Mandelblit et Netanyahu pourront continuer à se rencontrer à titre privé
Rechercher

Mandelblit et Netanyahu pourront continuer à se rencontrer à titre privé

Le Mouvement pour un gouvernement de qualité, qui avait déposé plainte, voit dans ces réunions un conflit d'intérêt en raison des enquêtes contre le Premier ministre

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une réunion du gouvernement en juillet 2015, quand Mandelblit était secrétaire du cabinet. (Crédit : Emil Salman/POOL)

La Haute cour de justice a rejeté dimanche la plainte d’un groupe qui réclamait l’arrêt de toutes les réunions privées organisées entre le procureur général Avichai Mandelblit et le Premier ministre Benjamin Netanyahu en raison des enquêtes multiples ouvertes contre le Premier ministre et qui sont supervisées par Mandelblit.

Le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël a demandé au tribunal, en date du 10 juin, d’amener Mandelblit à faire part des raisons motivant la poursuite de telles réunions alors que ces dernières présentent « un grave conflit d’intérêt » et la « contamination » du processus d’investigation, a fait savoir l’organisation.

Le Premier ministre fait l’objet d’enquêtes dans trois dossiers de corruption.

Le groupe a réclamé une ordonnance d’injonction provisoire exigeant du procureur-général d’expliquer pourquoi il assiste à de telles rencontres à huis clos sans présence d’un tiers. Autre alternative, l’organisation a proposé que le tribunal demande à Mandelblit la raison pour laquelle il ne nomme pas un remplaçant dans les enquêtes contre Netanyahu.

Dimanche, les magistrats ont statué en défaveur de la plainte, disant qu’il était raisonnable de présumer que le procureur-général ne fait pas d’obstruction à la justice lors de ces réunions.

« Il est tout simplement approprié de se fier au jugement du procureur-général dans les dossiers dont il estime qu’ils exigent une rencontre à huis clos avec le Premier ministre », a dit la cour. « Il y a la présomption selon laquelle, dans le cas du procureur-général, ce dernier sait maintenir un ‘mur chinois’ entre ses responsabilités variées au cours de ces rencontres ».

Mandelblit, ancien secrétaire de cabinet, a été nommé au poste de procureur-général au mois de février 2016. La plainte a noté que Mandelblit sera le seul responsable à décider s’il faut engager des poursuites contre le Premier ministre.

« Il y a une préoccupation face à une potentielle et grave nuisance et à une contamination du processus pénal lorsque la personne ayant la seule autorité de décider d’ouvrir une enquête et de traduire en justice un individu peut rencontrer seul l’individu en question », a noté la plainte.

« Il y a aussi un fort conflit d’intérêt dans lequel le procureur-général se retrouve puisqu’il dirige d’un côté le système des poursuites judiciaires tout en continuant à rencontrer en privé, de l’autre, le Premier ministre soupçonné d’activités pénalement répréhensibles ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara, à Jérusalem, le 16 mai 2018. (Yonatan Sindel/ Flash90)

Selon la chaîne Hadashot, les deux hommes se sont rencontrés à huis clos à plus de 70 occasions depuis le mois de janvier 2017 période où des enquêtes ont été ouvertes dans les affaires impliquant Netanyahu.

« Le procureur-général continue de choisir de se mettre en toute connaissance de cause dans une situation de grave conflit d’intérêt », a estimé l’organisation, « tout en s’exposant, ainsi que le Premier ministre, à la possibilité d’une obstruction à la justice et à la contamination d’une procédure pénale, causant un préjudice irréparable à la confiance placée par le public dans les entités qui ont pris en charge les investigations contre le Premier ministre ».

Mandelblit a été critiqué en raison de la nature prolongée des enquêtes et a dû se défendre, face à ses détracteurs, de « traîner les pieds » lorsqu’il disait que les affaires étaient complexes et devaient être minutieusement gérées.

A LIRE : Elyakim Rubinstein : Israël peut faire confiance à Mandelblit

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...