La demande de retransmission en direct de l’audition de Netanyahu rejetée
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La demande de retransmission en direct de l’audition de Netanyahu rejetée

Dans une lettre formulée avec dureté, l'aide du procureur-général fustige une demande "sans précédent ni base légale" et blâme les avocats pour leur manque de préparation

Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d'une conférence aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le procureur-général Avichai Mandelblit lors d'une conférence aux abords de Tel Aviv, le 3 septembre 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le procureur-général Avichai Mandelblit a rejeté jeudi une requête déposée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu concernant une éventuelle diffusion en direct de son audience de pré-inculpation.

Dans une réponse formulée avec force, l’assistant de Mandelblit, Gil Limon, a déclaré que la demande soumise par Netanyahu plus tôt dans la journée, était déraisonnable et il a suggéré à ses avocats de préparer une défense solide plutôt que de tenter d’influencer l’opinion publique.

« Cette demande inédite ne peut être acceptée », a indiqué le bureau du procureur dans une réponse écrite aux avocats de Netanyahu.

« Cette audition est destinée à convaincre les instances juridiques de l’innocence de votre client pas de convaincre le public. Il s’agit d’une décision professionnelle qui doit rester indépendante de tout jugement extérieur ou pression politique », explique le procureur.

« La requête que vous avez présenté est sans précédent et dénuée de toute base légale », a écrit Limon dans le courrier adressé aux avocats Yossi Ashkenazi et Amit Hadad.

« Aucune audience dans le cadre du dossier d’un suspect ne s’est jamais déroulée – et ne se déroulera pas – dans un contexte public », a poursuivi la lettre.

L’équipe légale de Netanyahu doit rencontrer Mandelblit le 2 octobre pour une audience très attendue au cours de laquelle elle tentera de convaincre le procureur-général de ne pas procéder à l’inculpation du Premier ministre dans trois dossiers criminels.

Le procureur général Avichaï Mandelblit a annoncé en février son intention de mettre en examen Netanyahu pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires de dons reçus de la part de milliardaires en échange de bons procédés et de tentatives de collusion avec les médias.

Jeudi, Netanyahu a publiquement appelé à ce que l’audience se déroule en public et à ce qu’elle soit retransmise en direct.

« Il eût été préférable qu’au lieu de lancer des demandes futiles dont vous savez pertinemment qu’elles ne seront pas acceptées, vous ayez respecté les instructions obligatoires pour le processus d’audience – en particulier en envoyant vos arguments principaux, motivés et détaillés » dans le dossier, a poursuivi le courrier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une conférence de presse à la résidence du Président à Jérusalem après avoir été chargé par le Président Reuven Rivlin de former le prochain gouvernement israélien, le 25 septembre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les avocats de Netanyahu ont seulement soumis une page à Mandelblit en amont de l’audience, à la place du dossier complet présentant la défense du leader du parti du Likud.

« Nous regrettons qu’au lieu de suivre cette directive, vous ayez considéré comme approprié de soumettre un document très court et dépouillé de contenu tout en trouvant aujourd’hui approprié d’émettre une demande sans précédent en sachant pertinemment qu’elle sera rejetée », a continué la lettre.

Dans la matinée de jeudi, la Haute cour de justice a rejeté une demande d’abandon de l’audience de pré-inculpation, qui avait été réclamée dans la mesure où le document – concis – tournait en dérision le processus judiciaire.

Répondant au rejet de Mandelblit, Netanyahu a qualifié cette décision de « triste » et indiqué que des années de fuites d’information dans les dossiers avaient transformé le processus en « cour martiale ».

« Il aurait été approprié de régler la situation en ouvrant les portes de l’audience au public afin que ce dernier soit exposé aux faits et non seulement à des fuites en série », a-t-il dit.

Dans sa requête d’une retransmission en direct, jeudi, Netanyahu avait expliqué que cette initiative permettrait de contrer « un déluge de fuites biaisées et partielles » dans les enquêtes menées à son encontre.

« Le moment est venu où le public doit tout entendre. Et notamment ce que j’ai à dire de mon côté, complètement, pleinement – sans intermédiaires, sans censure et sans distorsion », avait clamé le Premier ministre dans une vidéo publié sur Internet.

Il n’a pas précisé s’il serait présent à l’audience qui aura lieu alors que les députés de la 22ème Knesset, élus la semaine dernière lors d’un vote qui a encore consolidé l’impasse politique dans laquelle se trouve Israël depuis des mois, prêteront serment au parlement.

Le président israélien Reuven Rivlin vient de désigner M. Netanyahu pour former un nouveau gouvernement après les élections législatives du 17 septembre.

L’AFP a contribué à cet article.

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