Mécontent, Eli Avidar quittera Yisrael Beytenu après le vote sur la coalition
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Mécontent, Eli Avidar quittera Yisrael Beytenu après le vote sur la coalition

Le député de droite votera pour le nouveau gouvernement mais siègera ensuite comme indépendant, mécontent de ne pas avoir obtenu de portefeuille ministériel

Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Eli Avidar, député de Yisrael Beytenu, à la Knesset, le 29 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Des lueurs de possibles dissensions au sein du « bloc du changement » ont émergé dans la matinée de dimanche alors que le député Eli Avidar, issu de Yisrael Beytenu, furieux après qu’il n’a pas obtenu de poste ministériel au sein du gouvernement, a fait savoir au chef de la faction, Avigdor Liberman, que ses votes ne s’aligneraient plus sur ceux du parti après la mise en place de la coalition.

La prestation de serment du nouveau gouvernement, dimanche, dépendra d’un seul vote – avec 61 députés qui devraient apporter leur soutien à cette alliance politique fragile à la Knesset, forte de 120 membres.

Le nouveau gouvernement, une fois confirmé, mettra un terme aux douze années passées au pouvoir – un record dans toute l’Histoire d’Israël – du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Malgré sa colère, Avidar, une personnalité qui s’est distinguée lors du mouvement de protestation hebdomadaire anti-Netanyahu, votera en faveur de la mise en place du nouveau gouvernement.

Toutefois, le législateur a fait savoir qu’il avait l’intention de voter en indépendant dans l’avenir et non plus aux côtés du parti dans le cadre de la coalition.

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, parle lors d’une réunion de faction de la Knesset, le 31 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avidar est insatisfait de n’avoir pas obtenu les portefeuilles ministériels de l’Agriculture ou du Développement du Negev et de la Galilée. Le leader de Yisrael Beytenu a offert au député, à la place, l’opportunité d’être ministre adjoint au sein du ministère des Finances – dont Liberman prend la tête – une proposition qu’il a rejetée. Cette fonction sera donc occupée par un autre député de Yisrael Beytenu, Alex Kushnir.

C’est un autre parlementaire de Yisrael Beytenu, Oded Forer, qui deviendra ministre de l’Agriculture et aussi ministre du Negev et de la Galilée dans ce gouvernement qui a d’ores et déjà été critiqué pour sa taille et pour son nombre élevé de ministres.

Le nouveau cabinet est ainsi composé de 28 ministres et de six vice-ministres, ce qui en fait le troisième gouvernement le plus large de toute l’Histoire d’Israël – il arrive après le gouvernement sortant (qui était formé de 35 ministres au cabinet) et le gouvernement dirigé entre 2009 et 2013 par Netanyahu (30 ministres).

Les principaux membres du 36e gouvernement à venir, de gauche à droite et de haut en bas : Naftali Bennett, Yair Lapid, Benny Gantz, Ayelet Shaked, Gideon Saar, Avigdor Liberman, Omer Barlev, Merav Michaeli, Nitzan Horowitz, Chili Tropper, Yifat Shasha-Biton, Ze’ev Elkin, Orna Barbivai, Tamar Zandberg, Matan Kahana, Yoaz Hendel (Crédit : Yonatan Sindel, Olivier Fitoussi, Avshalom Sassoni, Gili Yaari/Flash90)

Le 36e gouvernement d’Israël est composé d’une alliance improbable de partis de gauche, de droite, du centre et d’une formation islamiste qui se sont unis pour écarter Netanyahu du pouvoir et pour mettre un terme à deux années d’impasse politique.

Sans surprise de dernière minute, c’est le leader du parti Yamina de droite, Naftali Bennett, qui devrait devenir Premier ministre – il sera remplacé dans deux ans par le chef de Yesh Atid, Yair Lapid. Netanyahu, pour sa part – qui a dirigé le pays pendant quinze ans en tout – rejoindra les rangs de l’opposition.

Le nouveau gouvernement serait également le tout premier dans lequel un parti arabe israélien jouerait un rôle aussi déterminant, la formation Raam devant être partenaire de la coalition. Les accords conclus entre les formations ont été finalisés vendredi.

Le gouvernement Lapid-Bennett est soutenu par huit des treize partis ayant gagné des sièges à la Knesset, pour un total attendu de 61 votes : Yesh Atid (17 sièges), Kakhol lavan (8), Yisrael Beytenu (7), le Parti travailliste (7), Yamina (6 sur 7 députés), Tikva Hadasha (6), Meretz (6) et Raam (4). Les formations qui devraient être placées dans l’opposition sont le Likud de Netanyahu, les partis ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah, le Parti sioniste religieux d’extrême-droite et la Liste arabe unie, à majorité arabe.

Sans Avidar, Yisrael Beytenu ne compterait plus que 6 députés sur 7 qui soutiendraient le nouveau gouvernement – ce qui pourrait faire perdre la majorité à la coalition lors de tout vote à la Knesset auquel le député choisirait de s’opposer.

Le député Yamina Amichai Chikli lors de la cérémonie de prestation de serment à la Knesset, le 5 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les négociations de coalition ont déjà amené le député du parti Yamina, Amichai Chikli, à faire bande à part et à annoncer qu’il voterait contre la prochaine coalition, parce qu’il s’oppose à l’inclusion du parti arabe islamiste Raam.

Il y a beaucoup de scepticisme au sujet de la stabilité du prochain gouvernement.

Selon un sondage qui a été diffusé samedi soir par la Douzième chaîne, 43 % des personnes interrogées ont estimé que le dit « gouvernement du changement » ne tiendrait que pendant une courte période de temps avant d’être dissous, et 30 % ont dit croire à sa survie à plus long-terme. 11 % des sondés seulement pensent que le gouvernement tiendra quatre ans.

Il y a eu quatre élections nationales depuis le mois d’avril 2019 au sein de l’État juif, qui n’ont produit qu’un seul gouvernement basé sur un accord de partage du pouvoir entre le Likud et le mouvement Kakhol lavan de Benny Gantz. Cette coalition n’a pas fait long-feu.

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