

Pour sa part, Cukierman minimise la nécessité d’une telle instance ou d’une telle régulation, notant que peu d’industries, au sein de l’Etat juif, sont supervisées par le gouvernement en ce qui concerne leur commerce extérieur.

« L’une des forces de l’économie israélienne, l’un des succès majeurs du gouvernement israélien, c’est d’avoir compris que pour que l’industrie high-tech réussisse, il ne fallait pas intervenir », dit-il. « Le gouvernement n’a pas la capacité de contrôler les entreprises pour déterminer laquelle est stratégique et laquelle ne l’est pas ».

Une autre inquiétude des firmes israéliennes est la réputation de la Chine de ne pas respecter les droits à la propriété intellectuelle, ou PI.

« Les entreprises israéliennes comme toutes celles, dans le monde, qui ont une propriété intellectuelle sont soucieux de la protéger et je pense donc que lorsqu’elles réfléchissent à des investissements chinois, certaines de ces firmes se reposent sur leur bon sens », explique Luvton.

Brink-Danan, de HIL Applied Medical, raconte que sa compagnie a refusé un investissement significatif d’un ressortissant chinois qui avait réclamé que les activités de recherche et développement de la firme soient transférées en Chine.

« Nous n’aurions pas amené nos opérations de recherche et de développement là-bas », dit-il, « parce que nous sommes très prudents concernant notre propriété intellectuelle. En fin de compte, nous avons obtenu un investissement d’une autre firme de capital-risque chinoise qui a investi comme l’aurait fait un fonds occidental, sans formuler de demande sur nos activités de recherche et développement ».

Toutes ces mauvaises critiques ont entraîné ce que certains qualifient d’étouffement des investissements chinois.

« Il y a déjà un effet dissuasif qui douche l’enthousiasme qui entoure la perspective de faire des affaires en Chine », explique Efron.

Ils se moquent de notre politique

Dans l’ensemble, néanmoins, la relation commerciale entre les deux pays s’est approfondie au cours des dernières années. Selon Cukierman, qui n’avait à l’origine organisé des conférences d’investissement qu’en Europe, il est plus intéressant que cela n’a jamais été le cas d’aller en Chine pour y trouver des fonds.

Il explique que le pays déploie facilement « le tapis rouge » aux entrepreneurs israéliens.

Les données disponibles indiquent qu’en 2012, le commerce bilatéral entre l’Etat juif et la Chine ne s’élevait qu’à 51,5 millions de dollars. En 2016, il a atteint les 11 milliards. Le seul pays à avoir fait mieux cette année-là était les Etats-Unis.

Des manifestants pour le boycott de l’Etat juif devant la Délégation gouvernementale espagnole à Barcelone, le 20 octobre 2015 (Crédit : Albert Llop/Anadolu Agency/Getty Images/via JTA/File)

Tandis que les Israéliens vont simplement là où il y a de l’argent, ils vont également là où ils sont désirés et ils ont trouvé en Chine un marché massif exempt d’inquiétudes politiques ou de menaces de boycott de la part des activistes pro-palestiniens.

« Ils ne se préoccupent que d’une seule chose : De leurs intérêts. Ils ont l’esprit pratique », note Cukierman. « Ils se moquent de notre politique et le gouvernement chinois considère Israël comme un partenaire stratégique d’innovation qui pourra l’aider à dynamiser son économie ».

« L’intérêt poursuivi par la Chine, c’est la Chine, et ce n’est pas dans la nature de ce pays de s’impliquer dans des conflits qui surviennent dans d’autres régions », précise Zeffert.

Au même moment, la Chine cherche à s’intégrer sur la scène mondiale – principalement par le biais de son initiative de nouvelle route de la soie. Tandis que sa création pourrait apporter à Pékin plus de poids politique, « l’intérêt des Chinois est particulièrement économique », dit Efron.

« Ils veulent simplement être en bons termes avec tout le monde et miraculeusement, ça a fonctionné jusqu’à présent », ajoute-t-elle.

Tout bénéfice politique n’est qu’un plus, estime-t-elle. « Ils ne compromettront pas le profit économique » au nom de profits politiques, poursuit-elle : « Ils ne se préoccupent guère des questions politiques au Moyen-Orient ».

Un panneau de publicité dans la province de Shandong pour la conférence GoForIsrael (Autorisation)

Shandong, une province de 100 millions de personne qui co-parraine la conférence via sa branche d’investissement, présente déjà l’un des PIB les plus élevés de Chine.

Elle considère l’Etat juif comme le moyen de permettre à sa scène technologique de se hisser à la pointe de l’innovation.

« Shandong a une économie de la taille de la Russie. C’est un pôle pour l’agriculture, sans même parler de certaines des plus importantes corporations high-tech dans le monde », dit Zeffert.

Mais pour la province, qui est connue comme le foyer de la bière Tsingtao (qui remonte au passé allemand du port de Qingdao) et des firmes électroniques Haier et Hisense, accueillir les entreprises israéliennes signifie avoir accès au savoir-faire israélien.

« Notre principal défi est d’introduire l’innovation dans la zone, dont elle est relativement absente », commente Yu Shaoming, chef du secteur des investissements de la province, dans un communiqué.

Une conférence GoForIsrael en Chine (Autorisation)

Pour Cukierman, Shandong, comme toute la Chine, est mûre pour des investissements en Israël. La province souhaite en réaliser pour dynamiser son propre positionnement.

« Ils ont besoin d’accéder aux meilleures innovations qui sont faites dans le monde afin d’être plus concurrentiels et aux niveaux mondial et local », explique-t-il.

« Ils nous voient comme des partenaires stratégiques bien que nous soyons un pays minuscule et que le marché, là-bas, soit énorme », continue-t-il.

La Chine ? du chinois pour Israël

Tandis que la Chine avance à toute vitesse, l’Etat juif – comme une grande partie de la communauté mondiale – semble être encore en train de réfléchir à comment réagir à l’ascension vertigineuse du pays.

Efron souligne qu’Israël a traditionnellement porté peu d’attention à la Chine et que l’Etat juif devrait essayer de comprendre le pays et déterminer la manière de gérer les relations bilatérales.

« Sur la base de nos recherches et d’autres, il n’y a pas une compréhension très profonde des motivations et des stratégies de la Chine dans les cercles politiques israéliens », dit-elle. « Israël veut-il un monde qui aiderait la Chine à devenir plus importante encore que les Etats-Unis ? Le sujet ne figure pas à l’ordre du jour ».

« Il est déterminant de décider ce qui est très exactement d’importance stratégique – je ne suis pas sûr qu’Israël l’ait fait », ajoute Efron.

Pour sa part, Medved estime que c’est une question qui ne présente pas de « stratégie ou de règlement préalable ».

Mais il met aussi en garde contre l’agacement que pourraient entraîner les tensions mises en exergue dans les journaux d’information.

« Nous nous sommes engagés à bâtir des liens forts avec la Chine et les entreprises chinoises et à ouvrir la voie à toutes les sortes de commerce », explique-t-il.

« Je pense que c’est une bonne chose pour Israël, que c’est une bonne chose pour la Chine, que c’est une bonne chose pour le monde mais nous avons également conscience du fait que la relation la plus importante pour Israël est celle entretenue par les Etats-Unis et qu’il ne faut pas que nous la mettions en péril – ce qui ne signifie pas que lorsqu’il y a une flambée ou des tensions momentanées, il faille tomber dans l’hystérie », conclut-il.

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