Mercredi marquera une nouvelle étape judiciaire et politique pour Netanyahu
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Mercredi marquera une nouvelle étape judiciaire et politique pour Netanyahu

Le Premier ministre rencontrera Gantz dans un dernier effort de formation d'une coalition avant de rendre le mandat au président, le même jour du début de ses auditions

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime lors d'une conférence de presse à la Résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin (hors cadre) de former un nouveau gouvernement, le 25 septembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sera confronté à de grands défis sur plusieurs fronts ce mercredi, une journée qui pourrait le voir mettre un terme anticipé à ses efforts de formation d’un gouvernement, ainsi que le premier jour de ses auditions devant le procureur général.

Mercredi matin, Netanyahu doit en effet à nouveau rencontrer le chef de Kakhol lavan, Benny Gantz, pour d’ultimes négociations entre les deux partis sur un éventuel gouvernement d’union — une coalition qui semble peu probable en l’état actuel des choses. Il a laissé entendre que si la rencontre ne donnait rien, il pourrait rendre immédiatement le mandat que lui a confié le président Reuven Rivlin.

Les discussions de dimanche entre les représentants de Kakhol lavan et du Likud se sont conclues sans avancée, chaque camp rejetant la faute sur l’autre.

Au terme d’un scrutin non concluant il y a quelques semaines, Netanyahu n’a pas obtenu de voix toute tracée vers une majorité parlementaire de 61 sièges requise pour bâtir un gouvernement, n’ayant obtenu jusqu’à présent le soutien que de 55 des 120 membres de la Knesset.

Si le chef du Likud informe le président qu’il n’est pas en mesure de constituer un gouvernement, Reuven Rivlin pourrait alors confier la tâche à Gantz, mais seuls 54 parlementaires le soutenant, il n’est pas mieux placé pour y parvenir. Le chef de l’État avait d’ailleurs chargé en premier Benjamin Netanyahu de le faire, car il estimait qu’il avait plus de chances d’y arriver.

Mercredi marquera également le premier jour d’un cycle de deux semaines qui pourrait être déterminant pour l’avenir politique et personnel de Netanyahu : les audiences devant Avichai Mandelblit dans le cadre de trois affaires de corruption.

Le procureur général a informé dimanche les avocats du Premier ministre qu’il donnait une suite favorable à leur demande d’organiser les audiences préliminaires à une mise en examen sur deux semaines plutôt que sur deux jours cette semaine.

L’équipe juridique de Netanyahu devait rencontrer Avichai Mandelblit les 2 et 3 octobre pour des audiences lors desquelles ils tenteront de convaincre le procureur général de ne pas inculper Benjamin Netanyahu dans trois affaires distinctes.

Dans le cadre de cette réorganisation, seuls les arguments concernant l’affaire 4000, la plus grave des trois, dans laquelle Benjamin Netanyahu est notamment soupçonné de pots-de-vin, seront entendus mercredi et jeudi.

Les audiences pour les affaires 1000 et 2000 se tiendront les dimanche et lundi suivants et la procédure s’achèvera à la veille de Yom Kippour, mardi.

Les avocats de Netanyahu avaient adressé leur demande jeudi dernier, clamant qu’il leur fallait plus de temps pour défendre le Premier ministre. Le même jour, l’intéressé avait publiquement appelé à ce que les audiences soient diffusées en direct, une requête que Mandelblit avait rejetée, la jugeant « futile » et « sans fondement juridique ».

Il n’a pas précisé s’il serait présent à l’audience.

Le procureur général Avichaï Mandelblit avait annoncé en février son intention de mettre en examen Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires en échange de bons procédés et de tentatives de collusion avec les médias.

Netanyahu rejette toutes les allégations retenues contre lui, et en impute la responsabilité à ses opposants qui, dit-il, veulent l’évincer du pouvoir. Avec plus de 13 ans passés à la tête du gouvernement israélien, Netanyahu est le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire de l’Etat.

Dans l’affaire 4000, considérée comme la plus accablante pour le Premier ministre, il est soupçonné d’avoir fait avancer des décisions de régulation en tant que ministre des Communications et Premier ministre qui auraient bénéficié à Shaul Elovitch, l’actionnaire principal de Bezeq, la plus grande entreprise de télécommunications du pays, en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

Dans l’affaire 1000, Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des avantages et des cadeaux d’une valeur d’environ 1 million de shekels (250 000 euros) de donateurs milliardaires. Mandelblit pencherait en faveur d’une mise en examen pour abus de confiance dans cette affaire.

L’affaire 2000 concerne un accord de contrepartie illicite présumé entre Netanyahu et Arnon Moses, éditeur du journal Yedioth Ahronoth, et dans lequel le Premier ministre aurait fait entrave au quotidien rival Israel Hayom en échange d’une couverture plus favorable de la part du Yedioth. Il est ainsi accusé d’abus de confiance, et Mozes sera mis en examen pour corruption.

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