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Merav Michaeli : Rabin a été assassiné avec la complicité de Netanyahu

Le Likud accuse la leader d’Avoda d’être prête à tout pour être élue à la Knesset, suite à ses accusations d'incitation à la violence à l’encontre du chef du Likud et de Ben Gvir

La ministre des Transports Merav Michaeli arrivant à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 18 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
La ministre des Transports Merav Michaeli arrivant à la réunion hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 18 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La responsable du parti Avoda, Merav Michaeli, a accusé jeudi le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu de complicité dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par le journal Yisrael Hayom à la veille de la cérémonie commémorative qui se tiendra samedi soir pour marquer les 27 ans de l’assassinat de l’ancien Premier ministre israélien, Merav Michaeli a également pointé du doigt le député du parti HaTzionout HaDatit, Itamar Ben Gvir.

« L’assassinat d’Yitzhak Rabin était un acte politique. Cet assassinat politique a été commis avec la complicité de Benjamin Netanyahu et de [Itamar] Ben Gvir »,

Netanyahu a été maintes fois accusé par la gauche au cours des années d’avoir encouragé les incitations à la violence qui ont conduit à l’assassinat de Rabin ou, à tout le moins, d’avoir contribué au climat politique incendiaire qui a conduit au meurtre de ce dernier. Netanyahu a cependant rejeté ces accusations comme étant des « tentatives de déformer la vérité historique ».

Ben Gvir, l’étoile montante de la campagne électorale actuelle, dont le parti HaTzionout HaDatit est en passe de remporter 14 sièges sur les 120 que compte la Knesset, a fait parler de lui pour la première fois quand, adolescent, il a été filmé se vantant d’avoir volé l’emblème de la voiture de Rabin peu de temps avant son assassinat.

« Nous sommes arrivés jusqu’à sa voiture, et nous arriverons à lui aussi », avait-il déclaré à l’époque à un journaliste dans des commentaires télévisés.

Itamar Ben Gvir montrant l’emblème de la voiture de l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, dans une interview d’octobre 1995. (Crédit : Capture d’écran/YouTube/IBA)

En réponse aux accusations de Michaeli, des sources proches de Netanyahu ont déclaré à la Douzième chaîne qu’elle « était prête à tout pour franchir le seuil de la Knesset. Rien n’est sacré pour elle, pas même Rabin. Elle essaie de délégitimer l’ensemble du camp de la droite ».

« La virulence de Michaeli dépasse constamment les lignes rouges et légitiment la possibilité de me porter atteinte. Ce n’est pas sans raison que le niveau des menaces à mon encontre a augmenté récemment et que la garde de la Knesset a dû renforcer mon dispositif de sécurité », a déclaré Ben Gvir.

Rabin a été assassiné le 4 novembre 1995 par Yigal Amir, un juif extrémiste, qui était opposé aux accords d’Oslo et à la remise du contrôle de certaines parties de la Cisjordanie aux Palestiniens dans le cadre de l’accord de paix historique.

Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature des Accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. (Crédit : Autorisation GPO)

Au cours des semaines qui avaient précédé l’assassinat, Netanyahu, alors chef de l’opposition, et d’autres membres importants du Likud avaient participé à un rassemblement politique de droite à Jérusalem où des manifestants avaient accusé Rabin d’être un « traître », un « meurtrier » et un « nazi » pour avoir signé l’accord de paix avec les Palestiniens plus tôt cette année-là.

Netanyahu avait également participé à une manifestation à Raanana, où des manifestants, portant un faux cercueil, marchaient derrière lui.

Netanyahu a régulièrement réfuté les allégations selon lesquelles il aurait ignoré la rhétorique incendiaire qui a incité au meurtre de Rabin.

Il a insisté sur le fait que c’était son devoir d’exprimer son opposition aux accords d’Oslo.

« J’ai exercé mon droit d’exprimer une position différente. Ce n’était pas seulement mon droit, mais aussi mon devoir », a déclaré Netanyahu en 2020.

« Je me suis opposé avec véhémence aux accusations de ‘traître’ dirigées contre [Rabin], mais je pensais qu’il avait tort et que la direction qu’il avait prise n’était pas la bonne. C’était une erreur de faire la paix avec l’ennemi. »

Benjamin Netanyahu, alors chef du Likud, observe un rassemblement de droite contre les Accords d’Oslo, place de Sion, à Jérusalem, en 1995. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Michaeli a également affirmé jeudi que Ben Gvir ne regrettait pas ses actions dans la période qui ont précédé l’assassinat – une accusation que le député nie – et que la journée nationale de commémoration de Rabin risquait d’être annulée à l’avenir si Netanyahu devait être réélu.

Le député du Likud Yoav Gallant a condamné, dans un communiqué, « les remarques irresponsables de Merav Michaeli. Je lui demande de les rétracter et de présenter ses excuses. C’est une honte ! »

Le député du Likud Shlomo Karhi a tweeté, ce qui n’est pas la première fois, que « l’âme de Michael est noire ».

Le parti Avoda de Michaeli organise la cérémonie commémorative de samedi soir sur la place Zion à Jérusalem, mais la famille de Rabin a annoncé qu’elle n’y assisterait pas cette année car elle y voit un événement politique.

Michaeli a invité d’autres chefs de parti du bloc anti-Netanyahu à prendre la parole lors du rassemblement, mais on ignore qui répondra présent.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, devrait prendre la parole aux côtés de Michaeli.

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