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Meurtres dans le secteur arabe: Bar et Baharav-Miara contre l’implication du Shin Bet

Pour le chef de l'agence, un rôle actif pourrait mettre en péril la sécurité nationale et leurs sources ; Pour la procureure générale, la démocratie pourrait être en danger

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu organisant une réunion avec la police et les responsables de la sécurité pour discuter des crimes violents dans la communauté arabe, le 11 juin 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu organisant une réunion avec la police et les responsables de la sécurité pour discuter des crimes violents dans la communauté arabe, le 11 juin 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réitéré dimanche son appel à impliquer le Shin Bet dans la lutte contre la vague de crimes violents dans la communauté arabe, malgré les objections du chef de l’agence de sécurité intérieure et de la procureure générale.

À l’issue d’une réunion avec de hauts responsables de la police et du Shin Bet, le Bureau de Netanyahu a déclaré qu’il avait donné pour instruction aux autorités de se préparer à l’implication de l’agence de sécurité intérieure, passant outre les voix qui s’y opposaient.

En outre, le conseiller à la Sécurité nationale, Tzahi Hanegbi, a été chargé de présenter des recommandations pour résoudre le problème la semaine prochaine.

« Malgré les difficultés, les capacités du Shin Bet doivent être exploitées dans la guerre contre les familles mafieuses de la communauté arabe », a déclaré Netanyahu.

Une vague massive de violence meurtrière a coûté la vie à 102 Arabes en Israël depuis le début de l’année, presque le triple des 35 meurtres perpétrés à la même période en 2022.

Le ministre de la Justice Yariv Levin, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, le chef du Shin Bet Ronen Bar, Hanegbi, la procureure générale Gali Baharav-Miara, le chef de la police israélienne Kobi Shabtaï et d’autres responsables ont participé à la réunion de dimanche.

La police sur les lieux de l’explosion d’une moto, à Ramat Gan, le 11 juin 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Selon les fuites de la réunion rapportées par des médias israéliens, Baharav-Miara et Bar ont soulevé des objections à l’implication du Shin Bet dans la lutte, tandis que Ben Gvir et Shabtaï ont insisté sur la nécessité d’une action immédiate.

« Si vous aviez su que le meurtrier de Shira Banki était en liberté avant qu’elle ne soit tuée, et que la police avait dit qu’elle ne pouvait pas s’en occuper, vous auriez fait intervenir le Shin Bet pour l’attraper. Pourquoi pas ici ? », aurait demandé Ben Gvir, évoquant le meurtre d’une adolescente de 16 ans lors de la Gay Pride de Jérusalem en 2015 par un ultra-orthodoxe armé d’un couteau qui venait de sortir de prison pour le même crime.

« Cela peut nuire à l’organisation », a répondu Bar. « Nous nous concentrons sur la lutte contre le terrorisme. Nous aidons la police, mais cela ne devrait pas être notre travail. Cela nous privera de ressources et nous craignons que nos sources ne soient dévoilées. »

Bar a déclaré que la vague de criminalité nécessitait une amélioration des infrastructures et des effectifs de la police et que le Shin Bet « n’était pas la panacée ».

Selon une source au fait des détails de la réunion, le chef du Shin Bet a déclaré que l’organisation pouvait aider à lutter contre des familles du crime organisé spécifiques lorsque cela s’avérait utile, mais qu’elle ne remplaçait pas la police.

« Il y aura une augmentation du nombre de policiers et la force de la police s’améliorera. Cela prendra du temps, mais nous avons besoin de quelque chose d’immédiat. Nous ne pouvons pas attendre », a déclaré Shabtaï.

« Nous nous y opposons », aurait déclaré Baharav-Miara. « Changer la loi sur le Shin Bet nuira à la démocratie. »

« Soit nous changeons la loi et disons que le Shin Bet sera chargé de s’occuper des familles criminelles, soit nous le ferons par le biais de dispositions temporaires », a déclaré Ben Gvir.

« Il ne s’agit pas seulement d’un problème juridique. Pour condamner, nous devrons révéler les méthodes d’enquête au tribunal », a répondu Baharav-Miara.

« J’ai représenté les Jeunes des collines [résidents d’implantations radicaux]. Vous ne les avez jamais révélées. On a été discret, vous le serez ici aussi », a déclaré Ben Gvir, faisant référence à l’époque où, en tant qu’avocat, il représentait des clients extrémistes juifs en Cisjordanie.

« Il s’agit d’une situation incompréhensible, qui ne peut plus durer. Il faut une solution immédiate », a déclaré Netanyahu.

Des manifestants avec des panneaux arborant les photos de cinq Arabes israéliens tués la veille de leur rassemblement dans la ville de Yafa, à l’ouest de Nazareth, le 9 juin 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Le Shin Bet n’est généralement chargé que de la lutte contre la criminalité à motivation nationaliste et de nombreux dirigeants arabes s’opposent à l’implication de l’agence de sécurité intérieure dans des questions non liées au terrorisme.

La chaîne publique israélienne Kan a rapporté dimanche que Shabtaï et Bar étaient sur le point de signer un accord réglementant l’échange de renseignements entre la police israélienne et le Shin Bet dans les semaines à venir.

Selon le reportage, le document a été rédigé en réponse à des jours de troubles violents dans des villes mixtes en 2021 et traite de la coopération en matière d’activités nationalistes au sein de la communauté arabe.

Toutefois, le document comprend également des lignes directrices sur la manière dont les deux organisations peuvent coopérer en matière pénale, sans préciser de quoi il s’agit. Kan a noté que certains des points convenus sont déjà mis en œuvre, bien que l’accord n’ait pas encore été approuvé.

Selon la Douzième chaîne, le Shin Bet a estimé dimanche qu’il pouvait soutenir la police dans des affaires qui se situent à la frontière entre la criminalité et la sécurité nationale, telles que le vol d’armes et les efforts déployés par les gangs mafieux pour nuire aux représentants du gouvernement et de la police.

Toutefois, il s’oppose à toute intervention dans les conflits internes tels que les guerres de gangs, les féminicides et les batailles de territoire pour la drogue.

La police, les politiciens et les leaders communautaires ont lutté au cours des dernières années pour freiner les activités criminelles à l’origine de la montée en flèche de la violence.

De nombreux responsables locaux accusent la police qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et ignore largement la violence, qui comprend les querelles familiales, les guerres de territoire entre mafias et la violence à l’égard des femmes. Les communautés ont également souffert d’années de négligence de la part des autorités de l’État.

Face à la montée en flèche de la criminalité, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer la destitution de Ben Gvir, responsable de la police.

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