« Marche des salopes » : 600 personnes à Jérusalem contre les violences sexuelles
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« Marche des salopes » : 600 personnes à Jérusalem contre les violences sexuelles

Certaines manifestantes ont défilé à demi-vêtues dans la capitale conservatrice pour dénoncer la culture du viol et le manque d'action de l'Etat

Des manifestantes israéliennes scandent des slogans alors qu'elles défilent dans le centre de Jérusalem lors de la "marche des salopes", le 24 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des manifestantes israéliennes scandent des slogans alors qu'elles défilent dans le centre de Jérusalem lors de la "marche des salopes", le 24 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi, environ 600 personnes ont défilé dans le centre-ville de Jérusalem pour la huitième « Marche des salopes » de la ville, afin de protester contre la culture du viol.

Plusieurs des manifestants étaient des adolescentes et des femmes d’une vingtaine d’années, qui ont défilé plus ou moins vêtues, pour souligner que les femmes devraient pouvoir porter tout ce qu’elles veulent sans être harcelées sexuellement.

La manifestation a commencé sur la place Davidka, les manifestants ont ensuite défilé dans les rues de Jaffa, King George et Ben Yehuda, avant de s’arrêter rue Heleni HaMalka où des organisateurs ont prononcé une série de discours.

Un certain nombre d’hommes qui n’approuvaient pas la nature de la manifestation ont essayé de perturber la marche. Le site d’information Ynet a ainsi rapporté que la foule qui manifestait avait reçu des œufs et divers projectiles.

Un homme ultra-orthodoxe a fait irruption dans la manifestation, traitant les participantes de « prostituées ». Un autre opposant a attaqué les organisatrices de la marche qui se trouvaient en tête de cortège. L’homme a été arrêté par la police.

Les organisatrices ont dédié l’événement à Netta Hadid, une femme transgenre de 23 ans qui s’est suicidée plus tôt cette semaine. Elles portaient des pancartes où l’on pouvait lire « puisse sa mémoire être une révolution » et « les viols se produisaient avant que les mini-jupes [soient créées] ».

Des manifestantes israéliennes scandent des slogans alors qu’elles défilent dans le centre de Jérusalem pour la « marche des salopes » le 24 mai 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Quand les femmes parlent des violences sexuelles qu’elles ont subies… les critiques contre les victimes abondent dans la société, et cela influence les poursuites judiciaires et les décisions des tribunaux », a déclaré Shushan Weber à la foule.

« Les institutions de l’Etat n’ont pas les outils nécessaires pour traiter les crimes sexuels, et cela ne semble pas les intéresser non plus », a déclaré Anna Kleiman.

Une Marche des salopes est une manifestation contre ceux qui expliquent ou excusent les viols par l’apparence ou les vêtements d’une femme. La première manifestation du genre s’est tenue à Toronto au Canada en avril 2011, en réponse à un commentaire d’un officier de police que des « femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes » pour ne pas être violées.

Depuis, ces marches sont organisées dans de nombreuses villes du monde et ont élargi la portée de la manifestation pour y inclure tous les types d’agression sexuelle et de harcèlement, mais aussi pour dénoncer les critiques faites aux victimes.

Il s’agissait de la deuxième fois que des manifestantes dénudées descendaient dans les rues de Jérusalem en moins d’une semaine.

Samedi dernier, des centaines d’hommes et garçons ultra-orthodoxes se sont opposés à la police, bloquant la circulation et attaquant des officiers lors d’une manifestation contre la profanation du Shabbat par des ouvriers préparant la finale du concours de l’Eurovision à Tel Aviv lors du jour de repos juif.

Alors que des manifestants bloquaient les routes près d’une zone ultra-orthodoxe du centre de la ville, au moins quatre femmes se sont déshabillées en gardant leur soutien-gorge, forçant les manifestants à quitter les lieux, n’ayant pas le droit de regarder des femmes habillées de manière impudique.

Des hommes ultra-orthodoxes manifestent en plus petits nombres dans ce quartier de Jérusalem, où quelques cafés et restaurants sont ouverts pendant Shabbat. Les femmes qui se sont opposées à eux travaillent dans ces établissements.

Même si la diffusion de la finale de l’Eurovision a commencé après Shabbat, des répétitions et des préparatifs avaient lieu plus tôt ce jour là. La délivrance de permis de travail pour l’événement a conduit un parti ultra-orthodoxe à suspendre les négociations de coalition et entraîné les manifestations de samedi dans la capitale.

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