Manifestations: Levin critique une lettre de mise en garde de la procureure générale
Le ministre de la Justice a déclaré que Gali Baharav-Miara "ignorait la violation continue et sans précédent des droits fondamentaux de millions de citoyens" qui ne manifestent pas

Le ministre de la Justice Yariv Levin (Likud) a riposté après que la procureure générale Gali Baharav-Miara a mis en garde le gouvernement contre toute intervention indue dans la réponse de la police aux manifestations anti-gouvernementales.
Levin a déclaré que Baharav-Miara « ignorait la violation continue et sans précédent des droits fondamentaux de millions de citoyens à se rendre en toute sécurité au travail, à l’hôpital, à accéder librement à l’aéroport, etc ».
Le ministre a également ajouté que la procureure générale ignorait la « dangereuse application sélective » contre différents types de manifestations, citant des mesures « draconiennes » utilisées contre les opposants au désengagement de Gaza ainsi que lors des manifestations des populations haredi ou arabe.
Dans sa lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, en réponse à une demande d’information du secrétaire du cabinet sur la question, Gali Baharav-Miara a notamment écrit : « Précisément lors d’une manifestation contre la politique du gouvernement et de ses ministres, le gouvernement doit être extrêmement prudent afin d’éviter les actions qui pourraient être interprétées comme une tentative d’influencer illégitimement le jugement professionnel des responsables de l’application des lois. »
La lettre est arrivée après que le chef de la police de Tel Aviv, Ami Eshed – qui s’était opposé à plusieurs reprises au ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir – a démissionné de son poste, affirmant qu’il avait été écarté de ses fonctions pour des « raisons politiques » et pour son refus de réprimer violemment les manifestations.
« J’aurais aisément pu avoir recours à une force disproportionnée et remplir les urgences [de l’hôpital] d’Ichilov à la fin de chaque manifestation à Tel Aviv », a déclaré Eshed mercredi soir. « Nous aurions pu dégager [l’autoroute] Ayalon en quelques minutes, avec un coût terrible : celui de frapper les têtes et de briser des os, et en rompant le pacte entre la police et les citoyens… Malheureusement, pour la première fois au cours de mes trente ans de service, j’ai fait face à une étrange réalité dans laquelle le calme et l’ordre ne sont pas le but recherché, mais plutôt le contraire. »
De nombreuses routes ont été bloquées ce jeudi soir dans tout le pays et certains militants ont été arrêtés, alors que des manifestants se rassemblaient devant les domiciles des ministres du gouvernement à travers tout le pays.
Selon la police, deux manifestants ont été arrêtés à Tel Aviv pour avoir attaqué des policiers et causé un trouble à l’ordre public, près du domicile du ministre du Néguev et de Galilée, Yitzhak Wasserlauf. Deux personnes ont également été arrêtées devant le domicile du président de la Knesset Amir Ohana à Tel Aviv pour trouble à l’ordre public, selon la police.
La route 2 le long de la côte a été brièvement bloquée, ainsi que des routes à proximité du domicile du ministre de la Justice Yariv Levin à Modiin et dans des quartiers de Tel Aviv et de Ramat Gan.
La nuit dernière, 37 manifestants ont été arrêtés à travers le pays lors de manifestations spontanées après que le chef de la police de Tel Aviv eut annoncé son départ.







