Manifestations pro-Abbas en Cisjordanie et à Gaza avant son discours à l’ONU
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Manifestations pro-Abbas en Cisjordanie et à Gaza avant son discours à l’ONU

"Le vol du siècle", "La Palestine n'est pas à vendre", "A bas le deal du siècle", pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants dans le centre de Ramallah

Des milliers de Palestiniens ont manifesté mardi en Cisjordanie et dans la bande de Gaza contre le projet américain de règlement du conflit israélo-palestinien que doit tancer plus tard le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans un discours à l’ONU.

« Le vol du siècle », « La Palestine n’est pas à vendre », « A bas le deal du siècle », pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants dans le centre de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, mardi après-midi.

Au moins 5 000 personnes s’étaient réunies dans cette ville de Cisjordanie pour dénoncer à nouveau le plan américain, nommé dans les rues palestiniennes de son surnom « Safqat al-Qaran », « l’accord du siècle », selon des journalistes de l’AFP sur place.

Il s’agit de la plus importante manifestation dans les Territoires palestiniens en soutien à Mahmoud Abbas ces dernières années et contre le plan américain, annoncé le 28 janvier à Washington par Donald Trump.

Des manifestants palestiniens agitent des drapeaux lors d’une manifestation en faveur du président Mahmoud Abbas et contre une proposition de paix négociée par les Etats-Unis à Gaza City, 11 février 202. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Des heurts légers ont éclaté en milieu de journée près d’un check-point à l’entrée de la ville entre de jeunes palestiniens et des forces israéliennes qui ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Selon des sources hospitalières, un manifestant âgé de 16 ans a été transporté à l’hôpital pour des blessures dues à des balles de caoutchouc lors de ces nouveaux accrochages en marge des protestations contre le plan américain fustigé par le leadership palestinien, du Fatah laïc de Mahmoud Abbas aux terroristes islamistes du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza.

Des manifestations contre le plan de l’administration Trump et en soutien à Mahmoud Abbas ont d’ailleurs réuni environ 2 000 personnes dans cette enclave, selon une équipe de l’AFP sur place.

« Ces foules lancent le message que la population palestinienne en Cisjordanie et à Gaza est unie derrière Mahmoud Abbas », a déclaré à la foule à Ramallah le Premier ministre de l’AP Mohammed Shtayyeh.

Le président de l’Autorité Palestinienne doit se présenter mardi devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour défendre son rejet du plan américain qui prévoit de faire de Jérusalem la capitale « indivisible » d’Israël tout en proposant la création d’un Etat palestinien démilitarisé avec pour capitale Abu Dis, un faubourg de la Ville sainte.

Des manifestants palestiniens agitent des drapeaux lors d’une manifestation en faveur du président Mahmoud Abbas (portrait) et contre une proposition de paix négociée par les Etats-Unis à Gaza City, 11 février 202. (Crédit : MAHMUD HAMS / AFP)

Le plan prévoit aussi l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain, une zone stratégique qui s’étire sur 30 % de la Cisjordanie.

Or ces propositions vont à l’encontre du droit international et de résolutions de l’ONU, soulignent les Palestiniens.

« Ce qui nous arrive avec ce plan américain… c’est une nouvelle tragédie », soutient Bachar al-Karmi, 57 ans, qui manifestait mardi à Ramallah. « Notre message au Conseil de sécurité est que nous ne pouvons pas accepter moins que les résolutions internationales », a déclaré de son côté Talal Abou Zarifa, un militant à Gaza.

Selon des sources diplomatiques, les Palestiniens auraient renoncé à demander un vote mardi au Conseil de sécurité d’une résolution rejetant le plan de paix américain, faute d’appui international suffisant et en raison de fortes pressions américaines sur les soutiens d’Abbas. Or, le secrétaire général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat a démenti ces informations, soulignant le vote sur la résolution aurait bien lieu mais plus tard, sans fournir de calendrier.

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