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Marine Le Pen se met « en congé » de la présidence du FN

"Je me sentirai plus libre surtout, je serai au-dessus des considérations partisanes, c'est un acte important", a déclaré cette euro-députée anti-Europe

Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l'élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)
Marine Le Pen, présidente du Front national et candidate à l'élection présidentielle française, pendant une conférence de presse, au siège de son parti à Nanterre, le 9 novembre 2016. (Crédit : Martin Bureau/AFP)

Marine Le Pen, candidate FN qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle, a annoncé lundi soir qu’elle se mettait « en congé de la présidence du FN » afin de « rassembler autour de (son) projet ».

Invitée à dire ce qu’elle allait changer pour tenter de réunir les voix nécessaires à une victoire face au favori Emmanuel Macron, Mme Le Pen a répondu sur France 2 : « Je pense que nous approchons du moment décisif, j’ai toujours considéré que le président de la République est le président de tous les Français, à ce titre il doit rassembler tous les Français. C’est une conviction profonde, il faut maintenant passer des paroles aux actes. »

« Il m’est apparu indispensable de me mettre en congé de la présidence du FN. Ce soir, je ne suis plus la présidente du FN, je suis la candidate à la présidentielle, celle qui souhaite rassembler autour du projet d’espoir, de prospérité, de sécurité, l’ensemble des Français », a poursuivi Mme Le Pen.

« Je me sentirai plus libre surtout, je serai au-dessus des considérations partisanes, c’est un acte important », a estimé cette eurodéputée.

Cette hypothèse avait été envisagée par quelques frontistes depuis début 2016. « Ce serait un geste symbolique fort », estimait un dirigeant du parti.

Le candidat d’En marche! Emmanuel Macron est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle dimanche avec 24,01% des voix devant Marine Le Pen, à 21,30%, selon les résultats définitifs publiés lundi en fin d’après-midi par le ministère de l’Intérieur.

« Je n’ai aucune déception, que des espérances », a affirmé Mme Le Pen, qui visait une large première place mais qui est arrivée deuxième avec 21,3% contre 24,01 pour l’ancien ministre de l’Economie.

« Nous pouvons gagner, je vais même vous dire mieux, nous allons gagner. Nous démarrons cette campagne à 40-60, si on regarde les sondages. Dix petits points, croyez-moi, c’est parfaitement faisable, d’autant plus que M. Macron a bénéficié, il faut bien le dire, d’une forme de brouillard », a affirmé l’eurodéputée.

« Le brouillard va s’estomper car maintenant que nous sommes face à face, les Français vont découvrir le contenu de son projet d’une très grande violence sociale, économique, migratoire » a-t-elle ajouté.

Elle a vertement attaqué le candidat « En Marche! »: « Rien dans le projet de M. Macron, ni dans son comportement, ne dénote la moindre preuve d’amour pour la France », a-t-elle lancé.

« Il l’a insultée, il l’a accusée de +crime contre l’humanité+ », concernant la colonisation française en Algérie, « il a dit qu’il n’y avait pas de culture française, il conteste en toute circonstance l’âme, la sève de notre pays », a accusé Mme Le Pen, alors que M. Macron s’était dit la veille candidat des « patriotes » face aux « nationalistes ».

Pour la dirigeante d’extrême droite, « le patriotisme, c’est de l’amour, un sentiment profond que l’on a ou que l’on n’a pas, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne le ressent pas chez Emmanuel Macron, ni à l’égard de la France, ni à l’égard des Français ».

Son opposant veut selon elle la « casse sociale » et « tout ouvrir ».

Alors que son parti continue à susciter un rejet net d’une majorité de la population dans les enquêtes d’opinion, Mme Le Pen a affirmé que « si les Français doivent avoir peur, c’est ni de moi ni de mon projet, c’est du projet et peut-être d’ailleurs de la personnalité de M. Macron qui va se révéler sous des traits moins sympathiques moins enjôleurs » a-t-elle prédit.

Pour elle, avec M. Macron, alors que « les Français ne voulaient plus, plus aucun (des dirigeants actuels), ils les auront tous, tous ensemble. Si c’est ça que les Français veulent, pas de problème, qu’ils choisissent M. Macron! »

Le président François Hollande, qui a apporté dans l’après-midi son soutien à M. Macron, a été qualifié par Marine Le Pen de « ventriloque » de son rival.

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