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Meloni a salué l’Iran et le Hezbollah comme défenseurs des chrétiens syriens en 2018

S'adressant aux journalistes, la dirigeante d'extrême droite italienne avait fait l'éloge d'Assad et de ses partisans ; elle jure aujourd’hui soutenir Israël

La dirigeante du parti Fratelli d'Italia, Giorgia Meloni, regardant la foule de partisans de centre-droit lors d'un rassemblement dans le centre de Rome, le 22 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)
La dirigeante du parti Fratelli d'Italia, Giorgia Meloni, regardant la foule de partisans de centre-droit lors d'un rassemblement dans le centre de Rome, le 22 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)

La dirigeante du parti Fratelli d’Italia (FdI), Georgia Meloni, qui est en passe de devenir la première dirigeante d’extrême droite du pays depuis Mussolini pendant la Seconde Guerre mondiale, a précédemment fait l’éloge de l’Iran, du groupe terroriste libanais du Hezbollah et d’autres alliés du président syrien, Bashar el-Assad.

S’adressant aux journalistes en décembre 2018, Meloni avait déclaré que sans le Hezbollah et le reste du front pro-Assad – qui comprend l’Iran et la Russie – les chrétiens de Syrie ne pourraient plus exposer de crèches pendant les fêtes de Noël.

Assad s’est fait le fervent défenseur des chrétiens et des autres minorités religieuses contre les rebelles majoritairement sunnites qui luttent pour le renverser depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Dans les rangs des rebelles se trouvent des groupes djihadistes tels que l’État islamique et une faction liée à Al-Qaïda.

Ses commentaires sont intervenus après que le ministre italien de l’Intérieur de l’époque, Matteo Salvini, qui fait maintenant partie de la coalition de droite dirigée par Meloni en passe d’obtenir la majorité dans les deux chambres du Parlement italien, a dénoncé le Hezbollah comme étant une organisation terroriste lors d’une visite en Israël, suscitant de vives critiques en Italie.

Meloni n’avait pas mentionné Israël, alors que l’Iran et ses mandataires, dont le Hezbollah, appellent régulièrement à la destruction.

Dans un tweet datant de 2014, Meloni avait décrié « un autre massacre d’enfants à Gaza » au milieu de la guerre entre Israël et les terroristes palestiniens dans l’enclave dirigée par le Hamas. Le message publié sur Twitter semblait être une réponse aux frappes meurtrières sur un hôpital et un terrain de jeu dans un camp de réfugiés de la ville de Gaza qu’Israël avait attribués à des roquettes mal tirées par le Jihad islamique palestinien.

L’Italien Matteo Salvini, à gauche, et le Premier ministre de l’époque Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 12 décembre 2018. (Crédit : Amos Ben-Gershom/GPO)

Ces anciens commentaires sont aux antipodes des récents vœux de soutien à Israël prononcés par Meloni et de ses efforts pour éloigner FdI de ses racines fascistes.

Israël, qui a déjà boycotté les partis européens d’extrême droite parvenus au pouvoir, n’a pas encore officiellement réagi aux résultats des élections italiennes, annoncés alors que le pays célébrait le Nouvel an juif.

Fratelli d’Italia, que Meloni a fondé en 2012, est un descendant politique du Mouvement social italien (MSI), formé par des partisans du dictateur fasciste Benito Mussolini après la Seconde Guerre mondiale. Sa popularité a grimpé en flèche. Il n’était qu’à 4 % il y a quatre ans. Le parti utilise un symbole représentant une flamme tricolore, emblème du MSI.

« Il y a plusieurs décennies que la droite italienne a relégué le fascisme à l’Histoire, en condamnant sans ambiguïté la privation de démocratie, les infâmes lois anti-juives et la tragédie de la Seconde Guerre mondiale », a-t-elle déclaré dans une récente interview accordée au journal Israel Hayom.

Elle répondait à une question sur les accusations selon lesquelles son parti serait néo-fasciste, et a souligné que si cette affirmation était « une affabulation ridicule d’une gauche désespérée », elle ne voulait cependant pas « esquiver la question », sachant combien elle peut être délicate pour les lecteurs [israéliens] ».

Giorgia Meloni s’adressant lors d’un rassemblement alors qu’elle entame sa campagne politique avant les élections générales, à Ancône, en Italie, le 23 août 2022. (Crédit : AP Photo/Domenico Stinellis/Dossier)

Meloni a également évoqué ses précédentes visites en Israël, notamment au Mémorial de Yad Vashem, qu’elle a décrit comme une « prise de conscience ». Elle a déclaré à Israel Hayom qu’elle prévoyait de retourner en Israël prochainement, espérant se concentrer sur des collaborations et des stratégies communes, à commencer par celles concernant l’approvisionnement en gaz naturel par la Méditerranée orientale.

Cependant, elle a semblé rompre avec d’autres dirigeants de droite, tel que son probable partenaire de coalition Matteo Salvini, en indiquant qu’elle ne déplacerait probablement pas l’ambassade d’Italie de Tel Aviv à Jérusalem.

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