Mandelblit sur Netanyahu : « Nous nous en sommes sortis par la grâce de Dieu »
Au fur et à mesure que les affaires pénales de l'ex-Premier ministre avançaient, il y avait "une tentative sophistiquée" de "changer l'ADN" du système judiciaire et de la presse libre

Lors de conversations privées, le procureur général Avichai Mandelblit a récemment déclaré à ses associés que les tentatives agressives de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu pour se maintenir au pouvoir avaient mis en danger la démocratie israélienne et qu’Israël avait été sauvé par « la grâce de Dieu » de ces efforts, a rapporté mardi la Douzième chaîne.
Dans les transcriptions des conversations que Mandelblit aurait eues avec des personnes non identifiées, le procureur général a déclaré qu’à mesure que Netanyahu consolidait son pouvoir en tant que Premier ministre, « j’ai vu les choses évoluer vers [une demande de] loyauté personnelle, ce qui représente un danger pour la démocratie ».
Et au fur et à mesure que les affaires pénales de Netanyahu avançaient, il y avait « une tentative sophistiquée » de « changer l’ADN » du système judiciaire et de la presse libre.
Il a déclaré que Netanyahu a peut-être même espéré nommer des juges de haut niveau qui lui seraient loyaux et le protégeraient. « Faites venir un certain avocat, et un certain conseiller juridique, et certains conseillers juridiques adjoints, et un chef de la police qui est ‘l’un des nôtres’, etc. Toutes ces choses pourraient nous faire tomber de l’intérieur », aurait-il déclaré.
Il a ajouté qu’avec l’intensification des attaques de Netanyahu et de ses alliés contre lui et d’autres fonctionnaires de justice, « nous nous sommes soudainement retrouvés dans une lutte pour la légitimité du bureau du procureur général, pour l’ADN du peuple juif et de l’État d’Israël dans les temps modernes ».
« Voilà, je pense, toute l’histoire. Il m’a fallu du temps pour la comprendre ».

Il a également déclaré qu’il pensait que Netanyahu avait été capable d’essayer de le remplacer par un autre procureur général qui « dirait que le dossier s’effrite et s’effondre et qu’il n’y a pas de substance. Je n’aurais jamais imaginé que nous arriverions à un tel point ».
Mandelblit, qui est religieux, aurait dit : « Nous nous en sommes sortis, vraiment, par la grâce de Dieu. Je le crois vraiment… Je ne sais pas comment cela se serait terminé. Je n’aurais pas gardé le silence. La Cour suprême n’aurait certainement pas été silencieuse ».
Il a ajouté que même si Netanyahu n’était plus aux commandes, « nous avons besoin de garde-fous pour l’avenir. Cela pourrait se répéter. Il n’y a aucune garantie pour la démocratie, c’est la leçon que je tire de tout cela. »
La Douzième chaîne a cité des associés de Netanyahu qui ont répondu : « Ce sont des commentaires messianiques de la part d’un fonctionnaire qui a décidé de remplacer le peuple, rien de moins » – une référence à l’affirmation de Netanyahu, selon laquelle les affaires le concernant étaient une tentative de l’écarter du pouvoir légalement, puisqu’il bénéficie d’un soutien populaire dans les sondages.
« Mandelblit admet lui-même qu’il a cherché à faire tomber le Premier ministre Netanyahu », poursuivent-ils. « Il faudrait rappeler à Mandelblit que dans une démocratie, c’est le peuple qui choisit ses dirigeants, pas le procureur général ».